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Du mois de Février 1788,

te.

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Pieces IÈCES FUGITIVĖ S. Voyage en Syrie & en Egyp. .

59 Le parti prudens

3

La nouvelle Ecole du Monde. Réponses à la Question. Vers à Mme. La Princelle!

84
Euvres de Théatre.
Rofvigliosi.
Chanson.

Projet nouveaii.
Mon Epi:aphe.
Idem. Recherches.

146 Lettres.

165 Dialogue.

$1!
Anatomię.

18a Chanson.

97 Histoire de Palmire. Les Ailes du Moulin, Pable. Variétés,

145 A Mlle, de S. Leger, 1461

SPECTACLES. Charades, Enigmes & Lojo- Comédie Françoise..

griphes, 5056, 110, 145, Comédie Italienne. 135 NOUVELLES LITTÉR. Annonces & Notices, 48, 89, Errennes Lyriques.

40

188.

99!

17,860

38

2

A Paris, de l'Imprimerie de MOUTARD, rue

des Mathurins, Hôtel de Cluni,

DE FRANCE.

SAMEDI jer. MARS 1788.

PIÈCES FUGITIVES

EN VERS ET EN PROSE.

Baron DE TRENCK dans sa prison

de Magdebourg.

S T A N C E S.

Esprit consolateur, pure & sublime effence,

Rayon céleste, appui des malheureux,
Luis toujours à mon cæur, ô divine espérance !

Mon fort n'est plus affreux.

Toi seule me soutiens depuis près de deux lustres :

Chargé de fers, par un ordre surpris, Je me vois mis au rang des inalheureux illustres, Que l'erreur a proscrits. .

A.

Vous, image des Dieux, ou plutôt Dieux sur terre,

Rois, Potentats, qui nous jugez comme eux ; Tremblez de n'imiter que par votre tonnerre

La puissance des Dieux.

Pls savent châtier, comme ils savent abfoudre

Le Sage obscur , le Fourbe accrédité; Mais qui peut jusqu'à vous, quand vous lancez la

foudre, Porter la vérité ?

Est-Tu Dieu , Frédéric ? tonne sur un perfide;

Tu sais fon crime , en vain il se défend; Eft-cu mortel...! fufpends... La farcur qui te guide

Peut perdre un innocent.

Tv signas mon arrêt sans me prouver de crime;

Mais as-tu cru figner mon déshonneur ? M'ayilir à nies yeux ? L'innocent qu'on opprimç

Brave son oppreffęur. :

REDOUBLE autour de moi tes barbares cohortes;

Augmente encor l'horreur de mon tombeau; Inventę, s'il se peut , pour en garder les portes,

Quelque moyen nouveau.

FAIS MOT fouffrir le froid, la faim & l'insomnie;

D'un triple airain enchaîne mes efforts : Presente enfin sans cesse à ce reste de vic

L'aspect de mille morts.

Je brave tes Bourreaux & ta vaine puissance.

Quel bien la mort peut-elle me ravir ?
Si ton courroux n'a pu m'ôter ma conscience,

Renonce à me punir.

Mais de quels csis perçans retentir cette voûte?
Le bruit augmente.... On ouvre.... Hé bien,

Soldats,
Frappez, me voilà prêt; vous apportez sans doute

L'arrêt de nion trépas ?

Que vois-je ? leur maintient.... leliis regards moins

sinistres.... Vous sauriez... Quel papier tenez-vous ? D'un Dieu de paix, amis, feriez-vous les Ministres ?

Quoi! vous m'embrassez tous !

MONTREZ-moi cet écrit ; que mon tourment finitle;

Donnez.... mon cæur n'attend plus de revers ; Lisons... w Baron de Trenck, ton Roi te rend justice

so Et brise enfin tes fers cc,

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JUSTE Ciel! relisons.... je m'abuse peut-être....

J'existe enfin, mon sort n'est plus douteux. Arbitre des humains qui me redonnes l'être,

Reçois mes preiniers væux.

Quel changement fubit!..... suis-je Trenck ! ces

murs s'ouvrent; . Je n'y vois plus cet effrayant tombeau;

A ce corps tanimé de nouvсaux sens découvrent

Un Univers nouveau.

PARDONNE, Frédéric ; ton sujet fut injuste;

La vérité luit aussi pour les Rois; Pardonne, fi j'ai cru que sous ton règne auguste

On méconnût sa voix.

Oui, 'Prince qu'on chérit, Guerrier que l'on re

nomme, A tes genoux reçois mon délavcu; En cajour dans le Roi je reconnois un homme

? Et dans cet homme un Dieu.

Et vous, Cocitoyens, chers amis, dont le zele

M'a foutenu dans les plus grands revers Vous préserve à jamais la justice éternelle

Des maux que j'ai soufferts.

Ou fi d'un Dieu vengeur la puiffance l'ordonne,

Sounettez-yous & craignez de l'aigrir ; Adorez-le en silence, & priez qu'il vous donne La force de fouffrir.

(Par M. B. A. Planterre. )

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