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cours.

Le souper est servi dans la grande falle. Les Chevaliers & les Daines prennent place à table; mais la gaité en est bien éloignée; un morne silence , des regards tristes annoncent le pressentiment qui trouble les

L'épouse ne peut retenir ses soupirs'; fon fein est gonflé par la douleur , son collier se rompt, les perles roulent de tous côtés fur la table. A ces signes sinistres', les conviyes effrayés quittent la table ; les plats, les vales de vermeil sont enlevés, on arrend que le Chevalier paroisse. Un vent impétueux agite les cimes des sapins dont la montagne est couverte , & mugit entre les cours du château ; des tourbillons de neige dercendent des rocher's dans le vallon. Enfin les nuages s'écartent, & la pâle lumière de la lune pénètre jusque dans l'appartement : on entend le cri funèbre des oiseaux de nuit.

La jeune Comtesse cache son beau visage : il n'est plus pour elle de joie ni de repos. Dans ce moinent on entendit sonner du cor, le pont-levis fut baissé ; c'étoient les Écuyers & les Pages qui rentroient précipitamment , & comme pourlạiyis par les fantômes de la nuit. Toute la compagnie rangée auprès de la douairière & de la bru, qui intérieurement adressoit des væux du Ciel, attendoit dans une muette consternation ce qu'ils alloient apprendre , lorsqu'un ori plaintif & sourd attira les regaxds daw

As

côté de la porte. On vit le petit chien, qui , courant à la mère de fon Maitre, posa à ses pieds quelque chose de fanglant, qu'il léchoit en gémislant. Hélas ! c'étoit la main coupée que les atiallins avoient laille tomber en fuyant: l'Amante & la mère reconnoissent la bague d'émeraude, & tombent évanouies.

A cer afpect, les Chevaliers prirent les armes, & suivis des gens du château, ils entrèrent dans la forêt , qu'ils parcouru*rent de toutes parts. Le chien fidèle les précédoit en poussant des cris lugubres sans interruprion; il cherchoit les traces de son Maître. Ils erroient ainsi depuis une heure, lorsqu'il s'arrêra sur un monceau de terre, qu'il efsayoit de creuser en redoublant les hurlemens. On fouilla certe terre nouvellement remuée , & l'on y trouva le corps nu & mutilé du Comte de Dachau. Les Chevaliers déplièrent leurs manteaux, & l'en : enveloppèrent ; ils le lièrent sur un de leurs chevaux; puis Ôtant les pluies de leurs chapeaux, & les Ecuyers ainsi que les Fages, arrachant les rubans & tout ce qui ornoit leurs habits , ils reprirent triftement le chemin du château , sans qu'aucun bruit interrompît le Glerce de leur marche:

Du haut des tours on vir venir le convoi funebre. Les Prêtres allèrent au devant julqu'au pied de la montagne , & reçurent avec respect le corps de leur Seigneur. Il fut enterré dans le fouterrain de l'église, où

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reposcient scs ancêtres. Avec lui fut éteinte l'ancienne famille de Dachau.

Cependant la mère & l'Amante, enveloppées de crêpes & profternées au pied des autęls, prononcèrent le væu solennel de renoncer pour jamais au monde, & de consacrer tous leurs biens à fonder un monastère de l'Ordre de Saint-Benoit , cù l'on prieroit nuit & jour pour le repos éternel de l'ame du Chevalier, Poursuivis par

par la vengeance divine, les voleurs tombèrent bientôt entre les mains de la Justice ; tous furent arrêtés & conduits dans les prisons de Dachaii, où ils expierent sous le fer leur horrible attentat.

Les Comtes Palatins de Bavière , à qui le fief revenoit , firent ériger une chapelle à l'endroit où le meurtre avoit été commis : elle fubfifte encore, on l'apperçoit du chemin qui mène au château de Dachau.

(Par M. M*** )

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Explication de la Charade, de l'Énigme &

du Logogriphe du Mercure précédent. Le mot de la Charade eft Poulie, celui est Cadayre , ou l'on du Logogriphe Cave, Rave, Ave, Cadre, A, Race, Arc, Arcude, Rade.

CH A R A D E. Mon premier ici bas rampe affez tristement ; Mon second dans les puits trouve son logement :: Lève les yeux, mon tout reluit au firmament.

( Par M. Lapleigné Ducoudray. )

ENIGM E.
Aux contrasies les plus bizarres":
L'homme en naissant m'a destiné ,,
Quoique d'attributs les plus rares
Je Cois heureusement:orné.
Toujours diferet, paflif, utile
Aux champs, à la Cour, à la ville,
Je suis à tous subordonné;
Jc.fers les dévors, les coquettes
Sur les tombeaux, sur les toilettes ;
Des boudoirs je passe aux autels :
Pref, au cercueil, ainsi qu'aux, fêtes ,
J'accompagne tous les mortels.
( Par M. Fr. Durruthy , Nég. à Bayonne..)

LOGO GRIPHE: Les préféns que Cérès-nous fait en abondance; La liqueur:de Bacchus , les fruits délicicax;,

Les fleurs que le Printemps vient offrir à nos yeux,
Lccteur, tous ces trésors sont dus à ma naissance ;
Aussi pour mes bienfaits , les sensibles mortels
Me prodiguent des soins dus à leur tendre mère,
Et jaloux d'honorer ma voix qui les éclaire,
Leurs mains, en plus d'un lieu, m'ont dreifé des

autels.
On trouve dans mon nom les trésors de l'abcille ;
Un seul des attributs du petit Dicu galant,
Qui nuit & jour, dit-on, pour nous séduire veille ;
Du plus Savant des Cieux le sonore instrument;
Celui qu'on donne au bien dönt jouit plus d'un

Prêtre ;' De tous les maax'connus un des plus dangereux ; Ce que tout borr Chrétien doit rendre au premier

Etre.; Du citoyen des champs, les soins laborieux ; De.la main du Très-Haut, le premier des ouvrages; Deux des quatre élemens qu'il a créés pour nous ;, Be qui chez un Joueur causė bien des nuages Quand le sort in humain l'accable de ses

coups: Bref, de me deviner qui veut prendre la peine, Doit savoir qu'onze pieds, sauf erreur, font mon

tout.

Lecteur, qui que tu sois, sans te mettre à la gêne, Die..connoître mon nom tu peux venir à bout.

(Par M. de Vachon de Fuigrammont;

Garde du Corps de Monfieur..)

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