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jamajs donné à prince; et la mort du roi avenue par un coup malheureux et de la main d'un seul homme, sans l'aide ni su de ceux qui n'avoient que l'occasion de la désirer.

Nous avons encore témoigné que notre seul but et désir étoit de conserver l'état, suivre les lois du royaume, en ce que nous aurions reconnu pour roi monseigneur le cardinal de Bourbon , plus prochain et premier prince du sang, déclaré du vivant du feu roi par ses lettres.patentes vérifiées en tous les parlemens, et en cette qualité, désigné son successeur, où il viendroit à décéder sans enfans mâles ; qui nous obligeoit à lui déférer cet honneur, et lui rendre toule obéissance, fidélité et service, comme nous en avions bien l'intention, s'il eût plu à Dieu de le délivrer de la captivité en laquelle il étoit. Et si le roi de Navarre, duquel il pouvoit espérer ce bien, eût tant obligé les catholiques que de le reconnoître lui-même pour son roi, et attendre que nature eût fait finir ses jours, se servant de ce loisir pour se faire instruire et reconcilier à l'église, il eût trouvé les catholiques unis et disposés à lui rendre la même obéissance et fidélité après la mort du roi son oncle.

Mais persévérant en son erreur, il ne nous étoit loisible de le faire, si nous voulions, comme catholiques, demeurer sous l'obéissance de l'église catholique, apostolique et romaine, qui l'avoit excomunié et privé du droit qu'il pouvoit prétendre à la couronne.

Outre ce que nous eussions, en le faisant, enfreint et violó celte ancienne coutume, si religieusement gardée par tant de siècles et la succession de tant de rois, depuis Clovis jusques à présent, de ne reconnoître au trône royal aucun prince qui ne fût catholique , obéissant fils de l'église, et qui n'eût promis et juré à son sacre (1), et recevant le sceptre et la couronne, d'y vivre et mourir, de la défendre et maintenir et d'extirper les hérésies de tout son pouvoir; premier serment de nos rois sur lequel celui de l'obéissance et de fidélité de leurs sujets était fondé et sans Jeruel ils n'eussent jamais reconnu (tant ils étoient amateurs de notre religion ) le prince qui se prétendoit appelé par les lois à la couronne. Observation jugée si sainte et nécessaire pour le bien et salut du royaume, par les états généraux assemblés à Blois en l'année 1576, lorsque les catholiques n'étoirnt encore divisés en la défense de leur religion, qu'elle fût tenue entre eux comme

(1) V. le serment de Heari IV à son sacre, 27 février 1594.

loi principale et fondanieniale de l'état, et ordonné avec l'autorité et appro!ation du roi, que deux de chacun ordre seroient députés vers le roi de Navarre et le prince de Condé, pour leur représenter, de la part desdits états, le péril auquel ils se mettoient pour être sortis de l'église; les 'exhortant de s'y réconcilier et leur dénoncer , s'ils ne le faisoient, que, venant leur ordre pour succéder à la couronne, ils en seroient exclus perpétuelleinent comme incapables.

Et la déclaration depuis faite à Rouen, en l'année 1588, confirmée en l'assemblée des derniers états tenus au même lieu de Bloiş, que cette coutume et loi ancienne seroit inviolablenient gardée comme loi fondamentale du royaume, c'est qu'une simple approbation du jugement sur ce donné par les états précédens contre lesquels on ne peut proposer aucun juste soupçon, pour condamner ou rejeter leur avis et autorité. Aussi le feu roi la reçut pour loi et en promit et en jara l'observation en l'église, et sur le précieux corps de notre Seigneur, comme firent tous les députés des états en ladite dernière assemblée avec lui, non seulement avant les inhumaias massacres qui l'ont rendu si infàme et funeste, mais aussi depuis, lorsqu'il ne craignoit plus les morts, et méprisoit ceux qui restoient , qu'il teroit conime perdus et désespérés de tout salut : l'ayant fait pour ce qu'il reconnoissoit y être tenu et obligé par devoir, comme lous les souverains sont, à suivre et garder des lois qui sont comme colonnes priocipales, ou plutôt bases de leur état.

On ne pourroit donc justement blâmer les catholiques unis qui ont suivi l'ordonnance de l'église, l'exemple de leurs majeurs et la loi fondamentale du royaume, qui requiert au prince qui prétend droit à la couronne, avec la proximité du sang, qu'il soit catholique, comme qualité essentielle et nécessaire pour être roi d'un royaume acquis à Jésus-Christ par la puissance de son évangile qu'il a reçu depuis tant de siècles, selon et en la forme qu'elle est annoncée en l'église catholique, apostolique et romaine.

Ces raisons nous avoient fait espérer que si quelque apparence de devoir avoit retenu plusieurs catholiques près du feu roi, qu'après sa mort, la religion, le plus fort lien le tous les autres pour joindre les hommes ensemble, les uniroit tous en la léierise de ce qui leur doit être le plus cher. Le contraire seroil ioutefois avena, contre le jugement et prévoyance des hommes, pour ce qu'il fût aisé en ce soudain mouvement, de leur persuader que nous étions coupables de cette mort à laquelle n'avions aucunement pensé; et que l'honneur les obligeoit d'assister le roi de Navarre qui publioit en vouloir prendre la vengeance et qui leur promettoit de se faire catholique dedans six mois. Et y étant une fois entrés; les offenses que la guerre civile produit, les prospérités qu'il a eues, et les mêmes calomnies que les hérétiques ont continué de publier contre nous, sont les vraies canses qui les y ont depuis retenus, et donné moyen aux hérétiques de s'accroître si avant que la religion et l'état en sont enp éril.

Quoique nous ayons vu de loin le mal que cette division de. voit apporter, et qu'elle seroit cause d'établir l'hérésie avec le sang et les armes des catholiques, que notre réconciliation seule y pourroit remédier, et que pour cette raison nous l'ayons soigneusement recherchée; si n'a-t-il jamais été en notre pouvoir d'y parvenir, tant les esprits ont été altérés et occupés de passion qui nous a empêché de voir les moyens de notre salut. Nous les avons fait prier souventefois de vouloir entrer en conférence avec nous, comme nous offrons de le faire avec eux, pour y aviser ; fait déclarer tant à eux qu'au roi de Navarre même, sur quelques propositions faites pour mettre le royaume en repos, que , s'il délaissoit son erreur et se reconcilioit à l'église, à notre saint père et au saint siége, par une vraie et non feinle conversion, et par actions qui puissent donner témoignage de son zèle à notre religion, nons apporterions très volontiers notre obéissance et tout ce qui dépendoit de vous, pour aider à faire finir nos misères ; et y procéderions avec une si grande franchise et sincérité, que personne ne pourroit douter que notre intention ne fût telle : ces ouvertures et déclarations ayant été faites lorsque nous avions plus de prospérité et de moyen pour oser entreprendre , si ce désir eût été en nous pluiôt que de servir au public, et chercher le

du

royaume. A quoi chacun sait qu'il auroit toujours répondu qu'il ne vouloit être forcé par ses sujets, appelant contrainte la prière qu'on lui faisoit de retourner à l'église, qu'il devoit plutôt recevoir de bonne part , et comme une admonition salutaire qui lui représentoit le devoir auquel les plus grands rois sont aussi bien obligés de satisfaire que les plus petits de la terre : car quiconque a une fois reçu le christianisme, et en la vraie église, qui est la nôtre, dont nous ne voulons point mettre l'autorité en doute avec qui que ce soit, il n'en peut non plus sortir, que le soldat enrôlé se départir de la foi qu'il a promise et jurée, sans être tenu pour déserieur et infracteur de la loi de Dieu et de son égiise. Il a en

repos

core ajouté à cette réponse, après qu'il seroit obéi et reconnu de tous ses sujets, qu'il se feroit instruire en un concile libre et général, comme s'il falloit des conciles pour une erreur tant de fois condamnée et réprouvée de l'église, même par le dernier concile tenu à Trente, autant authentique et solemnel qu'aucun autre qui ait été célébré depuis plusieurs siècles.

Dieu ayant permis qu'il ait eu de l'avantage depuis par le gain d'une bataille , la même prière lui fut encore répétée, non par nous qui n'étions en état de le devoir faire , mais par personnes d'honneur, désireux du bien et repos du royaume, comme aussi , durant le siège de Paris, par prélais de grande qualité, priés de la part des assiégés, pour trouver quelque remède en leur'mal. Auquel temps s'il se fût disposé, ou plutôt si Dieu, par son esprit, sans lequel personne ne peut entrer dans son église, lui eût donné cette volonté, il eut beaucoup mieux fait espérer de sa conversion aux catholiques qui sont justement soupçonneux et sensibles en la crainte d'un changement qui regarde si pres à l'honneur de Dieu , à leurs consciences et à leurs vies qui ne pedivent jamais être assurées sous la domination des hérétiques.

Mais l'espoir auquel il étoit lors d'assujettir Paris, et par cet exemple, la terreur de ses arınes et les moyens qu'il se promettoit trouver dedans d'occuper le reste du royaume par la force, lui firent rejeter ces conseils de reconciliation à l'église , qui pouvoient unir les catholiques ensemble et conserver leur religion. Dieu les en ayant délivrés, à l'aide des princes, seigneurs et d'ap bon nombre de noblesse du royaume et de l'armée que

le roi catholique, qui a toujours assisté cette cause de ses forces et moyens, dont nous lui avons très grande obligation, envoya sous la conduite de monsieur le duc de Parme, prince d'heureuse mémoire, assez connu par la réputation de son, nom et de ses grands mérites, il ne laissa pourtant de renirer bientôt en ses premières espérances; pour ce que cette armée étrangère, incontinent après le siége levé, sortit hors le royaume.

Et lui, ayant mandé les siens, assembla, par leur prompte obéissance, une grande armée avec laquelle il se rendit maitre de la campagne, et fit publier lors tout ouvertement et sans plus dissimuler, que c'étoit crime de le prier et parler de conversion, avant que l'avoir reconnu, lui avoir prêté le serment d'obéissance et fidélité; que nous étions tenus de poser les armes, de nous adresser ainsi nuds et désarmés à lui par supplication, et de lui donner pouvoir absolu sur nos biens et sur nos vies , et

و

sur la religion même, pour en user comme il lui plairoit la mettant en péril certain par notre låcheté, au lieu qu'avec l'autorité et les moyens du saint siége, l'aide du roi catholique et autres potentats qui assistent et favorisent cette cause, nous avons toujours espéré que Dieu nous feroit la grâce de la conserver : tous lesquels n'auroient plus que voir en nos affaires, si nous l'avions une fois reconnu : se démêleroit cette querelle de la religion, avec trop d'avantage pour les hérétiques, entre lui, chef et protecteur de l'hérésie, armé de notre obéissance et des forces entières du royaume, et nous qui n'aurions pour lui résister que de simples et foibles supplications adressées à un prince peu désireux de les ouïr et d'y pourvoir.

Quelque injuste que soit cette volonté, et que la suivre soit le vraimoyen de ruiner la religion, néanmoins entre les catholiques qui l'assistent, plusieurs se sont laissés persuader que c'étoit rebellion de s'y opposer, et que nous devions plutôt obéir à ses commandemens et aux lois de la police temporelle, qu'il veut établir de nouveau contre les anciennes lois du royaume, qu'à !'ordonnance de l'église et aux lois des rois prédécesseurs, de la succession desquels il prend la couronne, qui ne nous ont pas appris à recongoitre des hérétiques, mais au contraire à les rejeter , à leur faire la guerre, et - à n'er tenir aucune plus juste ni plus nécessaire, quoiqu'elle fût périlleuse, que celle-là.

Qu'il se souvienne que lui-même s'est armé si souvent contre nos rois, pour introduire une nouvelle doctrine dans le royaume; que plusieurs écrits et libelles diffamatoires ont été faits et publiés contre ceux qui s'y opposoient et don nojent conseil d'étouffer de bonne heure le mal qui en naissant étoit foible ; qu'il vouloit lors qu'on crût ses armes justes, pour ce qu'il y alloit de la religion et de sa conscience; que nous défendons une ancienne religion aussitôt reçue en ce royaume qu'il a commencé, et avec laquelle il s'est accru jusqu'à être le premier et le plus puissant de la chrétienté, que nous conpoissons assez ne pouvoir être gardée pure, inviolable et hors de péril sous un roi hérétique, encore qu'à l'entrée, pour nous faire poser les armes et le rendre maitre absolu, on dissimule et promette le contraire.

Les exemples voisins, la raison et ce que nous expérimentons tous les jours, nous devroient faire sages et apprendre que les sujets suivent volontiers la vie, les mœurs et la religion même de leurs rois, pour avoir part en leurs bonnes grâces, honneurs et bienfaits qu'eux seuls peuvent distribuer à qui il leur plaît; et qu'après en avoir corrompu les uns par faveur, ils ont toujours

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