Oeuvres compltes: Élments de littrature ; 1. 12

Verdire, 1818 - 576
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419 - Misrable! et je vis! et je soutiens la vue De ce sacr Soleil dont je suis descendue ! J'ai pour aeul le pre et le matre des dieux ; Le ciel , tout l'univers est plein de mes aeux : O me cacher?
208 - Quant aux volonts souveraines De celui qui fait tout, et rien qu'avec dessein, Qui les sait, que lui seul ? Comment lire en son sein? Aurait-il imprim sur le front des toiles Ce que la nuit des temps enferme dans ses voiles?
420 - Lorsqu'il verra sa fille ses yeux prsente, Contrainte d'avouer tant de forfaits divers, Et des crimes peut-tre inconnus aux Enfers ! Que diras-tu, mon Pre, ce spectacle horrible ? Je crois voir de ta main tomber l'Urne terrible, Je crois te voir, cherchant un supplice nouveau, Toi-mme, de ton Sang devenir le Bourreau. Pardonne. Un Dieu cruel a perdu ta Famille. Reconnais sa vengeance aux fureurs de ta Fille.
415 - De l'absolu pouvoir vous ignorez l'ivresse, Et des lches flatteurs la voix enchanteresse. Bientt ils vous diront que les plus saintes lois, Matresses du vil peuple^ obissent aux rois; Qu'un roi n'a d'autre frein que sa volont mme...
420 - O me cacher? Fuyons dans la nuit infernale. Mais que dis-je? mon pre y tient l'urne fatale; Le sort, dit-on, l'a mise en ses svres mains: Minos juge aux enfers tous les ples humains. Ah! combien frmira son ombre pouvante, Lorsqu'il verra sa fille ses yeux prsente, Contrainte d'avouer tant de forfaits divers, Et des crimes peut-tre inconnus aux enfers ! Que diras-tu, mon pre, ce spectacle horrible?
489 - Celui qui met un frein la fureur des flots Sait aussi des mchants arrter les complots. Soumis avec respect sa volont sainte, Je crains Dieu, cher Abner, et n'ai point d'autre crainte Cependant je rends grce au zle officieux Qui sur tous mes prils vous fait ouvrir les yeux.
200 - Dans le fond des forts allaient-ils se cacher? Hlas! ils se voyaient avec pleine licence. Le ciel de leurs soupirs approuvait l'innocence. Ils suivaient sans remords leur penchant amoureux. Tous les jours se levaient clairs et sereins pour eux.
416 - Entre le pauvre et vous, vous prendrez Dieu pour juge, Vous souvenant, mon fils, que cach sous ce lin, Comme eux vous ftes pauvre, et comme eux orphelin.
200 - J'attendais le moment o j'allais expirer; Me nourrissant de fiel, de larmes abreuve, Encor dans mon malheur de trop prs observe, Je n'osais dans mes pleurs me noyer loisir; Je gotais en tremblant ce funeste plaisir; Et sous un front serein dguisant mes alarmes, II fallait bien souvent me priver de mes larmes.
208 - Comme il disait ces mots , Du bout de l'horizon accourt avec furie Le plus terrible des enfants Que le nord et ports jusque-l dans ses flancs. L'arbre tient bon ; le roseau plie. Le vent redouble ses efforts , Et fait si bien qu'il dracine Celui de qui la tte au ciel tait voisine , Et dont les pieds touchaient l'empire des morts.