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le moyen de contraindre les autres, avec leur autorité et pouvoir. Nous sommes tous hommes, et ce qui a été tenu pour

licite une fois, qui néanmoins ne l'étoit, le sera encore après pour une autre cause qui nous semblera aussi juste que la première qui nous a fait faillir. Quelques considérations ont fait que plusieurs catholiques ont pensé pouvoir suivre un prince hérétique et aider à l'établir. L'aspect des églises, des autels, des monumens de leurs pères, plusieurs desquels sont morts en combat-. tant pour ruiner l'héresie qu'ils soutiennent, et le péril de la religion présent et avenir, ne les en ont point détournés.

Combien devrions-nous donc craindre ses faveurs et sa force, s'il étoit établi et devenu notre maître et le roi absolu, lorsqu'un chacun las et recru, ou plutôt du tout ruiné par cette guerre, qui leur auroit été si peu heureuse, aimeroit mieux souffrir ce qu'il lui plairoit, pour vivre en sûreté et repos, et avec quelque espoir de loyer et récompense, obéissant à ses commandemens, que de s'y opposer avec péril. On dit que les catholiques seroient tous unis lors et n'auroient plus qu'une même volonté pour conserver leur religion : par ainsi qu'il seroit aisé d'empêcher ce changement. Nous devons désirer ce bien , et toutefois nous ne l'osons espérer si à coup.

Mais soit ainsi que le feu éteint, il n'y ait à l'instant plus de chaleur dans les cendres, et que, les armes posées, 'notre haine soit du tout morte , si est-il certain que nous ne serons pourtant exempts de ces autres passions qui nous font aussi souvent faillir; que nous aurons toujours le péril sur nos têtes , et serons sujets malgré nous aux mouvemens et passions des hérétiques, qui feront, quand ils pourront , par conduite ou par force, et avec l'avantage qu'ils auront pris sur vous ayant un roi de leur religion, ce que nous savons déjà qu'ils veulent. Et si les catholiqués vouloient bien considérer dès maintenant les actions qui vien. nent de leurs conseils, ils y verroient assez clair : car on met les meilleures villes et forteresses qui sont prises en leur pouvoir, ou de personnes qui sont reconnues de tous temps les favoriser. Les catholiques qui y résident, sont tous les jours accusés et convaincus de crimes supposés ; la rebellion étant le crime duquel on accuse ceux qui n'en ont point. Les principales charges tombent déjà entre leurs mains. On est venu jusqu'aux états de la couronne. Les bulles (1) de nos saints pères les papes Grégoire XIV

(1) Allusion à l'arrêt du parlement de Tours , du 14 juillet 15916

et Clément VIII, qui contenoient leurs sainctes et paternelles admonitions aux catholiques, pour les séparer des hérétiques, ont été rejetées et foulées aux pieds avec mépris par magistrats qui s'attribuent le nom de catholiques, combien qu'ils ne le soient en effet. Car s'ils étoient tels, ils n'abuseroient la simplicité de ceux qui le sont, par des exemples tirés des choses avenues en ce royaume, lorsqu'il étoit question d'entreprise contre la liberté des priviléges de l'église gallicane, et non de fait semblable au nôtre : le royaume n'ayant jamais été réduit à ce malheur depuis le temps qu'il a reçu notre religion, de souffrir un prince hérétique, ou d'en voir quelqu'un de cette qualité qui ait prétendu droit.

Et si cette bulle leur sembloit avoir quelque difficulté, étant catholiques, ils y devoient procéder par remontrances, et avec le respect el la modestie qui est due au saint siége, ct non aveo si grand mépris, blasphème et impiété, comme ils ont fail; mais c'est avec dessein, pour apprendre aux autres qui savent être meilleurs catholiques qu'eux, à mépriser le chef de l'église, afin qu'on les en sépare plus aisément après. Il y a des degrés au mal; on fait toujours commencer par celui qui semble le moindre , ou ne l'étre point du tout; le jour suivaut y en ajoute un autre; puis enfin la mesure se trouve au comble.

C'est en quoi nous reconnoissons que Dieu est grandement courroucé contre ce pauvre et désolé royaume, et qu'il nous veut encore châtier pour nos péchés; puisque tant d'actions qui tendent à la ruine de notre religion, et d'autre côté tant de déclarations par nous faites et si souvent répétées, même depuis peu de jours, d'obéir et nous mettre du tout à ce qu'il plairoit à sa sainteté et au saint, siége,, ordonner sur la conversion du roi de Navarre, si Dieu lui faisoit la gråce de quitter son erreur, qui devoient servir de témoignage certain de notre innocence et sincérité, et justifier nos armes comme nécessaires, de les émeu: vent pas, et qu'on ne laisse pourtant de publier que les princes upis

pour la défense de la religion, ne tendent qu'à la ruine et dissipation de l'état : combien que leur conduite et les ouvertures faites du commun consentement d'eux tous, même des souverains qui nous assistent, soient le vrai et plus assuré moyen pour en ôler la cause ou le prétexte à qui en auroit la volonté.

Les hérétiques s'attachent là-dessus au secours du roi catholique qu'ils voient à regret; et nous tiendroient pour meilleurs François, si nous nous en voulions passer, ou, pour mieux dire, plus aisés à vaincre, si nous étions désarmés ; à quoi nous nous contenterons de leur répondre, que la religion affligée et en très grand péril dans ce royaume, a eu besoin de trouver cet appui; que nous sommes tepus de publier cette obligation, et de nous. en souvenir perpétuellement; el qu'en implorant le secours de ce grand roi (allié et confédéré de cette couronne), il n'a rien requis de nous; et n'avons fait de notre côté aucun traité avec qui que ce soit, dedaus ou dehors le

royaume, à la diminution de la grandeur et majesté de l'état, pour la conservation duquel nous nous précipiterons très volontiers à toutes sortes de périls, pourvu que ce ne soit pour en rendre mastre un hérétique : mal que nous avons en horreur, comme le premier et le plus grand de tous les autres. Et si les catholiques qui les favorisent et assistent, se vouloient dépouiller de cette passion, se séparer d'avec eux et joindre, non point à nous, mais à la cause de notre religion, et rechercher les conseils et remèdes en commun, pour la conserver et pourvoir au salut de l'état, nous y trouverions sans doute la conservation de l'un et de l'autre, et ne seroit pas au pouvoir de celui qui auroit mauvaise intention, d'en abuser au préjudice de l'état, et de se servir d'une si saincte cause, comme d'un prétexte spécieux, pour acquérir injustement de la grandeur et de l'autorité.

Nous les supplions donc et adjurons au nom de Dieu et de cette même église, en laquelle nous protestons tous les jours les uns et les autres vouloir vivre et mourir, de se séparer des hérétiques; et de bien considérer que demeurant contraires les uns aux autres, nous ne pouvons prendre aucun remède qui ne soit périlleux, et doive faire beaucoup souffrir à cet état et à chacun en particulier, avant que d'y apporter quelque bien : au contraire, que notre reconciliation rendra tout facile et fera bientôt finir pos misères. Et afin que les princes du sang , autres princes et officiers de la couronne, ne soient point retenus et empêchés d'entendre à un si bop quvre, pour le doute qu'ils pourroient avoir de n'être reconnus, respectés et honorés de nous et des princes et seigneurs de ce parti, selon qu'ils méritent, et au rang et dignité qui leur appartient, rous promettons sur notre foi et hopneur de le faire, pourvu qu ils se séparent des héréti.. ques; et qu'ils trouveront aussi le même respect et devoir en tous, les autres de ce parti. Mais nous les supplions de le faire promptement, et qu'ils coupent le næud de tant de difficultés qui ne se peuvent délier s'ils ne quittent tout pour servir à Dieu et à son

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Et si cette bulle leur sembloit avoir quelque difficulté, étant catholiques, ils y devoient procéder par remontrances, et avec Je respect el la modestie qui est due au saint siége, ct non avec si grand mépris, blasphème et impiété, comme ils ont fait; mais c'est avec dessein, pour apprendre aux autres qui savent être meilleurs catholiques qu'eux, à mépriser le chef de l'église, afin qu'on les en sépare plus aisément après. Il y a des degrés au mal; on fait toujours commencer par celui qui semble le moindre , ou ne l'étre point du tout; le jour suivaut y en ajoute un autre; puis enfin la mesure se trouve au comble. iin tiga als

C'est en quoi nous reconnoissons que Dieu est grandement courroucé contre ce pauvre et désolé royaume, et qu'il nous veut encore châtier pour nos péchés; puisque tant d'actions qui tendent à la ruine de notre religion, et d'autre côté tant de déclarations par nous faites et si souvent répétées, même depuis peu de jours, d'obéir et nous mettre du tout à ce qu'il plairoit à sa sainteté et au saint siége, ordonner sur la conversion du roi de Navarre , si Dieu lui faisoit la grâce de quitter son erreur, qui deroient servir de témoignage certain de notre innocence et sincérité, et justifier nos armes comme nécessaires, ne les émem vent pas, et qu'on ne laisse pourtant de publier ons unis pour la défense de la religion, ne tenddissipation de l'état : combien que leur tures faites du commun consentem

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Nous les supplions donc et adjurons au nom de Dieu et de cette même église, en laquelle nous protestons tous les jours les uns et les autres vouloir vivre et mourir, de se séparer des hérétiques; et de bien considérer que demeurant contraires les uns aux autres, nous ne pouvons prendre aucun remède qui ne soit périlleux, et doive faire beaucoup souffrir à cet état et à chacun en particulier, avant que d'y apporter quelque bien : au conIraire, que notre reconciliation rendra tout facile et fera bientôt finir pos misères. Ef afin que les princes du sang , autres princes et officiers de la cr ne, ne soient point retenus et empêchés d'entendre à u

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