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et les plus fortes maisons de Hollande devaient lui en prêter 60,000,000.

Son successeur Clugny couvrit le déficit en remettant les maîtrises en finances; en refusant aux sept derniers contrôleurs des rentes le remboursement de 462,000 fr. qui leur avait été promis pour solde de leur charge; en établissant la loterie, impôt immoral que Turgot avait toujours repoussé (').

Nous avons laissé la parole à Dupont de Nemours. Nous n'oserions prendre la responsabilité de la stricte exactitude de tous ses calculs. Complétons du moins ses renseignements par l'analyse du budget de 1776, tel qu'il se trouve imprimé dans les Comptes-rendus de Mathon de La Cour. Voici ce Budget, comparé à celui de 1775 :

COMPARAISON DES RECETTES

RECETTES

Not en 1776.

Not om 1775.

Augmentatior.

Dimination.

934,5382
121.,510

63,495,3881
102,901,580
5,433,351

439,500 3,797,375 1,079,600

62,560,8501 102,777,070 7,700,000

162, 250 3,185,625 1,079,600

2,366,6491

22,750

611,750

4,640,000

171,680 5,804,000 2,980,000

4, 294,419

40,000 1,120,000 3,366,1451

345,581

31,680 1,089,000

386,145

Fermes générales...
Recettes générales.
Ferme des Postes.....
Ferme de Sceaux et de Poissy...
Ferme des Droits réservés......
Ferme des Octrois municipaux.
Ferme des Devoirs de Port-Louis..
Ferme des Droits réunis......
Régie de la Flandre maritime..
Régie des Hypothèques.
Régie des Domaines..
Marc d'or......
Principauté d'Orange...
Marches du Poitou..
Impositions de Paris..
Capitation de la Cour....
Vingtième abonné des Princes du

sang...
Dixième d'Amortissement
Dixième des Trésoriers...
Revenus casuels..
Ordre de Malte...

! Bois du Roi.

Languedoc....
Bretagne

Bourgogne.
Pays

Provence. d'États

Terres adjacentes (Provce)
Béarn et Navarre
Bresse, Bugey et Gex...
Roussillon et Foix......

19,800

22,000 4,382,487

700,000

19 800

22,000 1,382,1.87

700,000

380,000

3 949,168

13,513

50,453

144,71.0 3,000,000 1,163,749 2,219,168

149,600
3,312,321
1,705,299
4,197,619

761,029
501,524
582,597
228,040
383,086
290,363

144,740
2,620,000
1,163,716
1,300,000

149,600
3,298,808
1,755,752
3,587,963

211,238
680,725
582,291

88,090
383,088
290,363

609.656 549,791

179,201

306 139,950

TOTAUX....

214,535,8961 213,464,046

6,374,446f 3,005, 1

Différence : 1,071,850f

Augmedl, pelle : 3,369,216

(1) Dup. Nem., Mém., II, 159.

La Recette brute était pour 1775 de...

370,167,2981 fut 1776 de...

377,542,027 AUGMENTATION..

7,374,629 ci....... 7,374,6291 Les Déductions étaient pour 1775 de.

156,703,352
furent
- - 1876 de..

163,006, 231
AUGMENTATION...

6,302,8781 La Recette nette était pour 1775 de.

213,464,046 fut 1876 de

214,535,896

7,374,629 AUGMENTATION

1,071,850r

Recettes. Année 1775 : Revenus 370,167,298(1) Déductions. 156,703,352 Net. 213,461,0461 1776 : 377,542,027

163,006,231

214,535,896 Dépenses. Année 1775.... 234,962,756f

21,498,7101
15,000,000 (payés sur la Dette exigible.)

Déficit......

TOTAL.. 36,198,710f

23,696,35!

1776.....

238,231,150.10 PM

COMPARAISON DES DÉPENSES
DÉPENSES

Année 1776.

Année 1775.

Augmentatioa.

Diminution.

.

Extraordinaire des guerres.
Artillerie et Génie..
Taillon......
Maréchaussées..
Maison militaire du Roi..
Marine et Colonies..
Lettres de change de Bourbon....
Excédant de fonds pour la Marine.
Affaires étrangères..
Ligues suisses....
Gouvernements municipaux
Ponts et Chaussées...
Canaux (Bourgogne et Picardie)..
Turcies et Levées..
Ports maritimes...
Maison civile du Roi
Traitement du comte de Lussac...
Acadiens.
Mendicité.
Remboursements....
Caisse des Arrérages..
Compagnie des Indes.
Pensions ..
Intérêts et Remises...
Dépenses générales de la Finince.
Dot de Madame Clotilde..
Maladie épizootique...
Dépenses imprévues..

Total......

64,000,000f 63,400,000€ 600,000f
10,000,000 10,000,000
1,186,756 1,186,756
2,500,000 2,500,000
8,000,000 8,000,000
29,000,000
1,000,000 33,000,000 3,000,000
6,000,000
8,750,000 10,500,000

1,750,000 800,000

800,000 700,000 700,000 3,600,000 3,600,000 800,000

800,000
480,000 480,000

396,000 396,000
36,373,394 33,500,000 2,873,39!
225,000

225,000
300,000

300,000
1,200,000 1,200,000
6,420,000 7,200,000

780,000 19,000,000 20,000,000

1,000,000 5,000,000 5,500,000 8,000,000 7,000,000 1,000,000 3,000,000 6,000,000

3,000,000 14,000,000 14,000,000 1,000,000

1,000,000 3,000,000

3,000,000 3,000,000 6,000,000

3,000,000 238,231,150f 234,962,756% 12,798,3949 9,530,000

Différence : 3,268,394 Augment. Delle : 3,268,3941

(1) Il y a une faute d'impression dans les tableaux qui donnent le chiffre de 370,167,398 fr.

Sur un point essentiel, les assertions de Dupont de Nemours concordent avec les tableaux qui précèdent ou du moins s'en rapprochent sensiblement. L'ancien secrétaire de Turgot dit que dans le budget de 1776 le déficit était de 24,193,582 fr. Les tableaux officiels portent 23,695,354 fr. Si Dupont de Nemours s'est trompé, ce n'est donc pas au profit de son maître, preuve manifeste de son impartialité.

En tout cas, la thèse générale que soutient Dupont de Nemours nous semble juste. Turgot laissa le budget en déficit, mais pourquoi? D'abord parce qu'il l'avait trouvé ainsi, et qu'il n'avait pas pu guérir en une année un mal déjà presque séculaire; en outre, parce qu'il avait consacré une partie des ressources présentes à acquitter les dettes anciennes les plus criardes et les plus onéreuses; enfin parce qu'il était sûr de trouver immédiatement dans l'emprunt les fonds qui lui manquaient.

Un autre eut dissimulé la réalité des faits. En laissant subsister les anticipations et la dette exigible arriérée, il eût aisément atteint un équilibre apparent ou même présenté aux yeux du roi et de son conseil un surplus fictif de recettes. Il n'avait point de ces habiletés. Au risque d'être mal compris des ignorants ou calomnié par des adversaires de mauvaise foi, il avait conservé dans le budget ce mot terrible de déficit. Il ne pensait pas qu'on dût craindre un mot plus que la réalité dont il était l'expression. Il avait ainsi volontairement fourni des armes contre lui. Il avait avoué la pénurie du Trésor. Il avait reconnu la nécessité d'un emprunt.

Mais cet emprunt, négocié bientôt en Hollande, prouva quel était le crédit dont il jouissait. Le capital fut fixé à 60 millions, dont moitié en rentes viagères à 8 0/0 (les Hollandais l'avaient voulu ainsi) et moitié en rentes perpétuelles à 4 0/0. Un emprunt à l'étranger à 4 0/0! C'était une étrange nouveautél La Hollande rendait à Turgot un hommage significatif en offrant ses capitaux à un aussi faible intérêt. Ces 60 millions devaient être employés à rembourser les anticipations, à mettre ainsi les finances au courant et à rendre inutiles les frais de banque et de « services ». Ils devaient enfin hâter le remboursement des fonds d'avances des régies dont le taux d'intérêt était trop fort (-). Turgot voulait même proposer au roi de tenir un emprunt toujours ouvert à 4 00, afin d'offrir un débouché à l'argent des capitalistes qui n'en trouvaient plus l'emploi dans les anticipations du gouvernement. C'était aussi un moyen indirect d'abaisser le taux de l'intérêt *).

Après tout ce qui vient d'être exposé, comment admettre avec Montyon que Turgot ne s'occupa point du remboursement des

(1) Dup. Num., Mém., II, 174.

(2) Dup. Nem., Mém., II,175.

dettes (')? Les Mémoires secrets de Bachaumont disent tout le contraire, et confirment en ces termes le témoignage de Dupont de Nemours : « Louis XV avait laissé une anticipation de 180 millions dont les receveurs généraux et autres gros fermiers avaient fait les avances. Depuis que M. Turgot est dans le ministère, il est démontré qu'il a diminué cette anticipation de 37 millions par les différentes réductions et économies sur ces emprunts usuraires; en sorte qu'en allant toujours sur les mêmes errements, l'allégement doit devenir de plus en plus considérable. Voilà ce qui désole les sangsues publiques et les fait crier après un contrôleur général qui leur ôte des bénéfices aussi gros et aussi funestes pour le monarque (?). » Bailly est plus fornel et plus précis encore : « Dans les Particularités sur les Ministres des finances, M. de Montyon annonce que M. Turgot ne s'occupa point du remboursement des dettes. L'opinion contraire que nous adoptons repose sur les faits constatés dans l'état au vrai manuscrit ou comptes de l'exercice 1775, qui a été arrêté en Conseil le 29 octobre 1787. » Un semblable témoignage était nécessaire pour qu'il fût permis d'écarter l'assertion d'un auteur dont le nom seul est une autorité recommandable. M. de Montyon paraît avoir été induit en erreur par la déclaration du 30 juillet 1775 () qui supprime la caisse d'amortissement et ne conserve que celle des arrérages (1).

Terminons par une dernière observation. Si l'on compare le budget des dépenses de 1775 à celui de 1776 (5), on est frappé de l'impuissance de Turgot à les diriger suivant ses vues. Nous ne parlons pas des 3 millions destinés à l'épizootie : c'est là une dépense exceptionnelle qui ne doit pas être comptée. Mais ce philosophe qui déteste la guerre ajoute, en pleine paix, 600,000 fr. à l'extraordinaire des guerres et 3 millions à la marine 'militaire. S'il réalise des économies sur les affaires étrangères et sur divers autres articles de finances relevant exclusivement de son administration, ce gardien sévère du Trésor est contraint d'inscrire 2,873,394 fr. de plus pour la maison civile du roi, 225,000 fr. de plus pour le comte de Lusace, 1,000,000 de plus pour les pensions, 1,000,000 de plus pour la dot de Madame Clotilde.

Si Turgot même, encore soutenu alors par la volonté et les excellentes intentions d'un roi honnête homme, non seulement ne trouvait rien à retrancher au luxe écrasant de la cour, mais, pour une seule année, prévoyait qu'il faudrait sacrifier un supplément de 5 millions à la personne du roi, à sa famille, aux courtisans, comment s'étonner qu'après lui un torrent grossissant de dépenses ait entraîné tous ses successeurs, ait emporté, brisé la vieille monarchie?

(1) Mont., Part. sur qq. Min. des Fin., cite par Batbie, 401

(2) Bach., Mém. secr., VIII, 345; 31 déc. 1774.

(3) Voir plus haut, liv. II, ch. x, p. 274.

Bailly, Hist. fin., II. 31?, note. (3) Voir le tableau de la page 371.

CHAPITRE II

Les édits de Janvier..- L'édit des Corvées.

(Janvier 1776.)

Lorsque l'année 1776 s'ouvrit, Turgot avait achevé la rédaction des six projets d’édits qu'il préparait depuis longtemps, et que ses adversaires attendaient avec plus d'impatience peut-être encore que ses amis. Il n'est pas indifférent de savoir comment il les avait composés. Morellet, Dupont de Nemours, Fourqueux, Trudaine et Abeille étaient ses confidents et ses collaborateurs ordinaires. Il avait une manière à lui de leur demander conseil. « Il leur faisait essayer à tous la rédaction de ses projets, comparait leurs ouvrages, et finissait par tout refaire lui-même. » Il n'agit pas autrement pour les édits de janvier. Ce procédé déplaisait à Morellet. Dans ses Mémoires, il ne cache pas sa mauvaise humeur. « Je me souviens, dit-il, qu'il m'avait remis trois de ces préambules sur les blés (sans doute la déclaration supprimant à Paris les droits sur les grains), en m'en demandant mon avis. Je les lui rendis au bout de quelques jours sans en faire moi-même un nouveau, parce que je les trouvais tous bons. Il insista pour que je lui disse quel était celui que je trouvais le meilleur. Je lui répondis : Celui que vous donnerez le premier. » Et il ajoute : « Il y avait deux mois qu’on attendait ce malheureux édit; il le fit attendre encore deux mois, et je ne me trompe pas en disant qu'il a consumé à rédiger ce préambule plus de deux mois entiers du peu de temps que le tourbillon des affaires lui laissait pour la méditation (1). » Il y a ici quelque exagération. Les faits prouvent que Turgot, loin de consumer deux mois à un seul travail, savait au contraire en mener plusieurs de front. Dupont de Nemours ne confirme en rien d'ailleurs l'assertion de Morellet. Il constate seulement, à propos de la rédaction de ces mêmes édits par Turgot, « qu'on se plaignait de son amour excessif de la perfection (). Turgot en effet, comme tous les esprits supérieurs, n'était jamais satisfait de ses propres cuvres; il effaçait, corrigeait, faisait et refaisait plusieurs fois le même travail, exigeant sans doute de ses amis la même patience et le même soin. C'étaient là des lenteurs qui

(1) Morell., Mém., I, 15-16.

(9) Dup. Nein., Mém., II, 221.

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