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un spectacle révoltant', malgré le délire od elle est plongée. La Grange-Chancel, qui a débuté dans la carrière tragique, au même âge que M. le Mercier, par la Tragédie de Jugurtha , a fait depuis un Méléagre. Il s'eft bien gardé de faire 'jeter au feu le tison faral par la mère du jeune Prince'; il l'a transporté dans les mains de Déjamire, Rivale d'Atalanté & Maîtreffe outragée de Méléagie. Au reste, ce dénouement, de quelque manière qu'il foit amené, fera toujours peu d'effet, parce que les Spectateurs ont perdu l'habitude de s'intéreffer à des évènemens furnaturels, fur-tout lorfqu'ils sont attachés à d'auffi petites causes que l'entière consomption d'un morceau de bois, ou l'extinction d'un flambeau. Le style de la Pièce est jeune , comme fon Aųteur'; mais on y apperçoit souvent de la chaleur, de l'énergie , de l'ame, & de l'imagination. Au total, il est éronnant que dan's un âge aussi rendre, on se foit tiré aussi heuTeusement d'un Qüvrage aussi difficile qu'une Tragédie dont l'action roule sur un fond dénué d'intérêt.

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COMÉDIE ITALIENNE.

I e Lundi 3 Mars, on 'a donné la première représentation de Julien & Colette, ou la Milice , Comédie en un Acte & en Prose,

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mélée de Musique de la composición de M. Trial le fils, âgé de quinze ans.

Julien aime Colette, il en est aimé; mais le Franc , père de Colette , l'a promife en mariage à M. Guillemot , neveu de M. Germain, Subdélégué de l'Intendance. On va tirer la milice; Julien prie M. Germain de lui faire tomber le billet noir. Puisqu'il ne peut pas épouser Colette , il veut servir le Roi. M. Germain se fait presser , remet le billet noir à Julien, en lui recommandant de tirer comme les autres. Le parti extrême qu'avoit pris ce jeune payfan, tenoit autant à une querelle qu'il avoit eue avec Colette, qu'au refus de le Franc; il se réconcilie avec sa Maîtrelle, revient suç fa résolution, prie M. Germain de faire con fenrir le Franc au mariage de la fille avec celui de Guillemot ou de lui qui n'aura pas Le billet noir. On croit n'avoir rien à rilquer d'y consentir; on y confent. Julien & Guillemot tirent les derniers.; Julien Taille tomber le biller noir, en prend un blanc; & M. Guillemot, devenu Milicien est obligé de renoncer à la Maîtreffe , qu'il voit passer dans les bras de son Rival.

Nous ne dirons rien de cette petite Pièce; qui a été faite uniquement pour aider le jeune.M; Trial à faire effai de fes talens sous les yeux des Connoisseurs. Cer essai a été heureux. Depuis long - temps le nom de Trial est cher aux. Amateurs de Spectacles..

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L'Aureur de la Musique de la Fête de Flore a laissé après lui des regrets dont son talent l'avoit rendu digne. Pendant vingt ans, Mme. Trial a joui des suffrages publics & d'une estime plus honorable encore; M. Trial est aujourd'hui un des Acteurs les plus goûtés du théatre Italien : voilà bien des causes capables d'asfurer à M. Trial le fils , l'indulgence générale. Le germe de talent qu'il a montré dans la Musique de Julien & Colette, lui a valu plus que cette indulgence , il lui a fait multiplier les encouragemens les plus flatteurs. On a diftingué de l'intelligence dans ses accompagneinens, de la vérité dans ses motifs de chant, des traits heureux, & une bonne facture. On a sur-tout remarqué un Quatuor très-bien dialogué & d'une très-bonne entente de composition & de distribution. C'est à M. Trial le fils qu'est maintenant confié Ic soin de la réputation naissante. Que ce premier succès ne l'éblouisse pas; qu'il fonge à son âge, à són inexpérience; qu'il ne prenne pas un yol trop haut, & qu'il se souvienne sur-tout qu'il est comme chargé de représenter à la Nation les talons aimables de feu Trial son oncle, que la mort a moisPenné li-tôt & fi malheureusement.

Le Samedi 8 Mars, on a fait la clôture de ce théatre par une représentation de l'Amani ftatue, des Etourdis, & des Solie

laires de Normandie. Ce Spectacle a été terminé par la fin du Bail, ou le Repas des Fermiers, Divertissement en profe & en Vaudevilles, pour tenir lieu de Compliment.

Des Fermiers dont le bail finit, attendent l'instant où leur Maître doit le renouveler; pleins de confiance en ses bontés, ils font tranquilles & joyeux. Blaise, Amant de Toinette , eft le seul qui air du fouci. Le Bailli a dû voir le Seigneur pour lui faire approuver les causes du nouvсau bail ; il ne paroît pas, cela inquiète Blaise. Enfia le Bailli s'avance : le Maître approuve tout; mais il va partir ; il ne pourra figner le bail qu'à son retour, & il faut lui don ner le pot de vin du bail avant son départ, par un compliment en vers, par des couplets : c'est l'usage, il faut s'y soumettre. Aucun des Fermiers ne peut faire des vers ni des couplets, & le Bailli se charge de rerourrer vers le Seigneur, pour le prier de dispenfer les bons Serviteurs d'une chose qui leur est absolument impollible. On remet la lecture du bail à trois semaines. Le Bailli fort en rassurant tous les Paysans ; qui l'entourent pendant qu'il s'en va, en lui chantant, en parties & en cheur, sur l'Air du Menuçt de la Challe de la Garde : Sur-tout, dites-lui bien que fi nous refusons

Ce juste hommage,
C'est

que

nous sentons

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&

Que par notre silence au moins nous exprimons.

Bien davantage

Que nous n'en dirións. Les Fermiers se retirent d'un côté, le Bailli de l'autrel; & le rideau tombe. :. Ce Coinpliment , dont on avoit applaudi quelques couplets au commencement, a fini par déplaire, parce qu'il étoit chargé de détails longs , inutiles, par conséquent froids. Il nous paroît, malgré cela, que le Public i'a traité avec beaucoup de rigueur. Nous y. avons distingué ce qu'il faut pour faire le mérite d'un opuscule de ce genre , de l'efprit, & des traits ; mais aujourd'hui le Public devient exigeant sur tout ce qui mérite l'indulgence , & indulgent sur tout ce qui pourroit, à juste titre; exciter fa sévérité: avec une telle disposition d'esprit chez les Juges de l'Art dramatique , un Auteur ne peut plus guère attribuer qu'au hasard fa chute ou fon succès : d'ailleurs, comme un bon Compliment de clôture ne sauroit faire le plus petit honneur à son Auteur , il y a au moins de l'inconséquence à le juger très-sévérement quand il est médiocre. Que diroit-on d'un homme qui répondroit par des foufflets , à quelqu'un qui Juj diroit des choses honnêtes ?

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