Le gnie du christianisme, 1-2

Firmin Didot frres, fils et cie, 1862
 

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141 - L'astre solitaire monta peu peu dans le ciel : tantt il suivait paisiblement sa course azure, tantt il reposait sur des groupes de nues qui ressemblaient la cime de hautes montagnes couronnes de neige. Ces nues, ployant et dployant leurs voiles, se droulaient en zones diaphanes de satin blanc, se dispersaient en lgers flocons d'cume, ou formaient dans les cieux des bancs d'une ouate blouissante, si doux l'il, qu'il croyait ressentir leur mollesse et leur lasticit.
268 - Je dois ma vie au peuple, au prince, sa couronne ; Mais je la dois bien plus au Dieu qui me la donne : Si mourir pour son prince est un illustre sort, Quand on meurt pour son Dieu, quelle sera la mort!
231 - Mais d'o vient que mon cur frmit d'un saint effroi ? Est-ce l'esprit divin qui s'empare de moi ? C'est lui-mme ; il m'chauffe ; il parle ; mes yeux s'ouvrent, Et les sicles obscurs devant moi se dcouvrent.
217 - Pour toi, pour l'univers, est mort en ces lieux mmes; En ces lieux o mon bras le servit tant de fois, En ces lieux o son sang te parle par ma voix. Vois ces murs, vois ce temple envahi par tes matres ; Tout annonce le Dieu qu'ont veng tes anctres. Tourne les yeux, sa tombe est prs de ce palais ; C'est ici la montagne o, lavant nos forfaits, II voulut expirer sous les coups de l'impie; C'est l que de sa tombe il rappela sa vie.
452 - Vidi presso di me un veglio solo, Degno di tanta reverenza in vista, Che pi non dee a padre alcun figliuolo. Lunga la barba, e di pel bianco mista Portava a' suoi capegli simigliante , De' quai cadeva al petto doppia lista.
306 - Son ombre vers mon lit a paru se baisser, Et moi je lui tendais les mains pour l'embrasser; Mais je n'ai plus trouv qu'un horrible mlange D'os et de chair meurtris et trans dans la fange, Des lambeaux pleins de sang, et des membres affreux Que des chiens dvorants se disputaient entre eux.
289 - II voit comme un nant tout l'univers ensemble; Et les faibles mortels, vains jouets du trpas, Sont tous devant ses yeux comme s'ils n'taient pas.
397 - Les sciences ont deux extrmits qui se touchent, la premire est la pure ignorance naturelle o se trouvent tous les hommes en naissant, l'autre extrmit est celle o arrivent les grandes mes qui, ayant parcouru tout ce que les hommes peuvent savoir, trouvent qu'ils ne savent rien et se rencontrent en cette mme ignorance d'o ils taient partis, mais c'est une ignorance savante qui se connat.
277 - Fuyez ceux qui, sous prtexte d'expliquer la nature, sment dans les curs des hommes de dsolantes doctrines, et dont le scepticisme apparent est cent fois plus affirmatif et plus dogmatique que le ton dcid de leurs adversaires. Sous le hautain prtexte qu'eux seuls sont clairs, vrais, de bonne foi, ils nous soumettent imprieusement leurs dcisions tranchantes, et prtendent nous donner pour les vrais principes des choses les inintelligibles systmes qu'ils ont btis dans leur...
223 - Des dieux que nous servons connais la diffrence : Les tiens t'ont command le meurtre et la vengeance ; Et le mien , quand ton bras vient de m'assassiner , M'ordonne de te plaindre et de te pardonner.