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No 14. — Déclaration de Henri IV, qui ordonne la convocation

des états-généraux, à Tours, au mois de mars 1590 (1). Au camp du Mans, 28 novembre 1589, reg. 12 déc. (Vol. QQ, fo 86.)

Henri, etc.... Les premiers voeux et prières que nous fîmes à Dieu, dès lors qu'il lui plut nous appeler à la succession de cette couronne , ce fut qu'il nous fit cette grâce que nous ne fussions point du nombre des princes qu'il donne à ses peuples en son ire, au contraire que nous reçussions ce bonheur d'être de ceux qu'il choisit

pour

la consolation et remède des états troublés et amigés; et combien que nous eussions désiré tout autre exercice et chercher sujet d'honneur et de mérite partout ailleurs qu'en l'indisposition de cet état, pour l'accroissement duquel vous travaillons bien plus' volontiers que pour le ramener en santé et convalescence, toutes fois, puisque Dieu a voulu nous désigner ministre d'un si bon æuvre et nous appeler en cette charge, bien qu'elle soit maintenant pleine de la plus horrible confusion qui у ait jamais été, nous espérons qu'il ne permettra pas que nous en succombions sous le faix, et vous ayant mis ce sceptre entre les mains, qu'il nous donnera aussi le coeur et la force de le manier à sa gloire premièrement au soulagement de mes sujets et à la confusion et ruine des rebelles perturbateurs de cet état et du public.

En cette ferme opinion, nous avons fait aussi résolution d'y employer sans intermission, tout le temps de notre age qui y sera requis et nécessaire avec toute notre peine, industrie et substance; mais comme pour l'exécution de cette affaire, nos meilleurs yeux et nos plus fortes mains sont en l'assistance tant de la présence que des bons et sages conseils et advis des princes de notre sang, officiers de la couronne, seigneurs, capitaines, gentilshommes et autres nos principaux ministres et officiers qui sont distribués par les provinces, qui, outre le naturel devoir qu'ils ont de nous assister et servir , sont autant que nous intéressés en la manutention de votre autorité qui consiste en l'unité de la monarchie dont dépend la tranquillité et conservation publique; ayant estimé, pour cette occasion, ne pouvoir

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V. les

(1) V. la promesse du roi, 4 août 1589. Cette réunion n'eut pas lieu. états de la Ligue, avril et mai 1593.

mnieux commencer à mettre la main à cette oeuvre que de les convoquer tous pour ensemble adviser aux meilleurs moïens et remèdes pour parvenir à l'entière guérison des corps de cet état trop atténué et affojbli de la longueur et violence de la maladie dont il est affligé.

Nous aurions, à cet effet, expédié nos lettres closes du 20e jour du mois d'août dernier à tous nos baillis et sénéchaux pour faire publier , chacun au ressort de leurs juridictions, ladite assemblée que vous attendions faire des dessusdits dans les derniers jours du mois d'octobre en notre ville de Tours, à ce que chacun des dénommés en nusdites lettres eussent à s'yirouver à l'effet et contenu en icelles et pour no'ls préparer à nous y trouver aussi de notre part: afin que cependant les forces que nous avions ne demeurassent inutiles , nous fîmes résolution , dès-lors, de les séparer en trois et en envoyâmes au même temps une partie en Picardie sous la conduite de notre très cher et bien aimé cousin le duc de Longueville, une autre en Champagne sous la charge de notre aussi cher et bien aimé cousin le maréchal d'Aumont pour ès dites provinces conserver les villes et nos bons sujets qui s'y sont maintenus sous notre obéissance et y incommoder les autres rebelles , autant qu'il seroit possible; ce qui leur est réussi fort heureusement : avec la troisième partie que nous avions retenue près de nous. Pour employer aussi le temps qui nous restoit jusqu'à la dite convocation, nous voulûmes visiter notre province de Normandie , pour y conforter nos bons et fidels serviteurs, pourveoir à la sûreté des villes qui se sont maintenues en la fidélité qu'ils nous doivent, et empêcher les ennemis nous sentans encore si proches , d'attaquer si promptement celles que nous avions nouvellement recouvertes sur eux près de Paris, et acquérir du loisir à ceux qui en avaient la garde de les pouvoir réparer et fortifier commodément; mais ayant les ennemis estimé avoir reconnu uue occasion fort à leur avantage, nous y vinrent aussitôt rencontrer avec le plus grand amas de forces qu'ils pourront peut-être jamais mettre ensemble y ayant été assistés de grandes troupes du côté des Pays-Bas, d'autres encore plus grandes de notre neveu le marquis Dupont, fils de notre beau-frère le duc de Lorraine, qu'ils avoient tous appelés au partage de cet état qu'ils présumoient de diviser entre eux cette fois; mais ayant plu à Dieu d'en ordonner tout autrement en rendant sans effet tous leurs desseios, a permis que toutes les entreprises qu'ils ont dressées durant plus d'un mois que notre armée et la leur a été toujours logée à la vue l'une de l'autre et de tous les combats qui s'y sont faits, bien que ce fût à partie très inégale que la perte et la honte ait toujours été de leur côté et l'avantage du nôtre :

Enfin sur l'avis qu'ils eurent du grand et notable secours qui nous étoit amené par nos très chers et bien aimés cousins le comte de Soissons , duc de Longueville et maréchal d'Aumont, ils se retirèrent honteusement et allèrent diligemment passer la rivière de Somme, pour se tirer hors du péril du combat, et n'ayant pu prendre les villes qu'ils publioient avoir assiégées, en allèrent surprendre d'autres et des meilleures de Picardie qu'ils ont séduites pour les livrer et vendre contre leur gré et sçu à ceux en la haine mortelle desquels les habitans d'icelles sont tous nés et conçus : ayant, par là, voulu commencer à introduire avec les étrangers le commerce et vénalité de nos villes et sujets pour ne laisser aucune espèce d'impiété sans être par eux mise en usage pour parvenir à leurs désseins :

Pour lesquels divertir et aussi pour ne laisser inutiles les belles et grandes forces qui, par le moyen dudit secours, se retrouvoient en notre armée, nous aurions fait résolution de nous acheriner droit à Paris, ce que nous fîmes si heureusement qu'en moins de huit jours, d'assiégés qu'ils disoient que nous étions , l'on nous vit assiégeant les fauxbourgs de ladite ville de Paris, où dès le lendemain de notre arrivée, en moins d'une heure, nous primes tous ceux qui sont de deçà la rivière, ayant par ce moyen retiré lesdits ennemis de Picardie qui est l'un des desseins qui nous avoient fait venir audit Paris n'ayant pu obtenir l'autre de les faire venir au combat dont nulle occasion qui se soit offerte ne leur a jamais pu faire venir la volonté sans avoir de toute leur en• treprise, et au lieu de tant de pertes et honte par eux reçues , reçu pour notre part aucune incommodiié que la remise de ladite convocation que nous avions premièrement faite audit Tours audit dernier jour d'octobre, laquelle pour les considérations susdites et aussi que nous sommes advertis que

la plupart des convoqués ne se veulent à présent commettre au hazard des chemins pour entreprendre ce voyage, de sorte que ladite assemblée ne pourroit être complette comme nous désirons qu'elle soit, et d'ailleurs que les premières forces étrangères que nous avons fait lever doivent être entrées en ce royaume dès le 15 de ce mois, lesquelles il nous importe grandement employer promptement, étant nécessaire à cet effet que nous nous y acheminions en personne.

(1) Nous avons pour les susdites raisons' advisé de remettre jusqu'au 15° du mois de mars prochain, espérant entre cy et ce temps faire un tel effort sur nosdits ennemis que les résolutions qui se doivent faire en ladite assemblée en seront bien plus aisées et faciles et rendre aussi les passages si libres et ouverts que ceux que nous désirons qui se retrouvent de toutes nos provinces, y pourront venir en sûreté et plus de commodité, ayant échappé les incommodités de l'hiver pendant que nous espérons si bien employer le temps que nous et nos sujets n'auront point d'occasion de plaindre et regretter ladite remise :

(2) De quoy désirant que nosdits sujets de la qualité susdite et tous autres qui y pourroient servir et s'y pourront trouver , soient advertis pour s'y préparer de venir et de se håter aussi de partique · pour s'y rendre audit temps. Nous voulons et ordonnons à tous nos susdits baillis et sénéchaux qu'ils aient, chacun en ce qui est de son ressort et juridiction, à faire publier que ladite convocation que nous avons par nosdites premières lettres assignée audit dernier jour d'octobre, nous l'avons, pour les considérations susdites, différée et remise au 15° jour dudit mois de mars prochain en notredite ville de Tours ou telle autre que nous verrons à ce plus propre et convenable selon les lieux, où pour lors nous nous pourrions retrouver, dont nous les ferons soigneusement advertir s'il y a occasion de changer de lieu autre que ladite ville de Tours pour ladite assemblée à laquelle nous exhortons les princes de notre sang et autres, cardinaux, ducs, pairs, tant ecclésiastiques que laïcs, officiers de la couronne, ceux de no!re conseil, prélals, seigneurs, gentilshommes et autres dénommés en nosdites pre. mières lettres, et néantmoins les adjurons, au nom de Dieu toutpuissant, par la fidélité qu'ils pous doivent et par l'obligation qu'ils ont à la conservation et défense de leur patrie , de s'y trou.' ver audit temps, préparés pour nous assister de leur bon conseil sur ce qui sera proposé sur l'établissement de cet état, la punition et châtiment desdits rebelles, et spécialement pour faire la justice du cruel et barbare assassinat commis en la personne du feu roy notre très honoré seigneur et frère.

(3) Et combien que l'opiniâtreté desdits rebelles méritát bien d'etre poursuivie avec la rigueur pour être leur rébellion sans aucun fondement d'oppression ou injuré reçue, ains seulement

pour complaire aux passions de quelques particuliers desquels la pluspart d'entre eux ne sont capables de pénétrer les desseins et intentions qui ne se peuvent accomplir que par la subversion gé. nérale de cet état, par conséquent de la ruine entière de tous les particuliers. Toute fois, pour ne rien omettre des moïens propres de ramener, par la douceur, les dévoyés au droit chemin qui est ce que, suivant notre naturelle inclination, nous avons tou. jours le plus désiré estimant à notre châtiment particulier quand nous serons contraints de les châlier.

(4) Considérant aussi que cette première levée d'étrangers qui est déja entrée en notre royaume, doit être encore suivie d'une beaucoup plus grande et que nous désirerions, avant que ce grand amas de forces étrangères se retrouvât ensemble, dont il ne peut arriver qu'une désolation extrème d'eux et de leurs biens et fortunes et même de nosdites villes, ils voulussent prévenir ce malheur et prendre le loisir que Dieu leur donne de reconnaitre leur faute et de notre part de les y imiter et semondre autant qn'il nous est possible. Nous, de notre pleine grâce, puissance et autorité royale, ayons déclaré et déclarors, par ces présentes, que toutes les villes et personnes de quelque qualité et condition qu'elles soient, excepté ceux qui se trouveront coupables de l'assassinat du feu roy notredit seigneur et frère qui par cydevant se sont laissés séduire aux persuasions desdits rebelles et perturbateurs du repos public sous le nom de la Ligue, ont porté les armes pour eux ou les ont assistés de leurs moïens, faveur et support, se séparant de l'obéissance qu'ils devoient au feu roy notredit seigneur et frère, et maintenant à nous qui sommes le vrai et légitime héritier de cette couronne, pourvû qu'étant marris et repentans de leurs fautes passées, ils se réduisent à leur devoir et fassent, dans six semaines après la publication de ces présentes en nos cours de parlement, à savoir, pour les particuliers, au greffe de la juridiction dont ils sont ressortissans, déclaration expresse signée de leur main de la fidélité et obéissance qu'ils nous doivent, avec promesse sur leur vie, biens et honneurs, de ne favoriser ni aider jamais lesdits rebelles ni aucuns autres contre nous et notre service, et pour les corps desdites villes , qu'ils envoient leurs députés garnis de pouvoirs authentiques faits en leur assemblée de ville faire en nos mains le même serment que lesdits corps de ville, manans et habitans d'icelles comme pour autres particuliers, seront exempts et absous de toutes les peines qu'ils peuvent avoir encourues à cause du crime de félonie et rébellion et autres dé

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