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« Arrivé à Benarès, M. Hastings avoit fait arrêter le Rajah de la manière la plus. ignominieuf. (4),dit M. Grey,& Cheit-Sing n'avoit répondu à ces outrages qu'en s'humiliant devant son implacable ennemi; qu'en lui faisant présenter les remontrances les plus refpe&ueuses ; qu'en lui écrivant, » qu'il étoit son esclave, qu'il pou» voit faire de lui ce qu'il voudroit; mais » que s'il en vouloit à la vie, il le fup

plioit de ne pas le livrer à d'autres mains » qu'aux liennes. » Les fréquentes remontrances du Rajah ayant été fans effet, une troupe tumultueuse de ses sujets avoit passé la rivière aux environs de Ramnagur, & fondant à l'improviste sur les Anglois qui gardoient le Rajah, les avoit massacrés, & avoit délivré le prifonnier. M. Hastings devoit répondre de ce carnage. Celui qui femoit, devoit néceffairement être regardé comme l'auteur de la récolte. L'oppression produisoit na turellement la réfiftance; & lorsque cette résistance entraînoit des suites funestes,

on n'auroit pu tirer, annuellement s lacks de roupies? Chaque ligne de ces harangues présente de pareilles contradictions.

(4) Faux, absolument faux. Il fut arrêté fans violences personnelles, fans menaces, sans danger pour la vie. M. Hastings lui en donna l'affüránce. la plus positive.

» partie considérable du butin, si on la

c'étoit à l'oppreffeur qu'il falloit les imputer, &c. &c. (5).»

» M. Haltings s'étoit encore rendu cou. pable d'autres crimes, en faisant alliéger par le major Popham la forteresse de Bedjeygur, où la femme & la mère du Rajah rélidoient, & en excitant la soldatesque au pillage. & à la rapine. N'avoit-il pas écrit au major Popham: » que le meilleur » moyen de faire rendre la fortereffe å » discrétion, étoit de rejeter toute offre de » négociation; qu'il craignoit que la Be» gum ne fruftrât les vainqueurs d'une » laisoit se retirer sans la fouiller ; & qu'il » seroit très-fâché que les officiers & les » soldats perdisent la moindrë partie de » la récompense qu'ils avoient fi justement » méritée? « En conséquence la forteresse s'étoit rendue ; tout avoit été pillé; les princesses avoient été entièrement dépouil

. lées (6). Etoit-ce ainsi qu'Alexandre,

(5) La suite du procès éclaircira completement l'histoire défigurée de cette révolte.

(6) Quel récit ! Comment supposer que ce soient-là les affertions d'un Membre deCommuries d'Angleterre! M. Hastings agréa les propres articles de capitulation offerts par la mère du Rajah. Lorsqu'il apprit qu'à la retraite de cette femme & de les gens, les Cipayes de la Compagnie avoient pillé les effets qu'elle emportoit , il étoit à plusieurs milles du fort; il écrivit au Major Popham de

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auquel on n'avoit pas craint de comparer M. Hastings, s'étoit comporté envers la mère & la femme de Darius? - M. Halţings avoit prétendu qu'il n'avoit fait le voyage de Benarès que pour enrichir la Compagnie ; mais à peine s'étoit-il vu maître du produit du pillage de la forteresse de Bidjegur , qui se montoit à 250,000l. ft., qu'il l'avoit diftribué aux troupes (7). A la vérité, sur les représentations du Conseil, il avoit voulu reprendre cette somme en forme d'emprunt; mais les troupes le connoisloient

trop
bien
pour

se fier à lui,

poursaivre les pillards, de les obliger à restitution, de les punir exemplairement, & de promettre toutes récompenses pour la réparation d'une brèche, à la capitulation aussi deshonorante. Jamais il n'émana de fa main un ordre, une invitation à ce brigandage.

(7) Pour apprécier cette affertion,citons quelques lignes d'une lettre au procès, écrite par M. Hastings, le 14 gbre, 1781, au Major Popham, au sujet de ce pillage. « J'apprends avec douleur la distribution » prématurée des trésors saisis à Bidjegur. Igno» rez-vous, & les soldats ignorent-ils que ce butin » militaire appartient à la Compagnie ? J'aurois em» ployé' mes sollicitations auprès d'elle

pour

faire accorder aux troupes cette récompense de leurs » services ; mais j'étois loin de croire qu'ils s'en » empareroient de cette manière? Suspendez donc » toute distribution ultérieure du dividende, jus. » qu'à l'arrivée des ordres de la Cour des Di* recteur , &c. &c. »

Ce stratagême ne lui ayant pas réush, il avoit tâché de tirer d'autres ressources d'un pays déjà épuisé. Il avoit en vain nommé des colle&eurs, qui tyrannisés par lui, tyrannisoient les cultivateurs : le pays s'étoit dépeuplé; & trois ans après, lorf qu'il avoit été visiter de nouveau ce malheureux pays, il n'avoit trouvé que des villes désertes, des villages ruinés, des champs en friche, & la famine faisant les plus grands ravages; il n'y avoit trouvé d'autres habitans que des vieillards & des infirmes, qui n'avoient pas pu prendre la fuite ; des voleurs, des affallins, des tigres qui laissoient par-tout des traces de leur férocité (8). Sous le gouvernement de Cheit-Sing, au contraire , les champs étoient cultivés ; les villes & les villages remplis d'habitans; la campagne reflembloit à un jardin, & les cultivateurs étoient

(8) Tableau bon à placer dans un couplet de tragédie. Les témoins que l'on produira fur cette charge , les lettres reçues par la Compagnie, les informations les plus certaines prouveront que depuis l'expulsion de Cheyt-Sing, Benarès s'est accru de près de 3000 maisons, & que jamais la Province ne fut plas tranquille, plus protégée, ni mieux cultivée. Deo-Sing , il est vrai, Ministre du successeur de Chey-Sing , comnait beaucoup de rapines dans le pays; mais dès que ces désordres furent connus de M. Hastings', il fit éloigner sur le champ ce Péculateur.

aux

heureux. Les principaux marchands de l'Inde se rendoient à Benarés ; c'étoit la banque de l'Inde, & elle renfermoir les trésors appartenans aux Marattes Jaiks, aux Saiks. Les Européens ainfi que les Indiens alloient réfider dans cette ville floriffante que M. Hastings“ avoit dépeuplée, &c. is

Ce n'est pas, comme on le fent, dans les affirmations hardies des harangueurs respectifs qu'ilfaut chercher la vérité ; elle doit sortir des preuves & de l'inftru&ion juridique. Les 9 & 10°. Séances de la Cour ont été consacrées à recevoir, à lire , à examiner les documens produits par les Accufateurs sur la première charge. M. Anftruther a présenté, le 9 jour, les commillions officielles des Gouverneursgénéraux & celle de M. Hastings; ensuite le Traité portant concession de la Souveraineté de Benarés à la Compagnie par Sujah-Dowla; la ratification du fuccesseur de ce Visir , & le contrat avec Cheyt-Sing. De ces pièces , il réfulte claireinent, ce qui n'a jamais été, contesté', que sous aucuns prétextes la rente de ce Żémindar ne pouvoit être portée au-delà de la somme réglée par le contrat. Nous avons vu que ni en paix' ni en guerre M. Hastings n'avoit surchargé le bail de ce Tributaire. Quant au ràpport ultérieur des

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