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ANECDOTE HISTORIQUE,

Tirée d'une ancienne Chronique d'Allemagne

SUR

ur une montagne escarpée, environnée de tous côtés d'épaisses forêts, est situé un château fortifié , ancienne résidence des Comtes de Dachau. Là vivoit avec une inère âgée & respectable , le dernier rejeton de cette fainille illustre.

Les Comtes de Wolfartshausen étoient leurs proches parens , & la proximité de leur demeure facilitant les vilites réciproqués, avoir préparé une alliance plus étroite. La jeune Comteile leur fæur éroit promise en mariage au Cointe de Dachau, avec une riche dot.

Les fêtes de Noël étoient l'époque où devait se célébrer le mariage pour lequel on faifoit des préparatifs magnifiques. Les Chevaliers & les Daines 'nobles du voilinage y étaient invités.

On avoit donné aux 'Écuyers & aux Pages, des livrées neuves , fur lesquelles étoit brodé Peculion des deux familles, * Tout étant préparë , le Chevalier paré de ses habits nuptiaux, & fuivi de tous fes gens, descendit la montagne, & s'avança dans la vallée au devant de la future

épouse; mais trouvant la marche de fon eortege trop lente au gré de son impatience, il lâcha la bride à son superbe coursier, & entra dans le bois , où il s'enfonça assez avant pour que fa suite ne pûr encendre fa voix.

Tout à coup une troupe de voleurs fond fue lui, & après quelques efforts inutiles, il est désarmé & percé de coups. En vain offrit - il tout ce qu'il possédoit pour racheter sa vie. La cruauté de ces brigands fut Lourde à les prières: ils achèvent le crime, le dépouillent dts habits riches, des bijoux précieux, parure destinée pour ses noces, & partagent entre eux le butin. Une bague d'émeraude , premier gage qu'il avoir reçu de son Amante en lui donnant sa foi , ne pouvant être ôtée facilement de son doigt, ces barbares, coupèrent. sa main ; ensuite, couvrant de terre son cadavre, ils prirent la fuite, emmenant avec eux le cheval de l'infortuné Gentilhomme.

Cependant la fiancée, accompagnée de ses deux frères, & fuivie d'un train brillant, arrive au château, od l'attendoit une nombreuse compagnie. Tous se félicitent réciproquement de l'heureuse cięconstance qui les raffemble : la mère seule, trifte & in quiète de ne point voir fon fils, l'attendoie avec impatience. Elle envoye, pour le chercher, fes Écuyers & ses Pages. Le petit chien du Chevalier court après ceux-ci, & va fairant chaque builon, comme pour y chercher fon Maitre

cours.

Le souper est servi dans la grande falle. Les Chevaliers & les Daines prennent place à table; mais la gaité en est bien éloignée; un morne silence , des regards tristes annoncent le pressentiment qui trouble les

L'épouse ne peut retenir ses soupirs'; fon fein est gonflé par la douleur , son collier se rompt, les perles roulent de tous côtés fur la table. A ces signes sinistres', les conviyes effrayés quittent la table ; les plats, les vales de vermeil sont enlevés, on arrend que le Chevalier paroisse. Un vent impétueux agite les cimes des sapins dont la montagne est couverte , & mugit entre les cours du château ; des tourbillons de neige dercendent des rocher's dans le vallon. Enfin les nuages s'écartent, & la pâle lumière de la lune pénètre jusque dans l'appartement : on entend le cri funèbre des oiseaux de nuit.

La jeune Comtesse cache son beau visage : il n'est plus pour elle de joie ni de repos. Dans ce moinent on entendit sonner du cor, le pont-levis fut baissé ; c'étoient les Écuyers & les Pages qui rentroient précipitamment , & comme pourlạiyis par les fantômes de la nuit. Toute la compagnie rangée auprès de la douairière & de la bru, qui intérieurement adressoit des væux du Ciel, attendoit dans une muette consternation ce qu'ils alloient apprendre , lorsqu'un ori plaintif & sourd attira les regaxds daw

As

côté de la porte. On vit le petit chien, qui , courant à la mère de fon Maitre, posa à ses pieds quelque chose de fanglant, qu'il léchoit en gémislant. Hélas ! c'étoit la main coupée que les aliallins avoient laille tomber en fuyant: l'Amante & la mère reconnoissent la bague d'émeraude, & tombent évanouies.

A cet aspect, les Chevaliers prirent les armes, & suivis des gens du château, ils entrèrent dans la forêt , qu'ils parcouru*rent de toutes parts. Le chien fidèle les précédoit en poussant des cris lugubres sans interruprion; il cherchoit les traces de son Maître. Ils erroient ainsi depuis une heure, lorsqu'il s'arrêra sur un monceau de terre, qu'il efsayoit de creuser en redoublant les hurlemens. On fouilla ceite terre nouvellement remuée , & l'on y trouva le corps nu & mutilé du Comte de Dachau. Les Chevaliers déplièrent leurs manteaux, & l'en : enveloppèrent ; ils le lièrent sur un de leurs chevaux; puis Ôtant les pluies de leurs chapeaux, & les Ecuyers ainsi que les Fages, arrachant les rubans & tout ce qui ornoit leurs habits , ils reprirent triftement le chemin du château , sans qu'aucun bruit interrompît le Glerce de leur marche:

Du haut des tours on vir venir le convoi funebre. Les Prêtres allèrent au devant julqu'au pied de la montagne, & reçurent avec respect le corps de leur Seigneur. Il fut enterré dans le fouterrain de l'église , où

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reposcient scs ancêtres. Avec lui fut éteinte l'ancienne famille de Dachau.

Cependant la mère & l'Amante, enveloppées de crêpes & profternées au pied des autęls, prononcèrent le væu solennel de renoncer pour jamais au monde, & de consacrer tous leurs biens à fonder un monastère de l'Ordre de Saint-Benoit , cù l'on prieroit nuit & jour pour le repos éternel de l'ame du Chevalier, Poursuivis par

par la vengeance divine, les voleurs tombèrent bientôt entre les mains de la Justice ; tous furent arrêtés & conduits dans les prisons de Dachaii, où ils expierent sous le fer leur horrible attentat.

Les Comtes Palatins de Bavière , à qui le fief revenoit , firent ériger une chapelle à l'endroit où le meurtre avoit été commis : elle fubfifte encore, on l'apperçoit du chemin qui mène au château de Dachau.

(Par M. M*** )

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Explication de la Charade, de l'Énigme &

du Logogriphe du Mercure précédent. Le mot de la Charade eft Poulie, celui de l'Énigme est le Coq, celui du Logogriphe est Cadayre , ou l'on trouve Ver, Ayare , Cave, Rave, Ave, Cadre, A, Race, Arc, Arcude, Rade.

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