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PAYS-BA S.

De Bruxelles, le 9

Février, L'établissement du Séminaire-Général de Louvain emportoit, comme nous le dimes dans le temps, la clôture des Seminaires Episcopaux ou Diocésains. Il n'est donc pas surprenant de voir aujourd'hui à la tête de l'Opposition, la plupart des Prélats Belgiques & tous les Théologiens sous leurs ordres. Quelques Evêques néanmoins, entr'autres le Prince de Salm-Salm, Evêque de Tournai, & le Prince de Lobkowitz, Evêque de Gand, ont ordonné à leurs Théologiens de se rendre au Séminaire-Général ; mais ceux de ce dernier Diocèse oni refusé d'obéir. Ils ont présenté à leur Evêque diverses requêtes, dans l'une desquelles, en date du 15 janvier , cinquante-quatre Signataires disent au Prélat:

» Non, non, Monseigneur, la sagesse & la fermeté avec laquelle les Évêques de la Patrie ont résisté jusqu'ici à l'établissement de la Babylone infernale, les raisons invincibles qu'ont alléguées ces mêmes Pasteurs, conjointement avec les États des différentes Provinces, contre cet institut destructif du dogme Catholique, les représentations mêmes de votre Altesse citées ci-dessus; enfin, la crainte d'agir d'une manière directement contraire au ferment de votre Altesse, nous font prer.dre

vons ,

les ma

la respectueuse liberté de nous jeter à ses pieds, & d'y déclarer sous le plus grand respect, comme avec la plus grande confiance

... Qu'en conséquence de tout ceci, nous ne pou

sans manquer alix devoirs les plus facrés que nous impose le titre seul d'enfant de l'Eglise de J. C. , plus encore le caractère de Mitiltres du Dieu vivant, obéir aux ordres que nèges intrigans des hommes perfides envers leur Créateur ont su arracher à V. A., ni quitter de la sorte notre Séminaire , par aucune autorité humaine , en faveur du Séminaire-Général; protestant en même temps que si on nous forçoit jamais, par voie de fait, à en sortir, nous serions plutôt prêts à nous disperser chez nos parens, au risque de perdre votre établissement, & de nous rendre inutiles à la Religion & à la Patrie.

Cette Sapplique, qui pourtant est de la fin du 18e siècle, n'ayant pas ébranlé l'Evêque de Gand, les cinquante-quatre Supplians font allés se jeter à ses genoux, en le conjurant par les entrailles de J. C. de rétracter des ordres qui alloient les précipiter dans le gouffre du schisme & de l'hérésie. Un de ces jeunes Ecclésiastiques voyant le Prélat toujours inflexible, se leva, & lui montrant le Cortège agenouillé : Mgr. , dit-il, voilà cinquantequatre Ministres de Dieu profternés à vos pieds. Cette étrange scène interdit un inftant le Prince de Lobkowitz, qui reprit bientôt fa fermeté, & qui confirma les ordres par son silence. Les Théologiens ne se re

gardant pas comme battus, ont dreffé & remis une nouvelle requête aux Etats de Flandres , où ils protestent qu'ils perdront leur état, plutôt que d'aborder ie Sémi. naire de Louvain. Jusqu'ici le Gouverne ment n'oppose que la douceur & la dir. cussion à ce débordement d'enthousiasme, dont l'Archevêque de Malines soutient les efforts , ainsi que l'Evêque d'Anvers.

Dans la multitude des Requêtes, Milfives, Déclarations dont on est accablé sur tette affaire délicate, il faut distinguer une lettre de ce même Cardinal de Franckenberg, Archevêque de Malines, à l'Empereur, en date du 18 janvier. Voici en quels termes ce Prélat exprime fa soumillion à Sa Majesté Impériale.

« SIRE, » Le Conseiller-Fiscal du Grand Conseil de Ma» lines m'a remis la Dépêche que V. M. vient de » m'adresser le 17 de ce mois , par laquelle je. » vois avec la plus vive douleur, qu'Elle me re

garde comme réfractaire & désobéissant à ses » ordres, tandis que je ne m'y suis jamais opposé » qu'en prenant la respectueuse liberté de repré» senterà V. M. que les devoirs de l'Episcopat, les » droits de mon Siége & la Religion du Serment, » me mettoient dans une impoflibilité absolue de » pouvoir concourir à l'établissement du Sémi» naire-Général ; qu'en outre, un précepte Divin » positif oblige tous les Evêques à configner la ► science de la Religion, en vertu de ses paroles

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» remarquables de Jésus-Christ adressées aux Apa » tres & à leurs Successeurs : MATTH. Chap. 28. » Data eft mihi omnis poteftas in cælo & in terra, w Euntes ergo docete omnes gentes, baptizantes eos in » nomine Patris, & Filü, & Spiritús Sanèti; docentes » eos servare omnia, quæcumque mandavi vobis. Pré» cepte appuyé de toute la puissance du Fils de Dieu, » & trop clair pour que je puisse en aucun temps » cesser de le remplir. Je ne me persuaderai donc » jamais que V. M. veuille regarder l'impossibilité n de mon concours au Séminaire-Général, comme » une opposition à ses ordres, croyant avoir, par » toutes mes démarches, rendu à César ce qui est » à César, & me trouvant maintenant dans l'indif» pensable obligation de rendre à Dieu ce qui est à » Dieu. J'ai l'honneur , &c.

On mande de Rouen, que le Parlement de Normandie , par un nouvel Arrêt, a accordé aux trois Accusés de Chaumont qu'il vient d'absoudre , la prise à partie contre l'Aflefleur & le Substitut du Procureur-général au Bailliage de Chaumont. paroît encore au sujet de cette affaire un Arrêt du Conseil des Dépêches, dont voici la teneur :

« Le Roi en son Conseil, en présence & de » l'avis desdits fieurs Commissaires, a caffé & caffe * les Arrêts du Parlement de Paris des 11 & 18 ► août 1786, ensemble tout ce qui s'en est ensuivi; » a évoqué & évoque à Soi & à son Conseil, la » connoissance des faits sur lesquels lesdits Arrêts » sont intervenus; icelle interdisant à toutes ses » Cours & Juges, a supprimé & supprime tous .» les Mémoires donnés à l'occasion de la demande » en callation formée par les nommés Bradier, Si» mare & Lardoise, comme donnés en contra. » vention aux Réglemens du Conseil, & conte1. nant des expretlions & des affertions capables » d'altérer le respect & la confiance que les Peuples » doivent aux Loix & aux Juges. "Ordonne Sa ý Majesté que le présent Arrêt sera imprimé. » Paragraphes extraits des Papiers Anglois

& autres Feuilles publiques. Extrait d'une lettre particulière de Constantin:ple,

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du 28 décembre. « Les avis que le Ministère a reçu, dit-on , touchant les dispositions qu'on fait en certaines contrées de l'Europe, pour accueillir la flotte que la Russie fait armer contre la Porte , & lui fournir des rafraichissemens, paroissent avoir causé bien du changement dans la position favorable où s'étoit trouvé jusqu'ici un certain Ministre étranger, & dont on a même envisagé l'influence comme exceslive. Le Capitan-Pacha ayant demandé à son ami le Grand Visir, d'être informé de toutes les notions qu'il avoit eues lui-même avant la rup

que de toạtes les circonstances qui avoient concouru à faire juger au Divan, comme très-favorable , le moment de déclarer la guerre, a été, dit-on, fort étonné de ce que, sur des articles de la plus grande importance, on se soit contenté d'informations verbales, principalement pour tout ce qui étoit relatif aux dispositions & à la façon même de penfer des Puissances qui auroient pu rendre un grand service à la Porte, par la plus parfaite neutralité. En conséquence, le Grand Vifir avoir follicité ce Ministre Etranger de vouloir bien coucher sur le papier tout ce qu'il lui avoit dit dans plusieurs entretiens , soit avant, soit après l'époque du 16 août. Le Ministre a ré pondu qu'il trouvoit fort étrange qu'on lui de

ture, ainsi

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