Mmoires biographiques, littraires et politiques de Mirabeau, 6

 

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88 - Oui , monsieur, nous avons entendu les intentions qu'on a suggres au roi ; mais vous , qui ne sauriez tre son organe auprs de l'Assemble nationale , vous qui n'avez ici ni place , ni voix , ni droit de parler , vous n'tes pas fait pour nous rappeler son discours.
295 - Eh bien ! voici la liste des propritaires franais. Choisissez parmi les plus riches, afin de sacrifier moins de citoyens. Mais choisissez; car ne faut-il pas qu'un petit nombre prisse pour sauver la masse du peuple ? Allons, ces deux mille notables possdent de quoi combler le dficit. Ramenez l'ordre dans vos finances, la paix et la prosprit dans le royaume. Frappez, immolez sans piti ces tristes victimes, prcipitez-les dans l'abme; il va se refermer... Vous reculez d'horreur...
297 - Gardez-vous de demander du temps : le malheur n'en accorde jamais. Eh ! messieurs, propos d'une ridicule motion du Palais-Royal, d'une risible insurrection qui n'eut jamais d'importance que dans les imaginations faibles, ou les desseins pervers de quelques hommes de mauvaise foi, vous avez entendu nagure ces mots forcens : Catilina est aux portes de Rome, et l'on dlibre.
228 - Cependant, si l'on considre de sang-froid les principes et la nature d'un gouvernement monarchique, institu sur la base de la souverainet du peuple; si l'on examine attentivement les circonstances qui donnent lieu sa formation, on verra que le monarque doit tre considr plutt comme le protecteur des peuples que comme l'ennemi de leur bonheur. Deux pouvoirs sont ncessaires l'existence et aux fonctions du corps politique : celui de vouloir et celui d'agir. Par le premier, la socit...
296 - ... savourer les mets dont vous n'aurez voulu diminuer ni le nombre ni la dlicatesse?.. Non, vous prirez ; et dans la conflagration universelle que vous ne frmissez pas d'allumer, la perte de votre honneur ne sauvera pas une seule de vos dtestables jouissances.
240 - Elle suppose faussement qu'il est impossible qu'une seconde lgislature n'apporte pas le vu du peuple. 2. Elle suppose faussement que le Roi sera tent de prolonger son veto contre le vu connu de la nation. 3.
235 - ... plus d'autre moyen que d'en appeler son peuple, en dissolvant l'Assemble. Si donc alors le peuple renvoie les mmes dputs l'Assemble, ne faudra-t-il pas que le prince obisse? car c'est l le vrai mot, quelque ide qu'on lui ait donne jusqu'alors de sa prtendue souverainet, lorsqu'il cesse d'tre uni d'opinion avec son peuple et que le peuple est clair.
227 - Et moi, messieurs, je crois le veto du roi tellement ncessaire, que j'aimerais mieux vivre Constantinople qu'en France, s'il ne l'avait pas : oui, je le dclare, je ne connatrais rien de plus terrible que l'aristocratie souveraine de six cents personnes, qui demain pourraient se rendre inamovibles, aprs-demain hrditaires, et finiraient, comme les aristocrates de tous les pays du monde, par tout envahir.
126 - Dites-lui que ce Henri dont l'univers bnit la mmoire, celui de ses aeux qu'il voulait prendre pour modle, faisait passer des vivres dans Paris rvolt, qu'il assigeait en personne ; et que ses conseillers froces font rebrousser " les farines que le commerce apporte dans Paris fidle et affam.
214 - Je ne viens pas prcher la tolrance. La libert la plus illimite de religion est mes yeux un droit si sacr, que le mot tolrance, qui essaie de l'exprimer, me parat en quelque sorte tyrannique lui-mme, puisque l'existence de l'autorit , qui a le pouvoir de tolrer, attente la libert de penser, par cela mme qu'elle tolre , et qu'ainsi elle pourrait n pas tolrer.