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Vous, image des Dieux, ou plutôt Dieux sur terre,

Rois, Potentats, qui nous jugez comme eux ; Tremblez de n'imiter que par votre tonnerre

La puissance des Dieux.

Pls savent châtier, comme ils savent abfoudre

Le Sage obscur , le Fourbe accrédité; Mais qui peut jusqu'à vous, quand vous lancez la

foudre, Porter la vérité ?

Est-Tu Dieu , Frédéric ? tonne sur un perfide;

Tu sais fon crime , en vain il se défend; Eft-cu mortel...! fufpends... La farcur qui te guide

Peut perdre un innocent.

Tv signas mon arrêt sans me prouver de crime;

Mais as-tu cru figner mon déshonneur ? M'ayilir à nies yeux ? L'innocent qu'on opprimç

Brave son oppreffęur. :

REDOUBLE autour de moi tes barbares cohortes;

Augmente encor l'horreur de mon tombeau; Inventę, s'il se peut , pour en garder les portes,

Quelque moyen nouveau.

FAIS MOT fouffrir le froid, la faim & l'insomnie;

D'un triple airain enchaîne mes efforts : Presente enfin sans cesse à ce reste de vic

L'aspect de mille morts.

Je brave tes Bourrcaux & ta vaine puissance.

Quel bien la mort peut-elle me ravir ?
Si ton courroux n'a pu m'ôter ma conscience,

Renonce à me punir.

Mais de quels csis perçans retentit cette voûte?
Le bruit augmente.... On ouvre.... Hé bien,

Soldats,
Frappez, me voilà prêt ; vous apportez sans doute

L'arrêt de nion trépas ?

Que vois-je ? leur maintient.... leliis regards moins

sinistres.... Vous sauriez... Quel papier tenez-vous ? D'un Dieu de paix, amis, feriez-vous les Ministres?

Quoi! vous m'embrassez tous !

MONTREZ-Mor cet écrit ; que mon tourment finitle;

Donnez.... mon cæur n'attend plus de revers ; Lisons... w Baron de Trenck, ton Roi te rend justice

so Et brise enfin tes fers cc,

כר

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JUSTE Ciel! relisons.... je m'abuse peut-être....

J'existe enfin, mon fort n'est plus douteux. Arbitre des humains qui me redonnes l'être,

Reçois mes preiniers væux.

Quel changement fubit!..... suis-je Trenck ! ces

murs s'ouvrent; . Je n'y vois plus cet effrayant tombeau;

A ce corps tanimé de nouvсaux sens découvrent

Un Univers nouveau.

PARDONNE, Frédéric ; ton sujet fut injuste;

La vérité luit aussi pour les Rois; Pardonne, fi j'ai cru que sous ton règne auguste

On méconnût sa voix.

Oui, 'Prince qu'on chérit, Guerrier que l'on re

nomme, A tes genoux reçois mon délavcu; En cajour dans le Roi je reconnois un homme

? Et dans cet homme un Dieu.

Et vous, Cocitoyens, chers amis, dont le zele

M'a foutenu dans les plus grands revers Vous préserve à jamais la justice éternelle

Des maux que j'ai soufferts.

Ou fi d'un Dieu vengeur la puiffance l'ordonne,

Sounettez-yous & craignez de l'aigrir ; Adorez-le en silence, & priez qu'il vous donne La force de fouffrir.

(Par M. B. A. Planterre. )

ANECDOTÉ HISTORIQUE,

Tirée d'une ancienne Chronique d'Allemagne

SUR

ur une montagne escarpée, environnée de tous côtés d'épaisses forêts, est situé un château fortifié , ancienne résidence des Comtes de Dachau. Là vivoit avec une inère âgée & respectable , le dernier rejeton de cette fainille illustre.

Les Comtes de Wolfartshausen étoient leurs proches parens , & la proximité de leur demeure facilitant les vilites réciproqués, avoir préparé une alliance plus étroite. La jeune Comteile leur fæur éroit promise en inuringe au Comte de Dachau, avec une riche dot.

Les fêtes de Noël étoient l'époque où devait se célébrer le mariage pour lequel on faifoit des préparatifs magnifiques. Les Chevaliers & les Daines 'nobles du voilinage y étaient invités.

On'avoit donné aux Écuyers & aux Pages, des livrées neuves , fur lesquelles étoit brodé Peculion des deux familles, * Tout étant préparë , le Chevalier paré de ses habits nuptiaux, & suivi de tous fes gens, defcendit la montagne, & s'avança dans la vallée au devant de la future

épouse; mais trouvant la marche de fon eortege trop lente au gré de son impatience, il lâcha la bride à son superbe coursier, & entra dans le bois , où il s'enfonça affez ayant pour que fa suite ne pûr entendre fa voix.

Tout à coup une troupe de voleurs fond fue lui, & après quelques efforts inutiles,

il est désarmé & percé de coups. En vain offrit-il tout ce qu'il possédoit pour racheter sa vie. La cruauté de ces brigands fut fourde à les prières : ils achèvent le crime, le dépouillent dts habits riches, des bijoux précieux, parure destinée pour ses noces , & partagent entre eux le butin. Une bague d'émeraude , premier gage qu'il avoir reçu de son Amante en lui donnant sa foi , ne pouvant être ôtée facilement de fon doigt, ces barbares, coupèrent. si inain ; ensuite, couvrant de terre son cadavre, ils prirent la fuite., emmenant avec eux le cheval de l'infortuné Gentilhomme.

Cependant la fiancée, accompagnée de fes deux frères, & suivie d'un train brillant, arrive au château, où l'attendoit une nombreuse compagnie. Tous se félicitent réciproquement de l'heureuse circonstance qui les raffemble : la mère seule, triste & inquiète de ne point voir fon fils, l'attendoic avec impatience. Elle envoye, pour le cher-. cher, fes Écuyers & ses Pages. Le petit chien du Chevalier court après ceux-ci, & va filairant chaque builon, comme pour y chercher fon Maitre.

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