La chute de l'ancien rgime (1787-1789)

Hachete et cie, 1886
 

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254 - Vous venez, messieurs, d'entendre le rsultat de mes dispositions et de mes vues. Elles sont conformes au vif dsir que j'ai d'oprer le bien public ; et si, par une fatalit qui est loin de ma pense, vous m'abandonniez dans une si belle entreprise, seul je ferai le bien de mes peuples ; seul je me considrerai comme leur vritable reprsentant...
243 - Toutes les proprits sans exception seront constamment respectes, et Sa Majest comprend expressment sous le nom de proprits les dmes, cens, rentes, droits et devoirs fodaux et seigneuriaux, et gnralement tous les droits et prrogatives, utiles ou honorifiques, attachs aux terres et aux fiefs ou appartenant aux personnes.
178 - Dclare l'unanimit des suffrages, consentir provisoirement pour la Nation que les impts et contributions, quoique illgalement tablis et perus, continuent d'tre levs de la mme manire qu'ils l'ont t prcdemment, et ce, jusqu'au jour seulement de la premire sparation de cette Assemble, de quelque cause qu'elle puisse provenir; pass lequel jour...
254 - ... que l'unique ambition d'un souverain soit d'obtenir de ses sujets qu'ils s'entendent enfin pour accepter ses bienfaits. Je vous ordonne , messieurs , de vous sparer tout de suite , et de vous rendre demain matin chacun dans les chambres affectes votre ordre , pour y reprendre vos sances. J'ordonne en consquence au grand-matre des crmonies de faire prparer les salles...
169 - ... lgitimement et publiquement connus et vrifis, soit parce qu'ils sont envoys directement par la presque totalit de la Nation, soit enfin parce que la reprsentation tant une et indivisible aucun des dputs, dans quelque ordre ou classe qu'il soit choisi, n'a le droit d'exercer ses fonctions sparment de la prsente Assemble.
154 - Et moi, messieurs, je crois le veto du roi tellement ncessaire, que j'aimerais mieux vivre Constantinople qu'en France, s'il ne l'avait pas : oui, je le dclare, je ne connatrais rien de plus terrible que l'aristocratie souveraine de six cents personnes, qui demain pourraient se rendre inamovibles, aprs-demain hrditaires, et finiraient, comme les aristocrates de tous les pays du monde, par tout envahir.
132 - Au surplus , l'assemble ayant intrt constater le refus de ces deux classes de dputs , dans le cas o ils persisteraient vouloir rester inconnus, elle juge indispensable de faire une dernire invitation, qui leur sera porte par des dputs chargs de leur en faire lecture , et de leur en laisser copie dans les termes...
179 - L'Assemble s'empresse de dclarer qu'aussitt qu'elle aura, de concert avec Sa Majest, fix les principes de la rgnration nationale, elle s'occupera de l'examen et de la consolidation de la dette publique; mettant ds prsent les cranciers de l'État sous la garde de l'honneur et de la loyaut de la nation franaise.
132 - France de vous prvenir qu'ils ne peuvent diffrer davantage de satisfaire l'obligation impose tous les reprsentants de la nation. Il est temps assurment que ceux qui annoncent cette qualit se reconnaissent par une vrification commune de leurs pouvoirs , et commencent enfin s'occuper de l'intrt national , qui seul , et l'exclusion de tous les intrts particuliers , se prsente comme le grand but auquel tous les dputs doivent tendre d'un commun effort.
25 - Tout prendrait au contraire une forme diffrente, tout se terminerait peut-tre par une conciliation agrable aux partis opposs, si les trois ordres commenant par se sparer, les deux premiers examinaient d'abord l'importante question de leurs privilges pcuniaires, et si, confirmant des vux dj manifests dans plusieurs pro vinces , ils se dterminaient d'un commun accord au noble abandon de ces avantages.