صور الصفحة
PDF
النشر الإلكتروني

comme témoin & garant de la part de la coma pagnie des Indes. En 1775, Asoph Ul Dowlah, fils et successeur de Sujah-Dowlah, avoit jugé à propos de demander au Rajah une avance de 5 lacks de roupies sur le tribut annuel. M. Brifa tow, qui rélidoit alors à la cour du visir, s'opposa avec fermeté à cette extorsion, par l'ordre exprès de M. Hastings, comme étant garant du dernier traité : le Rajah étoit à cette époque regardé & traité comme l'ami & l'allié de la compagnie; & l'intervention de M. Bristow avoit empêché le visir Afoph Ul Dowlah de persister dans sa demande. Dans le courant de la même année 1775, le droit de souveraineté que le visir avoit sur le Rajah, & sur son district, ainfi que le tribut annuel, avoient été transférés à la compagnie - Mais les priviléges de cette souveraineté avoient-ils été plus augmentés que lorsqu'elle appartenoir au poslesseur primitif? N'auroit-il pas été étrange & abfurde de dire au Rajah: » Lorf» que vous étiez tributaire du visir, la compagnie » vous fervoit de garant, & vos priviléges étoient » en fûreté. Mais en changeant de maitre, vous » avez perdu votre défense; & en devenant tribu» taire de la Compagnie, vous restez sans pro» tecteur, & vos priviléges, ainsi que votre indé». pendance , sont anéantis. » L'absurdité de ce langage étoit palpable; cependant c'étoit là le fysteme de conduite que M. Hastings avoit adopté à l'égard du Rajah. Il importoit fort peu de favoir s'il falloit considérer le Rajah comme un prince indépendant, ou comme un simple Zemindar (tributaire à bail). M. Hastings avoit beaucoup contribué à le faire regarder comine un Prince indépendant, puisqu'il l'avoit fait revêtir par le Conseil , du droit de battre monnoie , & de l'exécution de la justice criminelle dans son dis

triết (3). Par le traité, le Rajah devoit confer-
ver ses priviléges & ses possessions', tant qu'il
Payeroit régulièrement son fubfide , & qu'il seroit
fidèle au souverain. Par cette fidélité le Rajah étoit
seulement tenu à affifter la Compagnie dans ses
guerres, à ne point molester ses alliés, & à n'a-
voir aucune liaison avec ses ennemis, mais M.
Hastings exigeoit une soumission paflive. N'avoit-
il
pas

dit dans sa defense devant les Communes, que par souveraineté, il entendoit un pouvoir arbitraire', & que le pouvoir arbitraire étoit cet état où la volonté du fouverain est tout, & les droits du sujet rien (4)? Personne avant: M.

.

(3) Comment M. Fox auroit-il avancé que le Systême de M. Hastings , à l'égard de Cheyt-Sing, avoit été d'anéantir les priviléges & l'indépendance de ce Rajah; & deux lignes plus bas , que M. Hastings avoit contribué à rendre ce même Rajah plus indépendant, comme à augmenter ses prérogatives?

(4) M: Burke a également affirmé devant la Cour des Pairs, que M. Hastings, dans sa Défense à la Barre des Communes, ayoit placé la Souveraineté dans le despotifme; & qu'il le regardoit comme le meilleur Gouvernement. Nos Lešteurs seront étonnés, je pense, d'apprendre que M. Hastings a avancé précisément le contraire. Parlant d'abord du fait, il dit, p. 33 : « Comment pourroit-on nier l'exisa tence de plusieurs principes despotiques dans le Gousy vernement Mogol ; & par-tout où se trouvent ces • principes, les pouvoirs du Souverain ne font-ils pas » tout, & ceux des Sujets rien? » Et pour ne laisser aucun doute fur fon opinion à ce sujet, il ajoute, p. 36: « Le » droit d'imposer des peines pécuniaires est général' & * arbitraire dans l'Indoltan; mais est-ce moi qui fuis res* ponsable de cet usage tyrannique ? C'est un vice inhé

rent au Gouvernement Mogol. Sans doute il seroit in» finiment heureux pour les habitans de l'Afie que les » despotiques instituts de Jengheaz-Khawn ou de Tamern lan fiflent place à l'esprit généreux de la Législation » Britannique. Combien serois-je satisfait G là poursuite » dont je suis l'objet , accéléroit un évènement fi favo

rable aux intérêts de l'humanité! » A la page 37 : « En passant dans nos mains , les droits de Souveraineté fur

Hastings n'avoit certainement mieux défini le pouvoir arbitraire. Mais étoit-ce dans ce sens qu'il falloit 'entendre le contrat paflé entre la Compagnie & le Rajah? M. Hastings pouvoit-il dire an Rajah : » Payez-moi le tribut;- soyez obéif» fant;

- donnez-moi tout ce que je vous deman» derai,-&je vous assure que je ne vous deman» derai plus rien ensuite." » Mais dans ce cas, où étoit la compensation qui doit se trouver dans tous les contrats ? Quoi ! le Rajah devoit payer fon tribut ; obéir à tous les ordres qui lui étoient donnés, & s'entendre dire, s'il'avoit osé murmu. rer : » ma volonté, comme souverain, est tout ; & vos droits, comme sujet, ne sont rien. » Avoiton eu en vue ce pouvoir arbitraire , lorsqu'on avoit accordé au Rajah le privilége de faire battre monnoie, & d'exécuter la justice criminelle dans fon distriš? La claufe même par laquelle M. Hal

» Benarės étoient réglés, appuyés, établis par les Loix, > par les - Coutumes, par les Ulages de l'Empire Mogol, * & non par les Statuts du Parlement d'Angleterre. Mon * devoir me conftituoit l'inArument involontaire de l'exer» cice de ces droits, tels que je les avois reçus. » « L'histoire » de l'Inde , poursuit-il p: 38; est celle du despotisme; le del* potisme conduit néceffairement à la rébellion. Vérité qui » m'avoit décidé à tirer Cheyt-Sing de l'aviliffante condition » de Zémindar, pour l'élever à celle de Prince tributaire & Vafal de la Compagnie.» Voilà dans quels termes M. Hastings a été l'apologiste du despotisme oriental. Apprenons ici au Public, puisque l'occasion se présente, l'histoire de cette défense de l'Accusé devant les Communes. Ce ne fut ni tro:s mois, ni trois semaines qu'on donna à M. H. pour dresser cette minute de 90 pages in-folio, mais trois jours ! trois jours pour répondre à 280 pages in-folio d'Aco cusations, trois jours pour rendre compte de 13 amées d'Administration suprême ! Encore n'eut-il que 24 heures avant,connoitsance de quelques-unes des dernières charges. Cependant c'est à épier, à citer , à agraver les moindres contradictions, les plus minutieuses erreurs de cette minute , rédigée précipitaminent par cing personnes diffé rentes, que se dirige l'adresse de ses Accusateurs.

[ocr errors][merged small]

tings s'étoit réserve le pouvoir d'imposer une amende au Rajah, si l'argent monnoye se trouvoit être au-dessous d'un certain tarif, ne prouvoit-elle pas que le Rajah devoit jouir de ce droit de souveraineté ? Se réservoit-on une pareille clause, lorsque la volonté du souverain étoit tout? Le dernier traité qui confirmoit les droits du Rajah de Benarès , avcit été conclu en 1775,& ce n'avoit été qu'en 1778, c'est-à-dire , trois ans après, que M. Hastings avoit jugé à propos de le violer, en demandant au Rajah une somme additionelle de 5 lacks de roupies , (50,000 l. ft.) sous prétexte de bruits de guerre avec la France, dans un moment où il y avoit dans le trésor un surplus de deux .crores de roupies, ou deux millions fterlings (5); mais la cause réelle de cette extorsion,ésoit le ressentiment personnel que M. Hastings avoit contre le Rajah, depuis que celui-ci avoit eu l'imprudence de faire féliciter Sir John Clavering, sur le bruit qui s'étoit répandu qu'il devoit être bientôt nemmé Gouver neur générał- Indè ire, & la victime devoit être immolée (6). Le malheureux Rajah avoit été, en

(5) Ces bruits de guerre, ce précexte, éroient tout simple, mentune lettre officielle de M. Baldwin, Consul Britannique au Caire, qui donnoit avis à M. Hastings de la rupture. A entendre l'Aureus q::elconque de ce Discours, on croiroit que le caprice du Gouverneur-général supposoit un danger fictif pour piller le Rajah.

(6) Dites, pour être vrai, qu'arrivés dans l'Inde avec le projet de perdre M. Hastings , & de lui succéder , ses trois Oppofans dans le Conseil, & qui en formoient la majorité, ne cessèrent de lui susciter des obstacles, des rélistances , des désobéissances de la part des Sujets de la Compagnie ; qu'ils avoient porté Cheyt-Sing à oublier avec une atroce ingratitude , les bienfaits de M. Hastings, à intervenir dans ces démêlés, & à le regarder d'avance comme expulsé du Gouvernement-général

. Nous allons voir fi le ressentiment de cette conduite eut quelque part aux évènemens suivans.

que M Francis

la cour

conséquence de cette haine, dépouillé de toute
fon autorité, & exilé de ses pofleffions. Quel
avoit été son crime? N'avoit-il pas payé non-
seulement son tribut, mais même l'amende qui
lui avoit été impofée les deux années précé-
dentes (7) ? Comment M. Hastings avoit-il justi-
fié son infraction des droits du Rajah ? En disant

у
avoit concouru,

&

que (7) Quelle réputation réfifteroit à une pareille dissec. tion d'époques, de faits , de circonstances intermédiaires ! La guerre étant certaine, M. Hastings remit le 9 juillet 1778, au Conseil de Bengale, le plan général des aug. mentations de forces militaires que nécessitoit l'occurrence ; il fue agréé à l'unanimité. Tous les districts subordonnés à l'autorité de la Compagnie furent appelés à fupporter leur part de la défense générale. Quel motif auroit fait excepter le Rajah de Benarés de ce fublide unie versei? Comme Zémir.dar, comme Tributaire de la Compagnie, sa taxe, fixée par un traité formel, ne pouvoit être augmentée ; elle ne le fut jamais, ni en temps de paix ni en temps de guerre. Mais outre cette relation de Zémindar, il en avoit une seconde avec la Compagnie celle de Vafal, Or, en cette qualité de Prince ou de Seigneur, dont il étoit redevable à la politique de M. Haflings , il étoit tenu, en temps de guerre, au service militaire envers son Souverain. Les loix, la coutume conf. tante, le système de féodalité reçu dans l'Indostan, je lui impofoient , comn.e elles l'imposent en cas pareil aux Princes tributaires de la Porte Ottomane, comme en Europe mère, les taxes ordinaires ne dispensent pas les Sus jeis de la levée des milices en temps de guerre. M.H:S rings ne fit donc rien que de juste, de régulier, de néceliaire, en demandant à Cheye-Sing d'entretenir trois bataillons de Cipayes pour sa quote part: ce Rajah desira que cette charge fût acquittée en argent, & on la régla à cinq lacks de roupies, pendant la guerre uniquement, Observez bien que le quadruple fardeau & la durée de cette guerre , qui devoit effacer de l'Inde le nom Anglois, M. Hastings dut les soutenir , sans recevoir une guinée de la Métropole. Et ce sont des Membres du Parlement, de ce même Parlement qui prodiguoit deux cents millions ft. à perdre l'Amérique, qni déclarent M. Hastings criminelde n'avoir pas su défendre l'Inde contre les François, les Marattes, le Soubah du Decan & Hyder-Ali, avec deux CRORES DE ROUPIES.

1

[ocr errors]
« السابقةمتابعة »