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N° 44. – Lettre de Turgot à Journet, intendant dAuch, au sujet de brigandages commis dans sa généralité. (V. liv. II, ch. xv, p. 316.)

27 juin 1775. J'ai lu avec beaucoup d'attention M., la lettre que vous avés pris la peine de m'écrire le 7 de ce mois au sujet des brigandages qui s'exercent par des particuliers qui enlevent des chevaux, des mulets et des anes, et qui les vendent ensuite en fraude dans les foires, je ne puis penser comme vous que ce soit le cas de rendre l'arrêt du conseil dont vous m'envoyés le projet, ce sont des vols qui doivent être punis et arrêtés par la justice ordinaire, si comme vous croyés ces brigandages sont l'effet d'un complot et d'une association étendue, il sufira de donner tous vos soins pour faire arreter un de ces voleurs, et les juges ordinaires et le Parlement pourront aisément developer tout ce complot et le faire punir selon les loix qui défendent le vol. Je suis très parfaitement.....

(Arch. nat., F. 12, 151.)

No 45. — Lettre de Turgot à Esmangard, intendant de Bordeaux, au sujet de la maladie épizootique. (V. liv. II, ch. xv, p. 318.)

Paris, 22 août 1775. La maladie épidémique qui a régné, Monsieur, et qui règne encore en France sur le gros bétail, mérite la plus grande attention. On est sur le point de rassembler dans un ouvrage ce que l'observation a présenté de plus intéressant à cet égard. Il seroit très-avantageux de comparer cette épizootie avec les maladies populaires qui ont attaqué les hommes dans le même tems. C'est ainsy que l'on pourroit avoir ce que les medecins appellent constitution de l'année. Pour remplir ces vues, il faudroit que les médecins des villes principales de la France, et même des campagnes ou regnent le plus communement les épidémies, voulussent bien m'adresser leurs mémoires. Mon dessein est qu'on les rassemble en un corps complet d'ouvrage. Je ne doute point que votre zèle et votre amour pour le bien public ne vous y fassent contribuer autant qu'il est en vous. Je vous prie donc de faire aux médecins les plus instruits de votre genéralité les questions contenues dans la note cy jointe, et de les presser sur la réponse parceque l'ouvrage doit paroitre incessament. Je suis, Monsieur, votre tres humble et tres obeissant serviteur,

TURGOT.

(Sign. aut.) (Arch. dép. Gir., C. 74.)

No 46. — Lettre de Turgot à Le Bègue de Presle, au sujet de la publication d'un ouvraye sur l'Epizootie. (V. liv. II, ch. xv, p. 318.)

12 septembre 1773. Je ne vois pas, Monsieur, un grand inconvénient a permettre l'impression de l'ouvrage dont vous me parlez puisqu'il est sagement écrit et exemut de toute personalité contre les artistes que le gouvernement a chargé de faire des expériences, cependant si cet ouvrage contient de bonnes réflexions dont on puisse faire usage lauteur me ferait plaisir de me communiquer son manuscrit, le gouvernement a pris des mesures qui luy ont paru les plus propres a arreter ce terrible fléau mais il ne veut scavoir que la vérité. Je suis.....

(Arch. nat., F. 12, 151 )

N° 47. Lettre de Turgot à Journet, intendant dAuch, au sujet de

l'épizootie et de propos séditieux tenus par des habitants de la généralité. (V. liv. II, ch. xv, p. 320.)

28 sept. 1775. Il m'est revenu, M., que quelques particuliers de votre généralité bien loin de contribuer en ce qui pourrait dépendre d'eux au succès des mesures qui sont prises pour garantir de la maladie épizootique, les paroisses, qui se trouvent intactes, s'avisent de tenir contre l'administration des discours aussi indécents que dangereux, je vous avoue que je ne puis concevoir, quel est le but d'une conduite aussi déplacée. Lorsque le Gouvernement s'est porté à ordonner des précautions contre ce fléau il a prescrit toutes celles qui lui ont paru les plus propres a em pécher la contagion de se communiquer, et il est très-certain que des discours de l'espèce dont il s'agit ne peuvent qu'occasionner du désordre et nuire entierement au bien de la chose. Comme il est essentiel de ne les pas souffrir, je vous prie de faire faire des perquisitions pour tâcher de découvrir ceux qui en sont les auteurs; et dans le cas auquel on vous en dénoncerait quelques uns, vous voudriez bien leur en témoigner tout mon mécontentement, et leur faire scavoir en même temps que s'ils continuent leurs propos séditieux, sur l'avis que vous m'en donnerez, je prendrai aussitôt les ordres du Roi pour les faire punir comme ils le méritent. Je suis.....

(Arch. nat., F. 12, 151.)

No 48. – Lettre de Turgot au baron de Cadignan, au sujet de l'épizootie. (V. liv. II, ch. xv, p. 319 et 323.)

Du ler novembre 1775. M. le Baron de Cadignan. C'est avec la peine la plus sensible M., que j'apprends tout ce que vous me mandés de l'inexécution des ordres du Roy dans le pays dans lequel vous commandés et des suites terribles de cette inexecution. J'ay déja appris depuis quelque tems tout le desordre qui regne dans ces opérations, et il n'est pas difficile de se faire une idée des dangers de ce desordre; j'en ay déjà écrit à M. Journet, c'est inutilement qu'on a fait compter au roy des sommes immenses pour payer le tiers des animaux assommés. Si on ne prend ce parti que pour ceux qui étaient prets a périr des suites de la maladie, ce sacrifice devient inutile au bien de la chose, puisque ces animaux ont pu communiquer la maladie, pendant tout le tems qu'on a perdu a les cacher et a essayer des remèdes inutiles, et le propriétaire reçoit très injustement le tiers du prix puisqu'il ne fait aucun sacrifice en consentant à la perte d'un animal prêt à expirer et qui n'a aucune valeur, j'ay compris dès le premier moment combien il serait à désirer que les mesures à prendre contre un mal aussi étendu fussent dirigées par les mêmes vües et d'après un sistème uniforme, j'ay proposé plusieurs fois à M. le Marechal de Mouchy de nommer un commendant en chef, mais il a toujours été arreté par la considération des différens commandemens qui partagent ces Provinces, je ne perds pas un moment, pour proposer à M. le Comte de St-Germain d'examiner de nouveau de concert avec M. le Maréchal de Mouchy et M. le Comte de Perrigord le party qu'exigent ou que permettent les circonstances. Je vous manderay le résultat de notre coniérence sur cet objet.

Je suis aussi afligé que vous du retard qui a lieu pour le payement du tiers des animaux sacrifiés, mais les sommes sont si considérables que les receveurs généraux ont bien de la peine à pouvoir y satisfaire, j'ay cru voir par les états que M. Journet m'a envoyé qu'il y avoit dans ses dépenses beaucoup de faux frais qu'il auroit été à désiré d'épargner, tels sont les salaires d'une quantité prodigieuse de trésoriers et préposés qu'il a établis et auxquels il faut faire des fonds d'avance. Il m'a paru qu'il serait facile d'épargner cette dépense inutile en chargeant les subdélégués de donner des mandemens sur les collecteurs qui auraient acquitté facilement ces dépenses sans frais et qui en auraient rapporté les quittances pour comptant, cette méthode est plus expéditive, bien plus économique et moins sujette a abus, mais ce qui m'a effrayé, c'est l'abus énorme de faire payer ce tiers à des propriétaires qui bien loin de le mériter, seraient dans le cas d'ètre punis par une amende pour n'avoir pas fait leurs déclarations de la maladie de leurs Bestiaux dans le tems qui leur est indiqué.

J'étais bien persuadé de l'inutilité des methodes curatives qui ont été employées, ce que vous me mandés me le démontre, il est donc bien important de ne plus s'amuser à toutes ces illusions et d'en revenir à l'execution rigoureuse des arrêts du conseil, du moins dans les parties limitrophes du pays infecté, et d'ou il est à craindre que la contagion ne s'étende dans les parties saines, je vois avec peine la nécessité que vous m'annoncés d'évacuer une partie considérable du terrain que vous occupiés avec le petit nombre de troupes que vous êtes obligé de faire replier. Je ne doute pas que le mal ne s'y augmente considérablement, je demande en conséquence à M. le comte de S' Germain de faire passer de nouvelles troupes à vos ordres.

Quant à ce que vous me mandés sur l'inexecution des punitions elles sont ordonnées par des arrets du Conseil dont l'exécution est confiée aux intendans. Cette justice peut être aussi prompte et plus prompte que la justice prévôtale, je ne concois pas qu'elle éprouve la lenteur dont vous me parlez, je ne manquerai pas de nommer à M' le Comte de S' Germain les officiers dont vous faites mention dans votre lettre et je le prieray de remettre leurs noms sous les yeux du Roy pour leur obtenir des marques de satisfaction de Sa Majesté sur le témoignage honorable que vous donnés de leur service. j'ay l'honneur...

(Arch, nat., F. 12, 151.)

N° 49. — Lettre de Turgot à Vicq d'Asyr, au sujet de sa mission dans le Midi. (V. liv. II, ch. xv, p. 323.)

Jer nov. 1775. Je ne puis, M., que vous marquer toute ma satisfaction du compte que vous me rendez de l'objet de votre mission, je suis très aise que vous avés été content de Mr le Baron de Cadignan, je n'en doutois pas sachant l'intelligence et l'activité qu'il a mis jusqu'icy dans le service dont il a été chargé. Vos observations me paraissent si essentielles que malgré le désir que je vous connais de revenir dans ce pays ci, je crois tres important que vous demeuriez à Toulouse jusqu'a ce qu'on ait commencé à exécuter les nouvelles instructions que le Roy se propose d'envoyer. Je crois utile que vous retourniés aussi à Bordeaux, vous ferez le sacrifice de vos cours j'en sens tout le prix, mais vous êtes trop bon citoyen pous vous y refuser, je n'ay pas besoin de vous dire que le Roy vous en dédommagera amplement, et quant à votre réputation le succès des opérations dont vous êtes chargé par le gouvernement ne peut que l'augmenter. Je suis votre bien humble et très affectionné serviteur.....

(Arch. nat., F. 12, 151.)

No 50. — Lettre de Turgot à Esmangard, intendant de Bordeaux, au sujet de la confection des rôles des vingtièmes. (V. liv. II, ch. XVII, p. 336.)

Fontaiuebleau 18 octobre 1775. Il est nécessaire, Monsieur, de s'occuper dans ce moment de la confection des rôles des vingtièmes de l'année 1776... Ils ne doivent contenir aucune augmentation qui ne soit le résultat certain d'une vériffication faite avec la plus grande exactitude ou qui ne soit fondée sur des Baux ou autres actes équivalents. Toute augmentation arbitraire seroit répréhensible aux yeux de Sa Majesté et le Roy desaprouveroit ceux qui en feroient usage pour accroitre le produit des vingtièmes... Il faudra prendre les mesures convenables pour que dans le cours de l'année prochaine la répartition de cette somme (le montant des vingtièmes) soit faite entre les paroisses et entre les contribuables de manière que dans les paroisses qui auront été vérifiées les propriétaires puissent regarder leur imposition aux vingtièmes comme stable et à l'abri de toute augmentation...

Je ne puis trop vous le répéter, il ne faut point s'occuper d'augmentation sur les vingtièmes; le Roi fait à ses peuples le sacrifice de celles que donneroient les travaux suivis des controleurs. Leur zèle et leurs efforts ne doivent plus avoir d'autre objet que de faciliter une meilleure répartition... Je ne doute point que le Directeur et les Controleurs de votre généralité ne sentent toute l'importance de leurs fonctions, il faut qu'ils se regardent comme les cooperateurs d'une juste et sage répartition, qu'ils écartent de leurs travaux toute espèce de partialité, ils ne doivent s'appliquer uniquement qu'à établir une juste proportion entre les contribuables. Ne travaillant plus que pour le bonheur et la tranquillité des peuples, ils ont droit de prétendre à toute leur estime et à leur confiance. Faites, je vous prie, de votre côté tout ce qui sera en vous pour faire connaître aux habitants de votre généralité les véritables intentions du Roi, rassurés les pleinement contre toutes les craintes qu'ils ont pu avoir jusqu'à ce jour d'éprouver des augmentations qui pourraient accroître le produit des vingtièmes. Que la confiance renaisse... Je suis, Monsieur, vetre tres humble et tres obeissant serviteur,

TURGOT.

(Sign. autog.) (Arch. dép. Gir., C. 74.)

N° 51. Lettre de Turgot à l'Intendant de Bordeaux, au sujet du marc d'or. (V. liv. II, ch. XVII, p. 339.)

Paris 2 décembre 1775. Il m'a paru juste, Monsieur, de modérer la fixation des droits de marc d'or, que les villes, communautés et hopitaux sont dans le cas de payer pour les prorogations et concessions d'octrois. Cette fixation qui se faisait ci devant a raison des quarantieme du produit des années pour lesquelles la concession ou prorogation étoit accordée, ne se fera plus à l'avenir qu'a raison du centième : vous voudrés bien en prévenir les villes communautés et hopitaux qui seront dans le cas. Je suis, Monsieur, votre tres humble et tres obeissant serviteur,

TURGOT.

(Sign, autog.) (Arch. dép. Gir., C. 74.)

N° 52. – Lettre de Turgot à lIntendant de Bordeaux au sujet des états imprimés concernant les prix des grains. (V. liv. II, ch. XVII, p. 340.)

12 déc. 1775. J'adresse, Monsieur, directement à votre intendance les états imprimés concernant les prix des grains et denrées; je vous prie de donner vos ordres pour les faire distribuer à vos subdélégués, et leur recommander de les remplir bien exactement du prix des blés à raison de la mesure locale et du setier de Paris; que les prix du froment y soient distingués par qualités et jours de

marchés ainsy que les prix des différentes qualités de pain, et qu'il soit fait mention dans la colonne d'observations des causes des augmentations ou des diminutions qui pourront survenir dans les prix. Je vous prie encore Monsieur de recommander à vos subdélégués de continuer d'envoyer ces états tous les 15 jours à M. de Fargès aussitôt que les derniers jours de marché de chaque quinzaine sera expiré; vous voudrés bien leur mander qu'ils y apportent la plus grande exactitude; il s'en trouve toujours quelques uns dans le nombre qui se négligent dans le cours de l'année et qui se permettent de n'envoyer la première quinzaine qu'avec la seconde : l'usage que M. de Fargés fait de ces états exige qu'il les recoive aussi promptement que je vous les demande. Je suis, Monsieur, votre tres humble et tres obeissant serviteur,

TURGOT.

(Sign, autog.) (Arch. dép. Gir., C. 74.)

N° 53. – Lettre de Turgot à M. de Crosne, intendant de Rouen, concernant

la femme Hervien qui demandait la permission de travailler à la couture. (V. liv. II, ch. XVII, p. 340.)

15 déc. 1775. M. Trudaine m'a fait voir, M., la lettre que vous luy avés écrite le 3 de ce mois au sujet de la demande du nommé Hervien journalier à Rouen, tendante à ce que sa femme soit autorisée à travailler avec ses enfants du metier de couturière sur ce que vous observés que ce particulier est pauvre et d'une faible santé et que sa femme a tous les talents nécessaires pour ce métier, sans pouvoir se faire recevoir maîtresse, je pense comme vous qu'il est juste de venir à son secours, j'approuve en conséquence que vous rendiez une ordonnance pour accorder comme vous le proposés à la femme Hervien la faculté de travailler chez elle avec ses enfants du métier de couturière, et de porter ses ouvrages en ville, sans cependant qu'elle puisse employer des ouvrières étrangeres; en faisant défenses tant aux gardes couturières qu'aux gardes tailleurs de faire sur elle aucune saisie tant qu'elle travaillera seule avec ses enfants. Je suis...

(Arch. nat., F. 12, 151.)

N° 54. Lettre de Turgot à lIntendant de Bordeaux, concernant la suppression d'emplois inutiles. (V. liv. II, ch. XVII, p. 341.)

Versailles 16 déc. 1774. Le Roi, Monsieur, s'étant fait rendre compte des abus qui se sont introduits dans l'exercice des priviléges attachés aux emplois de regratiers revendeurs de sel à la petite mesure, marqueurs de cuirs, controlleurs de la Poudre, controlleurs du papier et autres, Sa Majesté a cru qu'il était de sa justice de réprimer ces abus. L'on a multiplié dans beaucoup de lieux ces commissions sans objet, sans utilité pour la perception des droits du Roi. Ceux qui en sont revêtus se soustraient aux charges publiques, quoiqu'ils partagent avec les autres habitants, les avantages qui leur sont communs, quoi qu'ils fassent le commerce et se livrent à d'autres fonctions que celles de leur emploi; les habitans sont réduits dans plusieurs Paroisses, à la nécessité de confier le recouvrement des impositions à des personnes insolvables, parce que les autres se font revêtir de ces commissions pour s'affranchir de la collecte et des autres charges de l'Etat. Sa Majesté m'a ordonné de vous mander que son intention étoit que conformément à la Déclaration de 1680, tout employé qui ne se borne point à sa simple commission, rentrat dans la classe ordinaire des taillables et suportât les charges publiques dans la même proportion que les autres.

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