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La fimplicité de ce dernier vers est attendrillante. Le Spectare:ir plaint le Comte , & ne fait non plus que lui ce qu'il doit penser d'Hortenle. Le Comte revoit Hortense; il lui retrouve toujours cette insenfibilité cruelle, & cette frivolité désespérante. Enfin, au cinquième Acte, la force de la ftuation lui arrache fon secret : elle aimoit le Comte ; mais ne pouvant espérer d'être à lui, elle avoit voulu le guérir de son amour , & l'éloigner d'elle par les fausses apparences d'une légèreté faite pour déplaire au Comte. Tandis qu'il se livre à la joie & à l'amour :Insensé ! lui dit-elle :

Croyez vous qu'une femme capable De l'effort que j'ai fait , trahisse son devoir ? Elle exige qu'il l'abandonne & qu'il rempliffe les vûes ambitieuses de son père; il réfifte: Je le veux, dit-elle: Saincenne, estimons-nous ; le reste s'use, paffe; L'amour qui du devoir nous fait quitter la trace, Après avoir trompé notre espoir le plus doux, S'éteint dans les remords, & meurt dans les dégoûts. Saiocenne, eftimons-nous ; c'eft-là le bien suprême; Il nous adoucira notre infortune extrême..... Méritons d'être heureux, c'est-là l'essentiel. Cette répétition, Saincenne, eftimons-nous, fait venir les larmes aux yeux ; c'est vraiment du sublime dans le genre le plus Ample & le plus aimable.

FS

Quand le Lecteur est ainsi détrompé avec le Comte sur les défauts apparens du caractère d'Hortense, qu'il revienne sur ces Scènes où Hortense lui avoit paru si frivole, il sera surpris de reconnoître que la plupart de ces mots légers qu'il regardoit comme des Epigrammes, étoient autant de traits de sentimens enveloppés dans des équivoques ingénieuses & pleines de délicatesse. L'Auteur n'ayant pas donné de Confidente à Hortense, ce qui relève encore ce caractère , facrifioit en quelque sorte toutes ces beautés , qui, au moment de chaque Scène, échappoient au Lecteur, & dont celui-ci ne peut sentir tout le prix qu'en revenant ainsi après coup & avec réflexion sur ces mêmes Scènes.

Le Faux Noble, comparé à l’Esprit de parti , nous paroît annoncer un talent.encore plus décidé, plus ferme , plus créateur, plus fait pour aller au grand dans ce genre.

Nous ne doutons point qu'il n'arrive à ces deux Pièces "ce que nous avons vu arriver à quelques autres, qui, ayant été imprimées d'abord, ont été conduites par les succès de la lecture aux succès les plus brillans & les plus durables du théatre.

La Toison d'or, Tragédie lyrique, qui fuit ces deux Comédies, a été couronnée par le Comité des Opéras. On y voit ce qu'on ne voit point dans les autres Ouyrages lyriques ou dramatiques dont Mé,

dée est le sujet ; favoir , Jason estiinable & intéressant, & Médée encore vertueuse, & cellant pour la première fois de l'être par l'empire de la fatalité & par la violence de l'ainour.

Des Pièces fugitives terminent ce volume ; elles nous ont paru réunir la gaîté, la philosophie, le naturel, & les graces. Nous n'en citons point de morceaux la seule raison qu'il est temps de finir ce long Extrait.

, par

PROJET NOUVEAU sur la manière de

faire ucilement en France le commerce des Grains ; par M. BOURDON DesPLANCHES , ancien premier Commis des Finances , avec cette Epigraphe :

Pauperes ejus faturabe panibus.

Ps. 131, V. 16. A Bruxelles ; & se trouve à Paris, chez la veuve Esprit , au Palais-Royal.

C e Projet est divisé en deux Parties, dont la première est absolument indépendante de la seconde, & peut s'exécuter sans elle ; dans son ensemble, il tend à établir l'abondance des blés en France, à l'y entretenir constamment & à perpétuité, malgré l'intempérie des saisons, malgré les

entreprises du monopole; à ouvrir au Cultivateur un débouché certam de tous les grains dont il se trouveroit surchargé ; à assurer au consommateur, en quelque lieu du Royaume qu'il habite ou se retire, la fubfistance en pain, à un prix invariablement fixé, & inférieur à celui auquel il la paye à ce moment; à procurer à l'Etat la vente & le débit à l'Etranger, de tour fon superflu réel, fans expofer aucune contrée de l'intérieur à éprouver jamais ni insuffifance de la denrée , pi renchérissement de prix ; à soulager, disons mieux, à décharger les Sujets de toutes les impositions, soit réelles, soit personnelles, telles que Tailles, Capitation , Vingtièmes, Dixièmes, & autres semblables, qui maintenant sont réparles sur leurs personnes ou leurs biens; à allurer au Roi néanmoins, & sans le fecours de ces impositions, tous les revenus nécefsaires pour soutenir honorablement en remps de paix, l'éclat & la dignité de fá Couronne, avec un supplément, en temps de guerre, suffisant pour frayer aux dépenies extraordinaires qu'elle occasionne; à concilier enfin la richelle de l'Etat avec le bonheur & la tranquillité des Sujets.

Hâtons-nous de tâcher de guérir nos Lecteurs de la prévention que, sans doute, ils auront déjà prise, à la vue de cet apperçu, contre l'organıfarion de la tête qui fait rérieusement de telles propositions; & disons, sans nous permettre cependant de rien pré

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juger sur d'aulli grands objets, que le moyen que présente M. Bourdon Delplanches, pour realiter de si grandes idées, mérite au moins un sérieux examen. Mais c'est dans l'Ouvrage lui-même qu'il faut voir ce moyen : il y est présenté avec clarté & intérêt. M. Bourdon commence par le recit le plus abrégé des disettes & cheriés qui, dans le cours de ce siècle, ont affligé la France; & voici comment il annonce lon Projet.

» Loin de retracer ici l'effrayant tableau w des calamıés qui nous affligeoient alors,

essayons plurôt d'en effacer le souvenir, » & rendons à la France, s'il se peur, le

signalé service de l'en préserver pour » toujours.

» J'ose en annoncer ici le moyen ; je le » crois sûr, d'une exécution facile, & sans » inconvéniens ; mais parce que le coeur » ne calcule pas toujours d'une manière : » auni certaine que la raison ; parce que

l'imagination peut être égarée par l'ar» deur du zèle ; parce que la matière est - » intéressante & délicate ; parce que les » faux pas y ont éré fréquens, & qu'ils y se font toujours du plus grand danger ; je v

délire que les idées que j'ai à propo» ser soient rendues publiques & soumi» ses à l'examen, ainsi qu'à la discullion » de tous les connoilleurs

admises qu'aurant qu'elles se trouveroient w être du goût de la Nation, & que, com* ine moi, elle les estimeroit uriles , praos ticables & sans inconvéniens “.

· pour n'être

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