uvres de Voltaire, 20

Lefvre, 1830
 

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307 - Toutes les sortes d'loquence y sont renfermes. Il n'ya pas un seul mot qui, depuis cent ans, se soit ressenti du changement qui altre souvent les langues vivantes. Il faut rapporter cet ouvrage l'poque de la fixation du langage.
160 - Pour toute ambition, pour vertu singulire, II excelle conduire un char dans la carrire, A disputer des prix indignes de ses mains, A se donner lui-mme en spectacle aux Romains, A venir prodiguer sa voix sur un thtre, A rciter des chants qu'il veut qu'on idoltre ; Tandis que des soldats, de moments en moments, Vont arracher pour lui les applaudissements.
317 - Je suis matre de moi comme de l'univers; Je le suis, je veux l'tre. 0 sicles ! mmoire ! Conservez jamais ma dernire victoire ; Je triomphe aujourd'hui du plus juste courroux De qui le souvenir puisse aller jusqu' vous. Soyons amis, Cinna, c'est moi qui t'en convie...
320 - C'tait un temps digne de l'attention des temps venir que celui o les hros de Corneille et de Racine, les personnages de Molire, les symphonies de Lulli, toutes nouvelles pour la nation, et (puisqu'il ne s'agit ici que des arts) les voix des Bossuet et des Bourdaloue se faisaient entendre Louis XIV, Madame, si clbre par son got, un Cond, un Turenne, un Colbert, et cette foule d'hommes suprieurs qui parurent en tout genre.
109 - Monsieur l'ambassadeur, j'ai toujours t le matre chez moi, quelquefois chez les autres; ne m'en faites pas souvenir.
221 - Quand on a l'tat en Vue, on travaille pour soi ; le bien de l'un fait la gloire de l'autre : quand le premier est heureux, lev, et puissant, celui qui en est cause en est glorieux, et par consquent doit plus goter que ses sujets , par rapport lui et eux , tout ce qu'il ya de plus agrable dans la vie. Quand on s'est mpris, il faut rparer sa faute le plus tt qu'il est possible , et que nulle considration n'en empche, pas mme la bont.
311 - Plein de la lecture des anciens , et n avec une imagination vive et tendre , il s'tait fait un style qui n'tait qu' lui , et qui coulait de source avec abondance. J'ai vu son manuscrit original ; il n'ya pas dix ratures : il le composa en trois mois , au milieu de ses malheureuses disputes sur le quitisme, ne se doutant pas combien ce dlassement tait suprieur ses occupations. On prtend qu'un domestique lui en droba une copie, qu'il fit imprimer: si cela est...
222 - Je n'ai pas profit de tous les avantages que je pouvais avoir, et tout cela par complaisance et bont. Enfin il a fallu que je lui ordonne de se retirer, parce que tout ce qui passait par lui perdait de la grandeur et de la force qu'on doit avoir en excutant les ordres d'un roi de France.
125 - On sait les malheurs qu'ont produits vos assembles; j'ordonne qu'on cesse celles qui sont commences sur mes dits. Monsieur le premier prsident, je vous dfends de souffrir des assembles, et pas un de vous de les demander*.
213 - Fortement est de n'oublier jamais les obligations que vous avez Dieu : souvenez-vous que vous lui devez tout ce que vous tes. Tchez de conserver la paix avec vos voisins : j'ai trop aim la guerre ; ne m'imitez pas en cela, non plus que dans les trop grandes dpenses