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Maintenant il chancelle & ses voiles frémiffent, I
Ses mâts sont renversés, ses antennes gémisseno.
Ni ses triples remparts tout chargés de soldats
Nicent foudres d'airain qui lancent le trépas,
Ni les Lis glorieux dont la poupe est ornée,
Ne vaincront les Aurans & la mer effrénée,
Si, d'écueil en écueil, son Pilote égaré,
Ne connoît point les flors dont il est entouré.
O Nocher! garde-roi de ces gouffres rapides,
Fuis ces rocs menaçans,

crains ces sables perfides : Quand Neptune irrité ne t'offre que la mort, Nocher, cède à Neptunc, & rentre dans le port

! Il est évident que l'Auteur avoit en vue ees Atrophes :

O navis, referent in mare te novi
Fluctus ! 6 quid agis ? fortiter occupa
Portum ; nonne vides, ut

Nudum remigio launs ,
Et malus celeri faucius Africo,
Antennæque gemant , ac fine funibus

I
Vix durare carinæ

Poffint imperiofius
Æquor ? non tibi funt integra lintea,
Non Di, quos iterum prela voces malo,
Quamvis Pontica pinus ,

Sylvæ filia nobilis,
'Tades & genus , & nomen inurile ;
Nil piftis timidus navita puppibus

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Fidit: tu, nisi ventis

Debes ludibrium cave.

Nous ne serions pas surpris qu’un Lecteur peu attentif, ou ne donnant du moins à cette pièce que cette attention commune qu'on donne à des vers , n'en saisît pas aisément l'ensemble & la marche; mais il y trouvera de beaux vers dans plus d'un genre , & il sentira la modestie de l'Auteur daris cetre Epigraphe cirée de Tacite : Hic interim liber .... professione pietatis ; aut laudatus erit, aut excufatus.

SPECTACLES.

COMÉDIE FRANÇOIS L. Le Vendredi 29 Février, on a représenté pour la première fois Méléagre', Tragédie en cinq Actes & en Vers, par M. le Mercier , âgé de seize ans.

Alexandre Hardy, un fieur Boillin de Garrardon, Bensérade, Boursault, la GrangeChancel, & Jolly, ont traité ce sujet succellivement , & tous d'une manière trèsmalheureuse.

F G

On connoît l'histoire de Méléagre. Il étoit fils d'@née, Roi de Çalydon. Althée ; fa inère, vit, en lui donnant le jour, les. Parques jeter un tifon dans le feu, en disant : Cet enfant vivra tant que durera ce tison. Althée fc faisir du tison, l'éteignit, & le garda foignenfement. Un fanglier ravagea le pays de Calydon. Méléagre tud ce sanglier, & fit hommage de la Hure à la Princesse Atalante. Les frères d'Althée

en furent jałoux ; Méléagre les túa 'épousà la Princeffe. Althéë vengea ses frèrcs.

en jetant au feu le tifon fatal, Méléagre mourut, & Althée fe poignarda de désespoir.

Un tel sujet est ingrat, & difficile à porrer au Théatre d'une manière satisfaifante. M. le Mercier en a fenti la difficulté, & il en a refiic la fable en partie.. Du tison qui n'est point noble, il a fait une Aambeau que les Furies jettent dans un brafier, ardent; qu'Althée en arrache, qu'elle déa. pose aux pieds de la statue de Diane, &c. qui doit s'éteindre avec la vie de Méléagre.. Atalante n'est plus une Chaffereffe; c'est une

eune Princesse bonije, douce, humaine, fenfible , qui a, enlevé aux aurels de Diane un enfant qu'on alloit immoler en facrifice, & qui, par -certę pitié facçilègę Tamé le courroux de la Déeffe. Celle-ci a envoyé un fléau qui ravagé le pays de Calydon. Pour appailer le Ciel, le GrandPrêtre Zoroas annonce qu'il faut iinmoler Lauteur du forfair. On choisit Méléagre pour

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en être le Sacrificateur ; il jure avec serment qu'il enfoncera le coutcau dans le fein du coupable. Cependant Zoroas brûle de feux illégitimes pour Atalante ; il lui fair la déclaration. Un silence de mépris est la réponse de La Princefle. Zoroas fur rieux cherche à se venger ; il sait que

c'est Atalante qui a outragé Diane , it la nomme au Roi Plexippe, oncle de Méléagre. A peine le jeune Prince cft-il inftruit du faral mystère , qu'il déclare que c'est lui , & non la Princeffe , qui est l'auteur du crime; ce qui occasionne entre les deux Amans un débat qui rappelle celui d'Olinde & de Sophronie dans la Jérusalem du Tasse. L'issue du débat n'est pas la même ; . Atalante donne des preuves de fon attentat; c'est elle qui mourra; mais Méléagre refuse de l'immoler. I apprend la paflion de Zoroas pour Atalante ; il en instruit sa mère & le Roi, qui forcent le Grand - Prêtre à expier le crime de la Princesfe en la facrifiant lui - même. Zoroas, fréinit; il Balance, le remords l'emporte, il déclare con criine , & fe poignarde aux pieds de l'autel. Méléagre ignore cet évènement ;

brûlant du : délir d'arracher. fon Amanre à la mort, il veut forcer le temple, enlever la Princelle : le Roi & fa Garde s'opposent à fes efforts. Dans sa fureur, il tue Plexippe; Althée , au désespoir de la mort de son frère , appelle la vengeance du Ciel sur la tête de son fils ;

elle tombe dans le délire , arrache le fiambeau qu'elle avoit allumé aux pieds de la ftatue de Diane , l'éteint, & Méléagre viene mourir auprès de sa mère, en disant : Périsse, comme moi, tout mortel téméraire Qui porte sur son Prince une main fanguinaire.

Cette Fable, toute singulière qu'elle est, nous paroît plus forte & plus raisonnable que ne sembloit le promettre l'âge de M. le Mercier : le trait mythologique y est ennobli, & les moyens qui ont suppléé ceux

que l'Auteur a écartés de son sujet, an. noncent un germe de goût fait pour se développer heureusement. Il seroit ridicule de multiplier les critiques sur l'Ouvrage d'un aufli jeune homme que M. le Mercier. Mais comme le parti qu'il a pris de refondre la Pièce emièrement, annence un vrai courage & un amour éclairé pour. la Littérature; il n'eft pas hors de propos de l'engager à fonger qu'il y a peut-être trop de hardiesse à porter sur la Scène un GrandPrêtre brûlant de feux illégitimes, & disant à fon Confident , d'une manière un peu crue, en parlant de la Princesse dons il est amoureux : L'espoir de la séduire est tout ce qui me reste, Il faut aussi lui observer que le spectacle d'Althée éreignant le flambeau à la lumière duquel eft attachée la vie de son fils, el

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