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leursdites eslections, presteront le serment és mains d'iceluy nostredil premier barbier, ou de ses lieutenans, ou commis.

(3) Voulons et ordonnons, que tous ceux que par nostredit premier barbier, ou ses lieutenans, ou commis, auront esté exa minez et trouvez suffis ans au fait et art de chirurgie, en présence de deux docteurs en la faculté de médecine et des jurez de l'estat, et autres maistres de chef-d'œuvre faisant résidence és bonnes villes, bourgs et bourgades de ce royaume, soyent recens maistres barbiers et chirurgiens, et comme tels, leur soit loisible de besongner d'iceluy estat , et le practiquer et en jouyr et user ès lieux et endroits , et ainsi qu'ils y seront receuz et admis, à ceste fin tenir ouvroirs et boutiques.

(4) Défendant à toutes personnes de quelque estat et condition qu'ils soyent, de faire aucune æuvre en l'estai de barbier et chirurgien, si premièrement il n'est examiné et approuvé par nostredit premier barbier ou son lieutenant susdits ou jurez dudit estat en la manière accous tumée de tout lemps.

(5) Qu'aucuns maistres barbiers et chirurgiens , ou femmes veufves d'iceux ne facent aucune cuvre dudit estat ,

s'ils ne sont tenus de bonne vie et honneste conversation et où il se trouveroit en leur hostel et maison tenir bordelerie ou maquerelerie, ou autres choses diffamantes, les avons dès à présent pri. vez et privons desdits priviléges, et en outre que tous les outils appartenans audit estat soyent acquis et confisquez moitié à nous , et l'autre moitié à nos tredict premier barbier, ou son lieutenant.

(6) Qu'aucun valet de barbier et chirurgien ne puisse ouvrer dudit estat, en aucunes desdictes bonnes villes, bourgs, chasteaux, ponts, ports et villages, s'il n'est maistre de la manière susdite, ou s'il n'a adveu d'estre mais tre barbier et chirurgien , sur peine de cinq sols parisis d'amende pour chacune fois , et confiscation de ses outils , dont il sera trouvé garny , à appliquer comme dessus, et que celuy qui les trouvera les puisse faire prendre et emprisonner en nos prisons, pour la confiscation des dictes amendes et outils.

(7) Que personne dudit estat ne face office de barbier et chirurgien à mezel ou lépreux, mezelle ou lépreuse, sur les mesmes, peides applicables comme dessus est dit.

(8) Que tous ceux qui voudront lever ouvroirs, et estre maistres aux bourgs, chasteaux, ponts, ports, ou villages , şeront teous d'aller à l'examen pardevant nostredit premier barbier, ou ses lieutenans et jurez des plus prochaines villes des lieux où ils voudront lever ou ouvrer, afin que les passans, allans , venans et séjournans en iceux puissent mieux et plus seurement estre servis et secourus dudit estat.

(9) Défendons aussi en confirmant lesdits priviléges à toutes personnes de quelque cstat, qualité ou condition qu'ils soyent, tant vefves, qu'autres , s'ils ne sont maistres de chefs-d'oeuvre, de tenir apprentifs avec eux és villes et lieux de notre royaume, sur les peines que dessus.

(10) Et afin que lesdits maistres barbiers et chirurgiens puissent avoir une confrairie en l'honneur de Dieu et des bénoists saincts St.-Cosme et St.-Damien, en leur communauté, ès bonnes villes de notre royaume, où bon leur semblera pour faire le divin service, leur permettons que ils se puissent assembler pour ledit fait quand besoin en sera, pourveu qu'en ce soyent appellez et présentez aucuns de nos principaux officiers , ou leurs lieulenans desdits lieux esquels se feront lesdites assemblées, aussi nostredit premier barbier ou son lieutenant, et deux des jurez dudit estat.

(11) Payeront lesdits barbiers et chirurgiens, chacun quand ils seront passez maistres, cent sols tournois pour ayder à subvenir aux frais qu'il conviendra faire pour l'entretenement de ladite confrairie, à ce qu'avec l'aide de Dieu , et d'iceux glorieux St.Cosme et St.-Damien, ils puissent plus souverainement auvrer aux corps humains.

(12) Qu'aucun barbier ou chirurgien ne puisse oster ne soustraire à un autre son apprentif ou valet, à peine de cent sols d'umende, à appliquer comme dessus.

(13) Que aucun barbier ou chirurgien ne puisse faire office ne ouvrer de barbier, ou chirurgie, fors de saigner et peiguer, sans le congé dudit maistre barbier, ou de son lieutenant , aux jours et festes qui s'ensuyvent.

(14) C'est à sçavoir , aux dimanches, cinq festes de NostreDame, et de la feste de Toussaincis , au jour de Noël, Pasques , Pentecoste , la Circoncision, l'Epiphanie, l'Ascension, le jour du St.-Sacrement, sainct Jean-Baptiste, sainct Cosme et St.-Damien, les festes des apostres à quelque jour qu'elles eschéent, ne mettre enseignes de bassins hors de leur huis , esdictes festes ne autres cominandées par l'église, sur peine de cinq sols parisis d'amende, appliquez comme dessus.

(15) Qu'aucun voulant venir à l'examen , pour avoir et acqué

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rir la maistrise de barbier ou chirurgien, ne puisse venir ne estre receu , jusques à ce qu'il soit sorty de son apprentissage, oni quitté le maistre chez lequel il aura demeuré.

(16) Que tous ceux qui voudront venir à l'examen approuvez et passez maistres , seront tenus de prendre et lever lettres scellées des sceaux de nostre premier barbier ou son lieulenant, desquelles ainsi scellées ils ne payerout que ciuq sols seulement.

(17) Que lesdits jurez dudit estat, devront voir et visiter les ouvroirs d'iceluy estat, et sçavoir la suffisance des barbiers et chirurgiens, estans esdits ouvroirs , à ce que le peuple puisse mieux et seurement estre servy, et que les ordonnances susdiles soyent observées.

(18) Que si aucuns barbiers et chirurgiens sont contredisans à obeïr à nostredict premier barbier ou son lieutenant ou jurez , en ce qui regarde le fait dudit estat, et des ordonnances d'iceluy, pour ce nostredit premier barbier ou son lieutenant, appeller et prendre de nos sergens, pour leur ayder, et faire à leur réquisition tous exploits de justice, en les payant de leurs salaires.

(19) Quand un maistre ou maistresse dudit estat meurt, sera tenu chacun barbier et chirurgien passé maistre en la ville où aura esté et demeuré ledit trespassé, d'aller accompagner le corps, sur peine de trois sols d'amende à appliquer comme dessus.

(20) Que tous maistres barbiers et chirurgiens tenans ouvroiis dudit estat esdites villes, et autres lieux de notre royaume, sont et seront tenus de payerà nostredit premier barbier ou son lieutenan?, pour chacune fois seulement durans sa vie, cinq sols parisis , ainsi qu'ils ont tousjours accoustumé de prendre et avoir ses prédécesseurs premiers barbiers , à cause de sondit estat et office de nostre premier barbier.

(21) Que si aucun plaid ou procez estoit men ou se mouvoit a'u temps advenir, ou qu'en autre manière convient faire mise on despense pour la conservation et défense de leurs statuts et ordonuances, poursuittes des procez

intentez pour

ladite confrairie desdits barbiers et chirurgiens, ou autrement pour le bien commun d'entr'eux et leur estat , chacun d'eux y contribuera selon sa faculté et puissance, au cas que la plus grande partie de ceux des lieux s'y consentent.

(22) Que si aucun barbier et chirurgien ou valet est mandé à cause et pour ledit estat , pardevant ledit premier barbier , ou sondit lieutenant, voulons qu'il soit tenu d'y comparoir , sur peine de denx sols six deviers au profit dudit maistre ou sou lieutenant du lieu.

le feu roy

(23) Et si aucuns barbiers chirurgiens , ou valets vouloient faire le contraire, et ne recog noistre ledit premier barbier ou son lieutenant, et ne luy obeyr, et qu'il intervi nt procès et différens, oppositions ou appellations, pour l'entretien desdits priviléges, statuls et lettres de lieutenance, et commissions données ou å donner par nostredit prem ier barbier.

(24) Nous pour éviter à confusion et diversité de jugement qui pourroient sur ce intervenir , ayant esgard que lesdits priviléges , statuts et ordonnances s'estendent par tout notre royaume, et au ressort de toutes nos cours de parlemens , où s'en pourroit ensuyvre divers jugemens et arrests contraires , et

que dernier décédé nostre très-honoré seigneur et frère, par ses lettres-patentes du quatriesme jour d'avril milcinq cens soixantedix-huit, auroit attribué toute jurisdiction et cognoissance, à nostre grand conseil de tous les procez, différens, empeschemens, contraventions , oppositions ou appellations quelconques, qui pour raison desdits priviléges, statuts et ordonnances, pour royent intervenir, et qu'en nostredit grand conseil, lesdits priviléges et statuts ont esté vérifiez, et sur l'exécution d'iceux esté donnez plusieurs arrests.

(25) Nous voulons, ordonnons et nous plaist que la cognoissance d'iceux procez, différens, contraventions, empeschemens, oppositions et a ppellations quelconques, concernant lesdits privilèges , statuts , ordonnances , et lettres de lieutenance et commissions données ou à donner par postredit premier barbier , soyent et appartiennent à nostredit grand conseil privativemevt à tous nos autres cours et juges.

Si donnons, etc.

N° 38. Déclaration du duc de Mayenne pour la convocation

des états généraux à Paris (1), au mois de février prochain , à l'effet d'aviser aux moyens de faire cesser les troubles du royaume , et sur les droits de succession à la couronne , d'après les lois fondamentales de la monar

chie. Paris ; décembre 1592; reg. au" parl. séant à Paris et publié à son de trompe

par les carrefours de cette ville, le 15 janvier 1593. (Etats généraux, XV, P. 253.) Charles de Lorraine, duc de Mayenne , lieutenant-général de

(1) L'assemblée eut lieu à Surène, parce que les princes et seigneurs catholil'état et couronne de France, à tous présens et à venir, salu:. L'observation perpétuelle et inviolable de la religion et piété en ce royaume, a été ce qui l'a fait fleurir si long-temps par dessus tous autres de la chrétienté, et qui a fait décorer nos rois du nom de très chrétiens et premiers enfans de l'église : ayant les uns, pour acquérir ce titre si glorieux, et le laisser à leur postérité, passé les mers et couru jusques aux extrémités de la terre, avec' grandes armées, pour y faire la guerre aux infidèles, les autres combattu plusieurs fois ceux qui voulaient introduire nouvelles sectes et erreurs contre la foi et créance de leurs pères, en tous lesquels exploits ils ont toujours été assistés de leurs noblesses, qui très volontiers exposoient leurs biens et vies à tous périls , pour avoir part en cette seule vraie et solide gloire, d'avoir aidé à conserver la religion en leur pays, ou à l'établir ès pays lointains esquels le nom et l'adoration de notre Dieu n'étoit point encore connu : qui auroit rendu leur zèle et valeur recommandable partout, et leur exemple a été cause d'exciter les autres potentats à les ensuivre en l'honneur et au péril de pareilles entreprises et conquêtes; ne s'étant point depuis cette ardeur et sainte intention de nos rois et de leurs sujets refroidie et changée jusques à ces derniers temps que l'hérésie s'est glissée si avant dans le royaume, et accrue par les moyens que chacun sait et qu'il n'est plus besoin remettre devant nos yeux , que nous sommes ensin tombés en ce malheur, que les catholiques mêmes, que l'union de l'église devoit inséparablement conjoindre, se sont, par un exemple prodigieux et nouveau, armés les uns contre les autres et séparés au lieu de se joindre ensemble pour défense de leur religion. Ce

que nous estimons être avenu par les mauvaises impressions et subtils artifices dont les hérétiques ont usé pour leur persuader que cette guerre n'étoit point pour la religion, mais pour usurper ou dissiper l'état, com bien que nous ayant pris les armes, mus d'une si juste douleur, ou plutôt contraints d'une si grande nécessité, que la cause n'en puisse être attribuée qu'aux auteurs du plus méchant, déloyal et pernicieux conseil qui fût

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ques attachés au parti de Henri IV ayant proposé auduc de Mayenne (v. ci-après déclaration du 27 janvier 1593) de conférer avec les princes et chefs de la ligue sur les moyens d'assoupir les troubles, il fut arrêté qu'on se réunirait à Surène, entre Saint-Denis , occupé par lleori IV, el Paris occupé par la ligue. V. avril et mai 1593.

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