Manuel de littrature franaise

Herbig, 1894 - 784
 

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497 - O lac! l'anne peine a fini sa carrire, Et prs des flots chris qu'elle devait revoir, Regarde! je viens seul m'asseoir sur cette pierre O tu la vis s'asseoir!
127 - Mais vous naissez le plus souvent Sur les humides bords des royaumes du vent. La nature envers vous me semble bien injuste. -Votre compassion, lui rpondit l'arbuste, Part d'un bon naturel ; mais quittez ce souci : Les vents me sont moins qu' vous redoutables ; Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici Contre leurs coups pouvantables Rsist sans courber le dos ; Mais attendons la fin.
158 - ... de la France, mais aujourd'hui obscurcies et couvertes de votre douleur comme d'un nuage; venez voir le peu qui nous reste d'une si auguste naissance, de tant de grandeur, de tant de gloire. Jetez les yeux de toutes parts : voil tout ce qu'a pu faire la magnificence et la pit...
232 - Htez-vous lentement, et, sans perdre courage, Vingt fois sur le mtier remettez votre ouvrage : Polissez-le sans cesse et le repolissez ; Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.
127 - L'arbre tient bon. le roseau plie; Le vent redouble ses efforts. Et fait si bien qu'il dracine Celui de qui la tte au ciel tait voisine, Et dont les pieds touchaient l'empire des morts.
387 - Les ouvrages bien crits seront les seuls qui passeront la postrit : la quantit des connaissances, la singularit des faits, la nouveaut mme des dcouvertes ne sont pas de srs garants de l'immortalit. Si les ouvrages qui les contiennent ne roulent que sur de petits objets, s'ils sont crits sans got, sans noblesse et sans gnie, ils priront, parce que les connaissances, les faits et les dcouvertes s'enlvent aisment, se transportent, et gagnent mme tre mis en...
432 - ... pourvu que je ne parle en mes crits ni de l'autorit, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crdit, ni de l'Opra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l'inspection de dcux ou trois censeurs.
208 - Toutefois, je l'avoue, en ce comble de gloire, Du Dieu que j'ai quitt l'importune mmoire Jette encore en mon me un reste de terreur, Et c'est ce qui redouble et nourrit ma fureur. Heureux si, sur son temple achevant ma vengeance, Je puis convaincre enfin sa haine d'impuissance, Et parmi le dbris, le ravage et les morts, A force d'attentats perdre tous mes remords ! Mais voici Josabet.
88 - Ces gens qui, par une me l'intrt soumise, Font de dvotion mtier et marchandise, Et veulent acheter crdit et dignits A prix de faux clins d'yeux et d'lans affects ; Ces gens, dis-je, qu'on voit d'une ardeur non commune.
136 - Je ne puis me rsoudre la dire, devinez-la; je vous le donne en trois; jetez-vous votre langue aux chiens? H bien! il faut donc vous la dire: M. de Lauzun pouse dimanche au Louvre, devinez qui? Je vous le donne en quatre, je vous le donne en dix, je vous le donne en cent.