Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau, 2

 

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379 - Enfin, plus je m'efforce de contempler son essence infinie, moins je la conois; mais elle est, cela me suffit ; moins je la conois, plus je l'adore. Je m'humilie, et lui dis : Être des tres, je suis parce que tu es ; c'est m'lever ma source que de te mditer sans cesse. Le plus digne usage de ma raison est de s'anantir devant toi : c'est mon ravissement d'esprit, c'est le charme de ma faiblesse, de me sentir accabl de ta grandeur.
368 - Vous vous fiez l'ordre actuel de la socit sans songer que cet ordre est sujet des rvolutions invitables, et qu'il vous est impossible de prvoir ni de prvenir celle qui peut regarder vos enfants. Le grand devient petit, le riche devient pauvre, le monarque devient sujet : les coups du sort sont-ils si rares que vous puissiez compter d'en tre exempt ? Nous approchons de l'tat de crise et du sicle des rvolutions...
554 - ... je vous veux du bien et je vous en ferai, si vous le trouvez bon. Mais si vous vous obstinez rejeter mon secours, attendez-vous que je ne le dirai personne. Si vous persistez vous creuser...
296 - Le plat ouvrage! Point de suite, point d'imagination; une philosophie froide et dplace; un berger et une bergre qui reviennent tous moments; des apostrophes sans cesse, tantt au bon Dieu, tantt Baechus; les murs et les usages d'aucun pays.
460 - Que d'carts on sauverait la raison, que de vices on empcherait de natre si l'on savait forcer l'conomie animale favoriser l'ordre moral qu'elle trouble si souvent!
475 - Tpervier un morceau de chair pour lui faire lcher sa proie. Enfin donc vous vous tes choisi une matresse tendre et vertueuse ! Cela n'est pas tonnant; toutes les matresses le sont. Vous vous l'tes choisie Paris ! Trouver Paris une matresse tendre et vertueuse , c'est n'tre pas malheureux. Vous lui avez fait une promesse de mariage ? Cher Deleyre, vous avez fait une sottise ; car si vous continuez d'aimer la promesse est superflue ; si vous cessez elle est inutile, et vous...
421 - Ou plutt, admirons un si beau plan, mais consolons-nous de ne pas le voir excuter ; car cela ne peut se faire que par des moyens violents et redoutables l'humanit. On ne voit point de ligues fdratives s'tablir autrement que par des rvolutions : et, sur ce principe, qui de nous oserait dire si cette ligue europenne est dsirer, ou craindre ? Elle ferait peut-tre plus de mal tout d'un coup qu'elle n'en prviendrait pour des sicles.
370 - Or, de toutes les occupations qui peuvent fournir la subsistance l'homme, celle qui le rapproche le plus de l'tat de nature est le travail des mains : de toutes les conditions, la plus indpendante de la fortune et des hommes est celle de l'artisan.
532 - ... gnie devenu depuis trop imprieux et trop clbre, hlas ! je ne vous verrai plus ! Ces clochers qui s'lvent au milieu des chnes et des sapins, ces troupeaux blants, ces ateliers, ces fabriques, bizarrement pars sur des torrents, dans des prcipices, au haut des rochers; ces arbres vnrables, ces sources, ces prairies, ces montagnes qui m'ont vu natre, elles ne me reverront plus. Brlez cette lettre, je vous supplie : on pourroit encore mal interprter mes sentiments.
365 - ... s'est obstin l'accuser de vouloir dtruire les sciences, les arts, les thtres, les acadmies et replonger l'univers dans sa premire barbarie, et il a toujours insist au contraire sur la conservation des institutions existantes, soutenant que leur destruction ne ferait qu'ter les palliatifs en laissant les vices et substituer le brigandage la corruption. Il avait travaill pour sa patrie et pour les petits États constitus comme elle.