Lettres de la marquise du Deffand Horace Walpole: crites dans les annes 1766 1780, auxquelles sont jointes des lettres de madame du Defand Voltaire, crites dans les annes 1759 1775. Publies d'aprs les originaux dposs Strawberryhill, 2

Firmin Didot frres, fils et cie, 1864
 

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417 - Praline (c'est une expression de madame de Luxembourg); je dois me borner ne vous dire que ce qui peut vous exciter me parler. Mais , monsieur, si vous aviez autant de bont que je voudrais , vous auriez un cahier de papier sur votre bureau, o vous cririez dans vos moments de loisir tout ce qui vous passerait par la tte. Ce serait un recueil de penses, d'ides, de rHexions que vous n'auriez pas encore mis en ordre.
265 - Ce roi , plus grand que sa fortune , Ddaignait comme vous une pompe importune ; On ne voyait jamais marcher devant son char D'un bataillon nombreux le fastueux rempart; Au milieu des sujets soumis sa puissance, Comme il tait sans crainte, il marchait sans dfense; Par l'amour de son peuple il se croyait gard.
314 - Au mme confesseur ont fait le mme aveu : En tel cas il importe peu Que ce soit Gauthier, que ce soit Garguille ; Mais Gauthier cependant me semble mieux trouv : L'honneur de deux cures semblables A bon droit tait rserv Au chapelain des Incurables .
416 - VOLTAIRE. Paris, 28 octobre 1759. Votre dernire lettre, monsieur, est divine. Si vous m'en criviez souvent de semblables, je serais la plus heureuse du monde et je ne me plaindrais pas de manquer de lecture ; savezvous l'envie qu'elle m'a donne, ainsi que votre parabole du Bramin? c'est de jeter au feu tous les immenses volumes de philosophie...
309 - Je soussign dclare qu'tant attaqu depuis quatre jours d'un vomissement de sang l'ge de quatre-vingtquatre ans et n'ayant pu me traner l'glise, M.
144 - ADIEU, ce mot est bien triste ; souvenez-vous que vous laissez ici la personne dont vous tes le plus aim, et dont le bonheur et le malheur consistent dans ce que vous pensez pour elle. Donnez-moi de vos nouvelles le plus tt qu'il sera possible. Je me porte bien, j'ai un peu dormi, ma nuit n'est pas finie ; je serai trs-exacte au rgime, et j'aurai soin de moi puisque vous vous y intressez.
344 - ... regrets, madame, sur la perte de cet homme incomparable, vous vous tes mise en droit de participer la reconnaissance que je dois ses crits. Je suis sans doute trs-sensible l'estime et la confiance que vous me marquez; il m'est bien flatteur de voir qu'elles sont hrditaires dans votre famille.
324 - Denis ; c'est une bonne grosse femme, sans esprit, mais qui a un gros bon sens, et l'habitude de bien parler, qu'elle a sans doute prise avec feu son oncle. Elle est (comme je crois vous l'avoir dj mand) sa lgataire universelle ; elle aura plus de...
443 - Vous ne savez point, et vous ne pouvez savoir par vous-mme, quel est l'tat de ceux qui pensent, qui rflchissent, qui ont quelque activit, et qui sont en mme temps sans talent, sans passion, sans occupation, sans dissipation; qui ont eu des amis, qui les ont perdus sans pouvoir les remplacer; joignez cela de la dlicatesse dans le got, un peu de discernement, beaucoup d'amour pour la vrit; crevez les yeux ces gens-l, et placez-les au milieu de Paris, de Pkin, enfin o...
195 - J'ai envie de vous crire ; il me semble que je vous dois rendre compte de tout ce qui m'intresse ; je ne sais pas trop pourquoi. Mademoiselle de Lespinasse est morte cette nuit, deux heures aprs minuit; c'aurait t pour moi autrefois un vnement , aujourd'hui ce n'est rien du tout.