Ides et doctrines littraires du XVIIe [-XIXe] sicle (extraits des prfaces, traits et autres orits theóriques)

C. Delagrave, 1906
 

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153 - Qu'on ne dise pas que je n'ai rien dit de nouveau ; la disposition des matires est nouvelle.
203 - Entre toutes les diffrentes expressions qui peuvent rendre une seule de nos penses, il n'y en a qu'une qui soit la bonne. On ne la rencontre pas toujours en parlant ou en crivant; il est vrai nanmoins qu'elle existe...
158 - C'est en vain qu'au Parnasse un tmraire auteur Pense de l'art des vers atteindre la hauteur : S'il ne sent point du ciel l'influence secrte, Si son astre en naissant ne l'a form pote, Dans son gnie troit il est toujours captif; Pour lui Phbus est sourd , et Pgase est rtif.
229 - Chaque vertu devient une divinit. Minerve est la prudence, et Vnus la beaut. Ce n'est plus la vapeur qui produit le tonnerre ; C'est Jupiter arm pour effrayer la terre.
168 - Surtout qu'en vos crits la langue rvre Dans vos plus grands excs vous soit toujours sacre. En vain vous me frappez d'un -son mlodieux Si le terme est impropre, ou le tour vicieux. Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme...
200 - Quand une lecture vous lve l'esprit, et qu'elle vous inspire des sentiments nobles et courageux, ne cherchez pas une autre rgle pour juger de l'ouvrage; il est bon, et fait de main d'ouvrier.
155 - Quand on voit le style naturel , on est tout tonn et ravi ; car on s'attendait de voir un auteur, et on trouve un homme.
160 - Je les conjure d'avoir assez bonne opinion d'eux-mmes pour ne pas croire qu'une pice qui les touche et qui leur donne du plaisir puisse tre absolument contre les rgles. La principale rgle est de plaire et de toucher : toutes les autres ne sont faites que pour parvenir cette premire.
184 - Ce serait peut-tre un moyen de rconcilier la tragdie avec quantit de personnes clbres par leur pit et par leur doctrine, qui l'ont condamne dans ces derniers temps , et qui en jugeraient sans doute plus favorablement, si les auteurs songeaient autant instruire leurs spectateurs qu' les divertir, et s'ils suivaient en cela la vritable intention de la tragdie.
148 - De sorte que toute la suite des hommes, pendant le cours de tant de sicles, doit tre considre comme un mme homme qui subsiste toujours et qui apprend continuellement 1 : d'o l'on voit avec combien d'injustice nous respectons l'antiquit...