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N° 54.
Trève de trois mois accordée entre Henri IV et le

duc de Mayenne (1). A la Villette près Paris, dernier juillet 1593 , lue et publ. le lendemain aux lieux accoutumés. (Cart. de Font. , Bibl. royale, 1593, t. 417.

Rec. des traités de paix, 11, p. 547.) N° 55. Déclaration du duc de Mayenne et des états de la li

gue pour la publication du concile de Trente.

Paris, 7 août 1593. (États généraux, XV, 583 ) Charles de Lorraine, duc de Mayenne, lieutenant général de l'état royal et couronne de France, les princes , pairs, et officiers de la couronne, et les députés des provinces, faisant le corps des états généraux de la France, assemblez à Paris, pour aviser aux moyens de défendre et conserver la religion catholique, aposto lique et romaine, et remettre ce royaume en son ancienne dignité et splendeur, A tous présens et à venir, salut.

Nous reconnoissons assez que les durs fléaux qui ont par plusieurs années si misérablement affligé ce pauvre royaume, procèdent de l'ire de Dieu, irrité contre nous par nos vices et péchez: entre lesquels ceux qui touchent directement contre son honneur, sont ceux qui offensent davantage sa divine bonté, et par le chåtiment desquels il déploye ses verges plus rigoureuses. En ce nombre pouvons nous mettre au premier rang l’hérésie , source de tous malheurs, depuis l'ivtroduction de laquelle nous avons toujours vu par un juste châliment de Dieu , nos divisions s'accroître, et nous avoir à la fin poussés jusques au sommet de toutes misères et calamitez. Cette offense première en a trainé avec soi une seconde très pernicieuse, qui est la corruption des mœurs, et l'anéantissement des bonnes et saintes ordonnances de l'église, l'observation desquelles venant à être moins pratiquée et mise en usage par la licence effrénée que l'hérésie y a introduite, le débordement y a pris peu à peu telle accroissaace, que nous nous sommes enfin fort éloignez de cette première et ancienne discipline, qui a fait par tant de siècles fleurir l'église catholique, et donné tant de reputation à ce royaume très chrétien.

Comme donc ces deux défauts sont les principales et premières causes qui ont irrité Dieu à l'encontre de nous; ainsi ne faut-il

(1) V. au mois de inai les conférences de Surène. - L'objet de cette trève dont le parti de la ligue avait surtout besoin était de permettre aux laboureurs. de faire leur récolte.

pas que nous espérions apaiser son courroux, et faire finir nos malheurs, sinon en recherchant et pratiquant les moyens d'éteindre l'hérésie, et de rappeler en l'église l'ancienne discipline et pureté des mœurs. Et l'un et l'autre remède, nous ne trouvons ailleurs plus présent et elficace , qu'en l'observation du saint concile universel de Trente : lequel, pour le regard de la doctrine, a si saintement déterminé ce que les vrais et fidèles catholiques doiven! fermement croire, et refuté si vertueusement toutes les erreurs que ce misérable siècle avait produites, qu'on y reconnoît une manifeste assistance de la grâce du SaintEsprit : el en ce qui concerne les meurs, a mis sus eu l'église avec taut de prudence les anciennes loix, et renouvelé si religieusement cette première discipline ecclésiastique, jadis célébrée en France, que nous ne ponvons attendre autre meilleur inoyen pour l'y voir luire, comme elle a fait autrefois, que l'observation d'icelui.

A ces causes d'un même avis et consenteinent, avons dit, statué et ordonné, disons, statuons et ordonnons, que ledit saist sacré concile universel de Trente, sera reçu, publié et observé purement et simplement en tous lieux et endroits de ce royaume: comme présentement, en corps d'états généraux de France, nous le recevons et publions. Et pour ce, exhortons tous archevêques, évêques et prélats, enjoignons à tous autres ecclésiastiques d'observer, et faire observer, chacun en ce qui dépend de soi, les décrets et constitutions dudit saint concile. Prions toutes cours souveraines, et mandons à tous autres juges, tant ecclésiastiques que séculiers, de quelque condition et qualité qu'ils soient, de le faire publier et garder en tout son contenu selon sa forme et teneur, et sans restrictions ni modifications quelconques.

N. 56. — DÉCLARATION de Henri IV qui promet pardon et abo

lition à ceux qui se retireront dans le délai d'un mois du parti des rebelles.

Mantes, 27 octobre 1593; reg. au pari. le jer février 1594. (Vol. 2 l, fo 180.

Font, IV, 756.) N° 57.

- Lettres de provision de l'office de connétable de France vacant par la mort d'Anne duc de Montmorency, pair, connėtable et grand-maître de France, en faveur de Henri duc de Montmorency, premier baron chrétien, el maréchal de France.

Vernon , 8 octobre 1593 ; reg. au parl. le 21 novembre 1595, et ep la ch. des comptes le 25 juin 1597. (Vol. a S, fo 165. - Mém. ch. des comptes, 4 0,

f» 230.) No 58. Serment du roi d son sacre (1). Chartres 27 février 1594. ( Cérémonia! François , in-fo, tom. premier ,

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p. 361.)

Hæc populo christiano et mihi subdito, in Christi promitto nomine. In primis, ut ecclesiæ Dei omnis populus christianus veram pacem nostro arbitrio in omni tempore servet.

Item, ut omnes rapacitates, et omnes iniquitates omnibus gradibus interdicam.

Item, ut in omnibus judiciis æquitatem et misericordiam præcipiam ut mihi et vobis indulgeat suam misericordiam clemens el misericors Deus.

Item, de terra inca ac juridictione mihi subdità universos hæreticos ab ecclesia de notatos pro viribus bona fide , EXTER MINARE Studebo.

Hæc omnia supradicto firmo juramento. Sic me Deus adjuvet, et hæc sancta Dei evangelia.

FIN DE L'INTERRÈGNE,

N° 59. Edit sur la réduction de Paris (2). Paris, mars 1594 ; reg. au pari. de Paris en la ch. des compt., en la cour des

aides et en celles des monnaies, le 28. (Vol. 2 R, fo 1. - Font. IV, 763.)

Henry, etc. Comme puis le temps qu'il a pleu à Dieu de nous appeller à ceste couronne, nostre principal désir et but où toutes nos actions ontlendu, ait esté d'establir en cestuy nostre royaume un bon et asseure repos, afin que cessans les désordres, violences et malheurs de la guerre, Dieu y soit servy selon ses saincts

(1) La quatrième partie de ce serment, celle d'exterminer les hérétiques, fut introduite par le concile de Latran, en 1219, sous le pape innocent III. Ce serment, qui fut d'abord prêté par saint Louis, l'a été depuis par tous ses successeurs jusqu'à Louis XVI, qui n'en a pas moins toléré la liberté des cultes et adouci les rigueurs de l'édit de 1685 contre les protestans. – V. la cérémonie du sacre de Charles X, et nos observations, supplément à 1825. (Recueil des lois et ordonnances du royaume, p. 210.) — L'exemple de Henri IV, le plus loyal et le plus populaire des rois de France, prêtant le serment d'exterminer les hérétiques, c'est-à-dire ses plus fidèles et meilleurs sujets, démontre combien la probité a peu de poids dans les affaires d'état.

(2) On trouve à la même époque o grand nombre d'édits semblables qui contiennent à peu près les mêmes dispositions.

commandemens, et l'authorité des loix et de nostre justice remise, soubs la protection de laquelle les trois ordres de nostredit royaume peussent jouyr heureusement et en paix de ce qui justement leur appartient. Pour à quoy parvenir, aurions, comme un chacun sçait, employé tous nos moyens, nostre sang et nostre propre vie, postposant la mort au blasme et à l'infamie qui justement tomberoit sur nous si nous souffrions l'injuste usurpation et dissipation qu'aucuns présument faire de ceste couronne de France. Et pour n’obmettre chose qui soit au pouvoir d'un bon prince afin de remettre parmy nos subjets l'union, la pais et la tranquilité si nécessaire et si désirée par tous les bons François , avons avec beaucoup de patience supporté et donné au public les offenses et téméraires entreprises de plusieurs : lesquels, sans ce respect, méritoient d'estre chastiez et réprimez par très-griefves, très-rigoureuses et exemplaires punitions : nous avons pour cesle considération, après les victoires, pardonné et donné la vie à ceux qui ont attenlé contre la nostre.

El pour la grande compassion que nous avons euë de la capitale ville de postre royaume, pour en éviter le sac et espargner le sang de plusieurs bons citoyens qui ne participoient aux malheureux desseios de ceux qui y fomentoient la rebellion, avons mieux aymé demeurer frustrez de l'obéissance qui nous y est deuë

que de voir les hommes innocens qui y habitent, les femmes et les petits enfans, et tant de beaux édifices exposez à la vio. lence, à la rage et à la fureur du feu et des cousteaux.

Avons en outre, pour les causes et considérations susdites accordé et octroyé au mois de juillet dernier une trève générale pour trois mois, pendant lesquels les députez du party de ceux qui nous désobéissent, nous feirent entendre et asseurèrent qu'ils envoyeroient promptement pardevers nostre sainct père le pape, pour avoir son bon advis sur la résolution qu'ils auroient à prendre en la conclusion d'une bonne et perdurable paix et réconci liation avec nous qui sommes leur roi et prince naturel. En quoy aussi nous furent faites de leur part de très-expresses promesses qu'ils s'y employeroient avec toute loyauté et affection pour remettre le repos en ce royaume : ce qui nous rendit plus faciles à accorder ladicte trève, bien que nous cogneussions assez les désavantages qui d'ailleurs nous en advenoient : et qu'au faict des armes eussions beaucoup davantage sur eux : mesme durant le pour-parlé de la paix, pris par force la ville et chasteau de Dreux à la veuë des principaux chefs de leur party, assistez de leurs prolecteurs d'Espagne : et qu'il ne nous défaillit lors le moyen de presser tellement ladicte ville de Paris, que la nécessité des vivres les eust en fin conseillez de secouër le joug de ceux qui par tant d'années tyrannisoient et abusoient insolemment de leur misérable patience : mais nous cédasmes de notre authorité pour le désir que nous avions que nostre sainct père le pape demenrast en toutes choses satisfaict, et peut estre au vray informé de nos actions et comportemens : auquel aussi nostre dessein estoit d'avoir recours, luy descouvrir nos playes et implorer son ayde, 'faveur, conseil et assistance : et pour cest effect aurions choisi nostre très cher et bien-aymé cousin , le duc de Nevers, prince très-accomply en toutes vertus, plein de prudence, de piété et de grands mérites, lequel préférant le service de Dieu et bien de cest état aux incommodilez de sa santé, hazard et longueur du chemin, a courageusement entrepris le voyage pardevers sa saincteté.

Et pour le regard des députez dudit party, que l'on promettoit d'y envoyer si asseurément en toute diligence, on n'a point scen durant les trois mois qu'a duré ladite trève que

l'op aye faict compte de les faire partir : et bien que depuis la conclusion de ladite trève de trois mois, nous n'eussions descouvert en toutes leurs actions que toute mauvaise volonté au rétablissement du repos public de ce royaume, des despouilles duquel ils prétendent se revestir et s'enrichir du sang et des moyens des bons et loyaux François : en ce mesmement qu'il est tombé entre nos mains un certain serment faict par les principaux dudit party, presque en même temps qu'ils signèrent la trève, et nous promettoient de traicter de bonne foy, et adviser aux moyens de conclure une bonne paix, se réconcilier à nous, et pour cest ef. fet, d'envoyer à Rome pour avoir le bon et prudent advis de nos. tre sainct père : contenant ledit serment qu'ils ne traicteroient jamais de pair ny d'accord avec nous : en quoy ils se laissèrent tellement emporter aux passions des ministres du roy d'Espagne, qu'ils ne réservèrent pas seulement l'authorité de nostre sainct père pardevers lequel ils disoient vouloir envoyer : dont ayant esté irritez et offensez comme mérite un tel cas : sur ce péantmoins qu'ils nous requirent de prolonger la trève pour autres deux mois, jusques à la fin du mois de décembre dernier, remonstrans qu'il servil impossible si nous leur refusions ce délay, que leurs députez peussent arriver à temps à Ronne pour se trouver à la résolution qui s'y pourroit prendre pour la réunion de

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