Les Gorgiques De Virgile: Traduction Nouvelle En Vers Franois, Enrichies de Notes & de Figures

Bleuet, 1770 - 348
 

 - 

.

-

283 - ... animaux; il leur commande, il rgne lui-mme la tte d'un troupeau; il s'y fait mieux entendre que la voix du berger: la sret, l'ordre et la discipline, sont les fruits de sa vigilance et de son activit; c'est un peuple qui lui est soumis, qu'il conduit, qu'il protge, et contre lequel il n'emploie jamais la force que pour y maintenir la paix.
221 - II a le ventre court, l'encolure hardie, Une tte effile, une croupe arrondie ; On voit sur son poitrail ses muscles se gonfler, Et ses nerfs tressaillir, et ses veines s'enfler. Que du clairon bruyant le son guerrier l'veille, Je le vois s'agiter, trembler, dresser l'oreille; Son pine...
20 - Pharsale et de Philippes, il rentre ingnieusement dans son sujet , et intresse le cultivateur au rcit de ces grands vnements , par ces vers admirables dans l'original : Un jour le laboureur , dans ces mmes sillons O dorment les dbris de tant de bataillons , Heurtant avec le soc leur antique dpouille , Trouvera, plein d'effroi, des dards rongs de rouille, Verra de vieux tombeaux sous ses pas s'crouler (a) , Et des soldats romains les ossements rouler.
62 - Prvoit-il qu'il doive affaiblir son auteur dans un endroit? qu'il le fortifie dans un autre ; qu'il lui restitue plus bas ce qu'il lui a drob plus haut ; en sorte qu'il tablisse partout une juste compensation, mais toujours en s'loignant le moins qu'il sera possible du caractre de l'ouvrage et de chaque morceau.
99 - ... les eaux de la mer ; La grue, avec effroi s'lanant des valles, Fuit ces noires vapeurs de la terre exhales ; Le taureau hume l'air par ses larges naseaux ; La grenouille se plaint au fond de ses roseaux ; L'hirondelle en volant effleure le rivage ; Tremblante pour ses ufs, la fourmi dmnage ; Et des affreux corbeaux les noires lgions Fendent l'air qui frmit sous leurs longs bataillons. Vois les oiseaux des mers et ceux que les prairies Nourrissent prs des eaux sur des rives...
51 - Or , l'harmonie de la prose ne saurait reprsenter celle des vers. La mme pense , rendue en prose ou en vers , produit sur nous un effet tout diffrent. Il ya dans La Bruyre et dans La Rochefoucauld autant de penses fines et vraies que dans Boileau. Or, on retiendra quarante vers de Boileau, contre dix lignes de ces deux auteurs. C'est que l'oreille cherche naturellement le rhythme , et surtout dans la posie.
257 - ... perfides boissons, N'ont jamais dans leur sang fait couler leurs poisons : Leurs mets, c'est l'herbe tendre et la frache verdure; Leur boisson, l'eau d'un fleuve ou d'une source pure; Sur un lit de gazon ils trouvent le sommeil , Et jamais les soucis n'ont ht leur rveil. Pour apaiser les dieux , on dit que ces contres Prparaient Junon des offrandes sacres : Pour les conduire au temple on chercha des taureaux; A peine on put trouver deux buffles ingaux. On vit des malheureux,...
157 - II se couvre d'pis , il fait mrir l'olive ; La vigne , si je veux , s'y marie aux ormeaux , Ou dans des prs fleuris il nourrit mes troupeaux. Telles on aime voir...
109 - Par ces revers sanglants dont elle fut la proie, Rome a bien effac les parjures de Troie. Hlas ! le ciel, jaloux du bonheur des Romains, Csar, te redemande aux profanes humains. Que d'horreurs en effet ont souill la nature ! Les villes sont sans lois, la terre sans culture ; En des champs de carnage on change nos gurets, Et Mars forge ses dards des armes de Crs.
277 - Elle est robuste, aise nourrir; presque toutes les herbes lui sont bonnes, et il y en a peu qui l'incommodent. Le temprament, qui dans tous les animaux influe beaucoup sur le naturel, ne parat cependant pas dans la chvre diffrer essentiellement de celui de la brebis.