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qu'il pourroit bien l'orsqu'il s'est fait rendre cette somme en 1772, avoir oublié qu'elle n'avoit pas été déduite en 1769, en vérité cela vaut la peine d'être vérifié. Vous connaissez, Monsieur, tous mes sentiments pour vous...

(Arch. nat., H. 1416, min. autog.)

N° 36. — Lettre de Turgot à (?) d'Ormesson, au sujet de l'intendant Fontette.

(V. liv. II, ch. viii, p. 247.)

Ce, mercredi matin. (Pas d'autre date.) Le maire de Caen me dit, Monsieur, que M' De Fontette luy a dit que l'arrêt du Conseil qui ordonne l'achat de sa maison et des deux voisines ordonne en même temps qu'il continuera à toucher les 1,500 fr. de la ville pour son logement, et que cette somme seroit employée en réparations.

Il est aisé de vérifier ce fait, et vous pourrés me dire demain ce qui en est. Vous connoissés Monsieur tout mon attachement...

(Arch. nat., H. 1416, min. autog.)

N° 37. Lettre de Turgot au Garde des Sceaux Miroménil, au sujet

de l'affaire Fontette. (V. liv. II, ch. viii, p. 247.)

Mardi matin. (Pas d'autre date.) Monsieur Turgot s'est avisé de jetter un nouveau coup d'eil sur les états des travaux de charité envoyés par Monsieur de Fontette, et il y a fait des découvertes qui ont échappé aux yeux de M. D'Ailli et qui malheureusement inculpent M' De Fontette a un point dont Monsieur le Garde des Sceaux jugera s'il veut prendre la peine de lire les notes marginales que M. Turgot a mises au mémoire de Mr D'Ailli.

On vous dira peut être que tout ceci n'est qu'une erreur d'arithmétique, en effet si au lieu d écrire au bas du compte reste en caisse 2,637' 136d on avoit écrit 7,314' 128 64 il n'y aurait eu rien a reprendre et Mr le Garde des Sceaux est sans doute aussi persuadé que moi que cette somme est en effet dans la caisse. Je le prie de recevoir les assurances de mon attachement...

(Arch. nat., H. 1416, min. autog.)

N° 38. — Turgot à (?) d'Ormesson au sujet de l'affaire Fontette.

(V. liv. II, ch. viii, p. 247.)

Dimanche soir. (Pas d'autre date.)

M" De Maurepas revient demain à Paris, Monsieur, ainsi nous remettrons à finir l'affaire en question. Vendredi je serai à Versailles et nous pourrons travailler jeudi matin à Paris avec MP D'Ailli. Vous pourrez m'apporter le memoire mis au net et je crois qu'il sera bon d'en avoir deux exprés.

Je le trouve très bien cependant, je crois qu'on pourrait développer d'avantage la contradiction de la lettre de juillet 1768 et de celle de janvier 1769 sur les intérêts; en lisant les pièces même cette contradiction paroit bien plus scandaleuse. 2° L'affaire des Ponts et Chaussées pourroit être plus détaillée d'après le mémoire remis par Mr Tr. et qui est dans le même dossier que la rente de Jacquelin. La conduite vis a vis du sous ingénieur et la maneuvre des rentes envoyées aux signataires par un piqueur est bien extraordinaire. 4° Le fait de l'association de Jacquelin avec le Receveur de M' De Fontette est constant et avoué par celui-ci. 5° M" D'Ailli doit avoir reçu la nouvelle requete de Jacquelin et l'ordonnance de Mr De Fontette qui casse toutes les adjudications de celui cy sans motif, et pour le punir de ses plaintes. 6° Les réfexions qui naissent du fait même peuvent n'être pas inutiles surtout si on laisse le mémoire à Monsieur, pour le lire; M' D'Ailli pourroit d'ici a jeudi faire les changemens que je propose au mémoire et en faire faire les deux copies au net. Vous connoissés, Monsieur, tout mon attachement.

(Arch. nat., H. 1416, min. autog.)

N° 39. – Lettre de Turgot à l'intendant Fontette qui demandait une place de consciller d'Etat. (V. liv. II, ch. viii, p. 247.)

Paris, le 23 juin 1775. M. De Fontette, intendant à Caen, J'ay reçu Monsieur, à Reims ou j'quois suivi le Roi, votre lettre du 8, il ne faut pas vous etonner du retard de mes réponses, vous embrassés tant de choses dans vos lettres, et permettés moi de vous le dire, vous y confondés tant de choses que ce seroit un long travail que d'y répondre article par article. Sans entrer dans un détail d'argumentation qui ne convient ni a vous ni a moi, je vous dirai que je n'ay jamais varié dans ma façon de penser, sur la réunion de la place de conseiller d'Etat avec l'intendance de Caen, par conséquent, je n'ay jamais dit ni pu dire à Monsieur que je me preterois à cette réunion, si Ñ' le Garde des Sceaux y consentoit.

J'ay toujours pensé qu'il n'étoit ni du bien de la chose ni désirable pour vous que vous restassies intendant de Caen, et avant qu'il fut question de l'affaire de vos vingtièmes, j'ay pensé qu'il convenoit de vous donner la premiere place de conseiller d'Etat, je m'en suis expliqué ainsi avec M' de Maurepas et avec Mr le Garde des Sceaux. Lorsque M. d'Ormesson m'eut rendu compte des imputations qui vous ont été faites par le sieur de Langlade, et des premières preuves qu'il en donnoit, je crus devoir avant d'en parler à qui que ce soit prendre des mesures pour m'assurer de l'exactitude des faits. Lorsque j'eus devant les yeux les pièces qui établissent ces faits, j'en conferay de nouveau avec M' De Maurepas et Mr le Garde des Sceaux. Nous crumes devoir vous communiquer le tout et devoir même en prévenir sous le secret, Monsieur, qui pressoit journellement M. le Garde des Sceaux et moi sur la réunion de la place de conseiller d'Etat à l'intendance. Vous avés répondu sur les imputations qui vous avoient été communiquées. Vous êtes convenu de tous les faits, mais vous avez soutenu que le sieur Langlade avoit seul agi a votre insçu, cela suppose une négligence excessive de votre part sur vos propres affaires. Cet excès de négligence est possible, et la présomption résultante de votre état, de vos services, de votre réputation, de la modicité de l'intérêt que vous aviez a commettre une prévariation de cette espèce, doit balancer l'invraisemblance de votre défense, j'aime à me livrer à cette présomption favorable, et sans doute c'est par une suite des memes dispositions que M. le Garde des Sceaux paroit vous destiner la place de conseiller d'Etat, car vous ne vous dissimulez pas sans doute que si le résultat de notre examen avoit été de vous juger coupable, il n'auroit pas été plus possible de vous nommer conseiller d'Etat que de vous laisser intendant de Caen. Ainsi, Monsieur, l'objet sur lequel nous avons eu a nous décider n'a jamais été si vous resteriez intendant, mais s'il étoit possible de vous faire conseiller d'Etat. Ce n'est donc point vous condamner que de vous faire conseiller d'Etat; ce n'est point vous déshonnorer comme vous voulés le prétendre, c'est au contraire vous honnorer.

Voila, Monsieur, ce que je pense et ce que j'ay dit à Me de Fontette. Vous ne pouvez croire dites-vous, qu'au moment ou vous êtes à cinquante lieues pour le service du Roi, un Ministre équitable décide irrévocablement de votre sort sans vous entendre. Je ne conçois rien à une pareille plainte, vous savés bien que vous avez été entendu, lors que les circonstances ont exigé que vous repartissiez pour la province. M. le Garde des Sceaux, Mr de Maurepas et moi, nous devions nous assembler et rendre compte de nouveau à Monsieur de la position de votre affaire, depuis ce moment tout a été suspendu, l'on a senti l'inconvénient de vous laisser dans ces circonstances, vis-à-vis du Si de Langlade, en conséquence on lui a ordonné de venir à Paris, je ne vois là aucun jugement; je ne vois rien non plus qui y ressemble. Quant à ce que j'ay dit à Made de Fontette, il falloit bien que je lui expliquasse ma façon de penser, puisqu'elle me faisoit l'honneur de me le demandér. Je ne pouvois ni refuser de luy répondre ni luy parler autrement que je pensois, je ne puis vous parler autrement qu'a elle, parce que je pense toujours que si Mi le Garde des Sceaux vous nomme conseiller d'Etat, cette grace sera la meilleure réponse que vous puissiés donnér a tout ce qu'on a pu dire contre vous. Je suis etc.

(Arch. Nat., H. 1416, min, autog.)

N° 40. — Lettre de Turgot à Esmangard, intendant à Bordeaux, au sujet du rôle d'office fait dans la paroisse de Génissac. (V. liv. II, ch. X, p. 270.)

Versailles 14 juillet 1775. M. d'Ormesson m'a fait part, Monsieur, de ce que vous lui avés mandė le 20 juin dernier relativement au rôle d'office fait dans la paroisse de Genissac, et j'ai examiné avec lui le projet d'arrêt que vous proposés au Conseil de rendre. Je ne vous dissimulerai point que j'en ai trouvé les dispositions trop rigoureuses et que je n'ai point cru devoir l'adopter.

Vous proposés de faire interdire le notaire, pendant trois mois, pour avoir reçu une délibération signée du sindic d'une communauté de cinq collecteurs et de treize habitants. Je ne vois pas sur quel motif on peut prononcer cette interdiction. Cet officier public ne devoit point refuser son ministère lorsqu'il est requis. Je n'ai rien remarqué, non plus dans la délibération rendue des formalités requises qui puisse blesser votre autorité, ni qu'on ait manqué en rien à votre commissaire. Cette délibération contient des représentations de la part des habitants convaincus de l'inutilité d'une taille d'office demandée par deux ou trois particuliers qui, faisant un commerce considérable, esperoient, au préjudice des autres taillables, une forte diminution sur leurs impositions. Dans l'acte du 7 mai ils s'expriment avec des témoignages de respect et de déférence pour le commissaire, en le suppliant de se transporter dans la maison préparée au centre de la paroisse.

Ces habitants seroient punissables sans doute d'avoir refusé de donner leurs déclarations, les collecteurs le seroient également s'ils avoient persisté à ne point faire leur répartition en présence de ce commissaire chargé de les éclairer dans leur répartition et d'empêcher l'effet des passions et des haines particulières. Mais il paroit que la persévérance du commissaire à ne point quitter la maison éloignée de la paroisse et à ne point accepter celle que l'on lui offroit dans le centre, a été la seule cause des petites discutions sur lesquelles enfin les habitants ont cédé, ils ont fini par obéir aux volontés du commissaire. D'après cela je ne vois rien d'assés grave pour attirer des châtiments au notaire et aux délibérants. Je pourrois bien vous observer que ce n'étoit point au mois de mai que ce commissaire nommé en septembre devoit s'occuper de ce rôle d'office, trois termes de la taille étant échus, Ce retard pouvoit être très nuisible au recouvrement et un rôle d'office fait dans ce temps pouvoit être plus préjudiciable qu'utile à cette communauté. Je suis, Monsieur, votre tres humble et tres obeissant serviteur,

TURGOT.

(Sign. autog.) (Arch. dép. Gir., C. 71.)

No 41. – Lettre de Turgot à l'abbé Bossut, en le chargeant

d'un cours d'hydrodynamique. (V. liv. II, ch. XI, p. 284.)

Versailles, ler oct. 1775. « Il seroit difficile, Monsieur, de compter les différens genres de travaux dont l'avantage de l'Etat prescrit à l'Administration de s'occuper essentiellement et dont le succès ne peut être fondé que sur la perfection de l'art de modifier ou de diriger l'action et le cours des Eaux; opposer des digues à l'impétuosité de la mer, conquérir sur elle des terrains nouveaux, garantir de ses ravages ceux qu'elle menace d'engloutir, creuser des ports, empêcher les anciens de se combler par les dégâts de la mer ou par ceux des rivieres qui s'y jettent. donner autant, qu'il est possible, aux torrens et aux fleuves un lit certain et défendre les campagnes des inondations, assurer et perfectionner la navigation des rivières déjà navigables, rendre navigables celles qui ne le sont pas, réunir les rivières et les mers par des canaux de communication, féconder les terres arides en y conduisant l'eau dont elles manquent, ouvrir ailleurs des écoulemens aux eaux qui infectent l'air par leur séjour, substituer aux moulins qui noyent les prairies, des usines mieux entendues : Quelle foule d'entreprises utiles s'offrent à l'industrie des particuliers et au soin de l'administration! Quels biens n'en doivent pas résulter un jour pour les sujets et l'Etat!

Le Roi, qui désire vivement de procurer à ses peuples toutes sortes d'avantages, se propose de faire suivre avec la plus grande activité les ouvrages déjà commencés en ce genre et de les multiplier autant qu'il sera possible. Chargé de l'exécution de ses vues, je ne me dissimule pas l'obstacle qu'y met l'imperfection où est jusqu'ici la science du mouvement des fluides nécessaire pour les diriger, et surtout l'espèce de séparation qui se trouve encore dans cette science entre la spéculation et la pratique. Des génies du premier ordre ont établi des théories profondes; mais ces théories sont trop peu applicables à la pratique; trop peu connues de la plus grande partie des hommes d'art qui ont à opérer. Ceux-ci sont dans le plus grand nombre de cas réduits à travailler d'après des principes précaires, qui ont besoin le plus souvent d'être modifiés par une sorte de tâtonnement fondé sur la seule routine.

Il est donc nécessaire pour être en état de projetter et d'exécuter avec sûreté, et pour n'être pas exposé à tomber dans des erreurs ruineuses, de travailler à perfectionner l'art même, à en répandre la connaissance, à former un grand nombre d'artistes, qui réunissent à l'étude des vrais principes de la théorie le secours de l'expérience, qui sachent les concilier ou les suppléer l'une par l'autre, et en tirer des règles sûres pour opérer avec succès et vaincre les difficultés.

J'ai cru ne pouvoir mieux atteindre ce but, qu'en établissant un enseignement public, où les jeunes gens puissent s'instruire également dans la théorie et dans la pratique.

Le succès de vos ouvrages sur l'hydraulique et le suffrage que les plus célèbres géomètres de l'Europe leur ont accordé, ont déterminé le Roi à vous choisir pour vous charger de cet enseignement.

L'intention de S. M. est donc, Monsieur, que vous donniez chaque année, à commencer au mois de novembre prochain, un Cours public d'hydraulique dans une salle qui vous sera indiquée à cet effet. Vous publierez un Programme où vous marquerez l'ordre, le nombre, l'heure et la durée de vos lecons.

Je serai souvent dans le cas de vous consulter sur la capacité des sujets qui auront suivi votre cours, et j'espère que vous voudrez bien en rendre compte avec l'intégrité et le zele qu'on vous connoît depuis longtemps.

Je suis avec toute l'estime possible, Monsieur, votre très-obéissant serviteur,

TURGOT. » (Bach ., Mém. secr., VIII, 307-310.)

N° 42. Lettre de Turgot à M. de Flesselles, intendant de Lyon, au sujet

de la permission accordée au sieur Mayer, de fabriquer certaines étoffes. (V. liv. II, ch. XII, p. 288.)

29 août 1775. J'ay reçu M. la lettre que vous m'avés écrite le 19 de ce mois au sujet de la Permission que je vous avai mandé d'accorder aux Sieurs Mayer et Cie, commissionaires à Lyon de faire fabriquer cent pièces de chacune des deux étofes qui leur avaient été demandées par leurs correspondants d'Allemagne, je ne puis vous dissimuler qu'elle est ma surprise sur les réflexions que vous me faites sur cet objet, vous ne deviez pas prendre sur vous de refuser cette permission, qui n'est point exclusive et qui sera accordée à quiconque la demandera, comme un plus long délay pourrait faire manquer cette commission vous voudrés bien au reçu de ma lettre, rendre une ordonnance pour son exécution en faisant déffenses aux maîtres gardes de la fabrique d'y aporter aucun empêchement. Je suis très parfaitement, M...

(Arch. nat., F. 12, 151.)

N° 43. – Lettre de Turgot à de Vaines, au sujet des attaques dont il avait été l'objet. (V. liv. II, ch. xiv, p. 312.)

18 septembre 1775. « Je vous apprends avec grand plaisir, Monsieur, que le Roi a bien voulu vous accorder la place de lecteur ordinaire de la chambre, et d'y attacher les mêmes entrées, qu'à celle de lecteur du cabinet. J'ai cru devoir proposer à S. M. de vous donner une marque publique de la satisfaction qu'elle a de vos services, dans un moment où on cherche à vous déchirer par un libelle infâme. Vous n'avez pas besoin de justification, mais ayant vu que les auteurs et fauteurs de ce libelle s'imaginent pouvoir accréditer auprès de moi leurs mensonges, par une multitude de lettres anonymes, je me devais à moi-même de montrer authentiquement mon mépris pour leurs calomnies atroces.

» Il est dans l'ordre que vous y soyez exposé, vous, tous ceux qui ont quelque part à ma confiance, et moi peut-être plus que personne. Trop de gens sont intéressés au maintien des abus en tous genres, pour que tous ne fassent pas une cause commune, contre quiconque s'annonce pour vouloir les réformer. Attendez-vous donc qu'ils emploieront les armes qu'ils savent manier, le mensonge et la calomnie; il faut s'armer contre eux de courage et de mépris. Il faut se dire à soi-même, ce que le Roi me disait le jour de l'émeute à Versailles : « Nous avons pour nous notre bonne conscience, avec cela nous sommes bien forts. » Si les honnêtes gens se laissaient décourager par de telles horreurs, il faudrait donc que les méchants fussent irrévocablement maîtres d'opprimer et de piller le genre humain. C'est donc un devoir de les braver. Il faut regarder tous leurs traits comme des blessures honorables, et ne pas augmenter la force de ces gens-là par une sensibilité qui les encourage à redoubler leurs attaques Je vous prêche la morale que je tâcherai de suivre moi-même. Si la raison ne peut dissiper entièrement l'impression que vous a faite cet amas d'atrocités, je souhaite que l'assurance de mon estime et de mon amitié vous serve de consolation. »

(Corr. Métr., II, 191-192; 7 oct. 1775.)

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