Mmorial de la Mayenne, 4

H. Godbert, 1845
 

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23 - Que si quelqu'un, aprs avoir reconnu publiquement ces mmes dogmes, se conduit comme ne les croyant pas, qu'il soit puni de mort ; il a commis le plus grand des crimes : il a menti devant les lois.
18 - Or je ne crains pas d'avancer, dit un de nos crivains les plus profonds, qu'il n'ya rien de ce genre, rien d'indiffrent, ni dans la nature, ni dans les lois, ni dans les murs, ni dans les sciences et les arts, ni, plus forte raison, dans la Religion...
21 - Ils supposent donc qu'il n'ya dans la religion, considre en gnral et dans toutes ses diffrences, ni vrai ni faux ; ou que s'il ya vrai et faux, dans la religion comme en toute autre chose, l'homme n'a aucun moyen de les distinguer; ou qu'enfin la religion, vraie ou fausse, est galement indiffrente pour l'homme. Aussi c'est uniquement parce que la tolrance absolue ne peut, comme nous l'avons observ, s'appliquer qu' ce qui est indiffrent, que la tolrance philosophique de toutes...
23 - ... demander l'impossible, c'est prescrire le repos absolu la matire, qui n'existe que par le mouvement. Mais si la tolrance absolue, ou l'indiffrence, est absurde et mme coupable entre des opinions vraies ou fausses , et par l ncessairement exclusives les unes des autres, la tolrance conditionnelle, ou le support mutuel, doit exister entre des hommes qui professent de bonne foi des opinions diffrentes. La ncessit de ce support...
22 - La question de la tolrance a presque toujours t prsente l'aide d'un jeu de mots. On a rclam la libert de penser, ce qui est un peu plus absurde que si l'on et rclam la libert de la circulation du sang. En effet, le tyran le plus capricieux comme le monarque le plus absolu ne peuvent pas plus porter atteinte l'une qu' l'autre de ces liberts; et Dieu lui-mme, qui laisse les hommes penser de lui ce...
20 - ... qu'il imagine. Il est intolrant en tout , parce qu'en tout il ya vrai et faux , bien et mal , ordre et dsordre ; bien et mal moral ; bien et mal philosophique ; bien et mal politique ; bien et mal littraire , oratoire , potique, etc. etc. : bien et mal dans les lois comme dans les arts; dans les murs comme dans les manires ; dans les procds comme dans les opinions; dans la spculation comme dans la pratique. Plus l'homme...
22 - La libert de penser n'tait donc que la libert d'agir; et comment exiger d'un gouvernement une tolrance absolue de la libert d'agir, sans rendre inutiles tous les soins de l'administration pour maintenir la paix et le bon ordre, ou plutt, sans renverser de fond en comble la socit ? Je finirai par une rflexion importante.
18 - ... corps; il est cras sous les ruines de ses difices , s'il les lve hors de la perpendiculaire ; il ne recueille aucun fruit de ses labeurs, s'il sme ou s'il moissonne avec une autre disposition de saisons que celle que la nature a prescrite pour la culture des terres; il prit lui-mme, s'il manque aux lois de la temprance sur les plaisirs, et mme sur les besoins. Les lois humaines ne sont que des dclarations publiques d'intolrance; et soit qu'elles prescrivent ou qu'elles...
20 - ... remarquez que les crivains qui ont le plus hautement rclam la tolrance sur toute autre matire , sont prcisment ceux qui ont port le plus loin l'intolrance littraire. La critique , entre les mains de Voltaire , n'a pas toujours fait grce aux plus beaux gnies du sicle prcdent ; et trop souvent elle a pris , envers les contemporains, le caractre du libelle diffamatoire, et jusqu'au ton outrageant et grossier de la plus vile populace. Et n'est-ce pas cet crivain...
22 - ... la raison du pouvoir, la rgle du devoir, la sanction des lois, la base de la socit ; lorsqu'il ya vrai et faux partout o les hommes portent leur raison ou leurs passions; vrai et faux en tout , et mme ...