Oeuvres compltes de Jean-Georges Lefranc de Pompignan: augmentes d'un grand nombre d'opuscules indits; principalement d'un Trait sur le jugement dernier et la rsurrection des morts; prcdes d'une notice historique /c par M. Emery. Suivies des oeuvres religieuses de J.-J. LeFranc Marquis de Pompignan, 1

 

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127 - Quelle douceur, quelle puret dans ses murs, quelle grce touchante dans ses instructions, quelle lvation dans ses maximes, quelle profonde sagesse dans ses discours, quelle prsence d'esprit, quelle finesse et quelle justesse dans ses rponses, quel empire sur ses passions ! O est l'homme, o est le sage qui sait agir, souffrir et mourir sans faiblesse et sans ostentation...
127 - Je vous avoue que la majest des Écritures m'tonne ; la saintet de l'Évangile parle mon cur. Voyez les livres des philosophes avec toute leur pompe, qu'ils sont petits prs de celui-l ! Se peut-il qu'un livre la fois si sublime et si simple soit l'ouvrage des hommes? Se peut-il que Celui dont il fait l'histoire , ne soit qu'un homme lui-mme?
127 - Jsus avait-il pris chez les siens cette morale leve et pure dont lui seul a donn les leons et l'exemple? Du sein du plus furieux fanatisme, la plus haute sagesse se fit entendre , et la simplicit des plus hroques vertus honora le plus vil de tous les peuples. La mort de Socrate philosophant tranquillement avec ses amis est la plus douce qu'on puisse dsirer; celle de Jsus expirant dans les tourments, injuri, raill , maudit de tout un peuple, est la plus horrible qu'on puisse...
197 - L'clectique est un philosophe qui, foulant aux pieds le prjug, la tradition, l'anciennet, le consentement universel, l'autorit, en un mot tout ce qui subjugue la foule des esprits, ose penser de lui-mme, remonter aux principes gnraux les plus clairs, les examiner, les discuter, n'admettre rien que sur le tmoignage de son exprience et de sa raison ; et de toutes les philosophies qu'il a analyses sans gard et sans partialit, s'en faire une particulire et domestique qui lui...
129 - Au fond, c'est reculer la difficult sans la dtruire ; il serait plus inconcevable que plusieurs hommes d'accord eussent fabriqu ce livre, qu'il ne l'est qu'un seul en ait fourni le sujet. Jamais des auteurs juifs n'eussent trouv ni ce ton, ni cette morale ; et l'Evangile a des caractres de vrit si grands, si frappants, si parfaitement inimitables, que l'inventeur en serait plus tonnant que le hros.
89 - Ds que les peuples se sont aviss de faire parler Dieu, chacun l'a fait parler sa mode, et lui a fait dire ce qu'il a voulu.
127 - Jsus expirant dans les tourments, injuri, raill, maudit de tout un peuple, est la plus horrible qu'on puisse craindre. Socrate prenant la coupe empoisonne bnit celui qui la lui prsente et qui pleure ; Jsus, au milieu d'un supplice affreux, prie pour ses bourreaux acharns.
85 - Fuyez ceux qui, sous prtexte d'expliquer la nature, sment dans les curs des hommes de dsolantes doctrines, et dont le scepticisme apparent est cent fois plus affirmatif et plus dogmatique que le ton dcid de leurs adversaires. Sous le hautain prtexte qu'eux seuls sont clairs, vrais, de bonne foi, ils nous soumettent imprieusement leurs dcisions tranchantes, et prtendent nous donner pour les vrais principes des choses les inintelligibles...
129 - Jamais des auteurs juifs n'eussent trouv ni ce ton ni cette morale; et l'Évangile a des caractres de vrit si grands, si frappants, si parfaitement inimitables, que l'inventeur en serait plus tonnant que le hros. Avec tout cela, ce mme Évangile est plein de choses incroyables, de choses qui rpugnent la raison, et qu'il est impossible tout homme sens de concevoir ni d'admettre.
137 - ... anciens. La religion mieux connue, cartant le fanatisme, a donn plus de douceur aux murs chrtiennes. Ce changement n'est point l'ouvrage des lettres; car partout o elles ont brill, l'humanit n'en a pas t plus respecte; les cruauts des Athniens, des Egyptiens, des empereurs de Rome, des Chinois, en font foi.