Oeuvres de Molire, 1

Menard et Desene, 1822
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253 - La ple est aux jasmins en blancheur comparable; La noire faire peur, une brune adorable; La maigre a de la taille et de la libert; La grasse est dans son port pleine de majest; La malpropre sur soi, de peu d'attraits charge...
257 - Hors qu'un commandement exprs du roi me vienne De trouver bons les vers dont on se met en peine, Je soutiendrai toujours, morbleu ! qu'ils sont mauvais, Et qu'un homme est pendable aprs les avoir faits.
220 - Non! tout de bon, quittez toutes ces incartades; Le monde par vos soins ne se changera pas ; Et, puisque la franchise a pour vous tant d'appas, Je vous dirai tout franc que cette maladie, Partout o vous allez, donne la comdie, Et qu'un si grand courroux contre les murs du temps Vous tourne en ridicule auprs de bien des gens.
253 - L'amour pour l'ordinaire est peu fait ces lois, Et l'on voit les amants vanter toujours leur choix: Jamais leur passion n'y voit rien de blmable, Et dans l'objet aim tout leur devient aimable; Ils comptent les dfauts pour des perfections, Et savent y donner de favorables noms. La...
223 - Oui, je vois ces dfauts dont votre me murmure, Comme vices unis l'humaine nature; Et mon esprit, enfin, n'est pas plus offens, De voir un homme fourbe, injuste, intress, Que de voir des vautours affams de carnage, Des singes malfaisants, et des loups pleins de rage.
232 - Monsieur, cette matire est toujours dlicate, Et sur le bel esprit nous aimons qu'on nous flatte. Mais un jour, quelqu'un dont je tairai le nom, Je disais, en voyant des vers de sa faon, Qu'il faut qu'un galant homme ait toujours grand empire Sur les dmangeaisons qui nous prennent d'crire...
283 - Oui, oui, redoutez tout aprs un tel outrage ; Je ne suis plus moi, je suis tout la rage : Perc du coup mortel dont vous m'assassinez, Mes sens par la raison ne sont plus gouverns, Je cde aux mouvements d'une juste colre, Et je ne rponds pas de ce que je puis faire.
233 - Quel besoin si pressant avez-vous de rimer? Et qui diantre vous pousse vous faire imprimer? Si l'on peut pardonner l'essor d'un mauvais livre, Ce n'est qu'aux malheureux qui composent pour vivre. Croyez-moi, rsistez vos tentations, Drobez au public ces occupations, Et n'allez point quitter, de quoi que l'on vous somme, Le nom que dans la cour vous avez d'honnte homme, Pour prendre de la main d'un avide imprimeur Celui de ridicule et misrable auteur.
219 - Je ne me moque point, Et je vais n'pargner personne sur ce point. Mes yeux sont trop blesss, et la cour et la ville Ne m'offrent rien qu'objets m'chauffer la bile : J'entre en une humeur noire, en un chagrin profond, Quand je vois vivre entre eux les hommes comme ils font; Je ne trouve partout que lche flatterie, Qu'injustice, intrt, trahison, fourberie; Je n'y puis plus tenir, j'enrage, et mon dessein Est de rompre en visire tout le genre humain.
216 - Morbleu ! c'est une chose indigne, lche, infme, De s'abaisser ainsi jusqu' trahir son me; Et si, par un malheur, j'en avais fait autant, Je m'irais, de regret, pendre tout l'instant. Philinte. Je ne vois pas, pour moi, que le cas...