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des prisonniers? Ah ! qu'il frémille en se rappelart ce proverbe : c'est le receleur qui fait le voleur,

» Tout le sang versé dans ces guerres, tous les hameaux incendiés par les partis contraires toutes les horreurs que la guerre traîne à la suite, toutes les larmes , toutes les souffrances des Captifs qu'on arrache brusquement aux attachemens les plus facrés, tous ces déchiremens de cours collés l’un contre l'autre par la nature, toutes ces cruautés que

les pauvres Captifs endurent dans le cours de leur voyage, ou sous la verge

d'un piqueur, le Marchand en répondra au ciel. Il fait de los propre intérêt son idole , & c'est à cet horrible dieu qu'il immole l'humanité dans un sacrifice sanglant. Quoi! il ne s'élèvera point de vengeur qui prenne la défenfe? Quoi ! le reste du monde demeurera dans un lâche insouciance', & verra d'un weil sec infulter & outrager ainfi l'humanité, pour qu'un Commerçant puille manger un plat délicat, ou la fille d'un Capitaine étaler fes

graces

dans üne parure de foie ou de mousseline?

» Mais j'entends des voix s'élever & me répondre: c'est une branche du commerce national ; cette traite des Nègres, le gouvernement la permet. Ainsi autrefois les Etats de la Grèce non-feule. ment permettoient la piraterie , mais même la regardoient comme honorable. Mais dans une matière si évidemment contraire aux principes les plus communs de la justice, où est l'homme qui lache encore rougir, ou qui conserve quelque hon. nêteté dans le coeur, qui ose s'avouer le défenseur d'une telle caufe dans une assemblée nationale ? Je te demande , fi

, nolis justifions ce commerce infâme par l'excuse de la nécessité ; jusqu'où cela ne nous menera-t-il pas? de quel front oferons. nous condamner le voleur Du gibet même il nous crie : la nécessité , & notre excuse n'est pas

meilleure que la sienne. Fiat justitia , ruat cælum. Les amis de la liberté doivent d'après leurs propres principes réprouver cette espèce de tirannie, la plus abominable de toutes. La plus abominable, parce qu'aucune ne flétrit autant le moral, ne fait descendre fi profondément la corruption dans le coeur. Le Chrétien ne peut soutenir cet infâme com. merce; sa Bible lui montre les ravisseurs d'hommes, rangés dans la même claffe que les parricides & les parjures. (A Tim. 1, v. io.) Voudra-t-il se mêler à cette troupe impure ? Voudra-t-il la foutenir de son crédit ? Ceux qui lis nt & croient leur bible, peuvent apprendre par les histoires & les prophéties qu'elle contient que, quoique la Providence Divine ait quelquefois jugé à propos de permettre à une nation d'en opprimer une autre , & que l'oppreffeur pui le être regardé comme le fouet de la justice divine; cependant la vengeance revient à la fin le frapper à son tour, parce qu'il, cherche à satisfaire son injustice, & non à procurer la réformation de l'opprimé. Fondés sur cette raison puissante , ceux qui croient une Providence Divine, doivent trembler de participer à l'injustice de ce commerce en l'encourageant.

» Si une fois ce trafic infernal pouvoit être anéanti, le fort des Esclaves s'amélioreroit enfin dans nos illes ; les Nègres nés sur le sol même seroient plus traitables, plus à portée de s'attirer l'affection des maîtres chez lesquels ils seroient nés; & plus faciles à convertir au Christianisme, parce qu'il seroit aussi plus aisé de les instruire. L'opération douce & uniforme des principes de cette religion pourroit à la fin éteindre l'esclavage lui-même ; car quoique le Christianisme, à fa première promulgation, n'ait point essayé d'introduire de changemens dans les droits civils des hommes , & cela pour des raisons qui se présentent

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d'elles-mêmes, cependant il tend naturellement par son esprit à la liberté civile, comme Montesquieu l'a observé en sa faveur , & Gibbon a osé le lui reprocher. Il est pourtant évident que la culture de la canne de sucre ne nécessite point l'esclavage , puisqu'on faifoit du sucre en Sicile il y a quelques siècles, comme on en fait encore aujourd'hui dans la Cochinchine, sans employer des Esclaves à cette culture. Mais quand cela leroit autrement, quel choix les Anglois devroient-ils faire dans l'alternative de se passer de sucrer leur thé , ou de délivrer du poids des chaines & dụ joug , des nations entières.

» La prohibition de la traite des Nègres feroit directement avantageuse aux Planteurs. Le bénéfice qui en résulteroit s'accroîtroit avec le temps, puisqu'il hausseroit immédiatement le prix de ses Nègres dont le nombre s'augmenteroit auffi par l'amélioration du système présent de l'esclavage.

» Les Marchands Anglois y gagneroient également en ce qu'aucun des produis de nos Colonies n'étant employé à l'acquisition des Esclaves, il en resteroit davantage pour folder les dettes contractées avec la Grande-Bretagne.

» J'y vois également l'avantage de la Nation. Le Planteur cultivant la canne à sucre à moins de frais , pourra par la même raison nous fournir ses productions à meilleur marché. Ajontez à cette économie , celle des Matelots & des Soldats qu'on n'enverra plus mourir sur les côtes mal-laines

» Nous prouverons aux Etats-Unis de l'Amérique, que nous ne sommes pas moins qu'eux amis de la liberté, & nous aurons du-moins l'honneur de suivre un exemple que nous aurions dû avoir celui de donner. Nous démontrerons à l'uni. vers notre justice & notre humanité.

de l'Afrique.

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VO

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» Le règne de Georges III. en recevra un éclat particulier, & celui qu'un zèle noble pour le foutien de la piété & de la morale distingue chez lui comme le véritable père de fon peuple, se montrera par-tout l'ami du genre humain.

» J'ai fait, Monsieur , tout ce qui a été en mon pouvoir. Je suis hors d'état de vous donner des renseignemens plus exacts. Mais ma conscience ine dit que je ne vous ai présenté volontairement aucune circonstance dans un faux jour. Tout ce que j'ai écrit, c'est un zèle ardent pour le succès de la cause intéressante que vous soutenez, qui me l'a dicté.

» J'ai quelques papiers qui ont été publiés sur ce sujet , & je me ferai un plaisir de les faire circus ler parmi mes voisins. Je suis , Monsieur,

avec un grand respeo

tre très - obéissant & très-
humble Serviteur, ROBERT
BOUCHER NICKOLLS,

Doyen de Middleham. Nous profiterons de l'espace que nous laisse la vacance actuelle du Parlement pour donner, ainsi que nous l'avons promis, une idée de la Réponse de M. Hafrings , aux articles d'impeachment , pardevant la Chainbre Haute. Certe Réponse purement de forme zainsi que l'exige la pratique de ces Jugemens solennels, n'est point une défense détaillée. L'Accuséyeit a treint à une dénégation ou à un aveu pur & fimple des différentes charges contenues dans les articles d'impeachment, 11 eft obligé

d'y

d'exposer en général ses faits justicatifs, {ans les développer ni les démontrer. Sa véritable & feule défense se prononcera le jour de l'ouverture du procès, à la barre des Pairs assemblés dans la grande Salle Basse de Westminster , sous la Présidence du Lord Chancelier qui fera les fonctions de Grand Stewart, ou Sénéchal du Royaume. Dans sa Réponse préli, minaire, M. Hastings a seulement posé les bases de la justification ; elles contredisent presque tous les faits allégués dans l'impeachment , & représentent les autres, ou comme absolument dénaturés, ou comme faux dans leur application à la personne de l’Accufé. Ces assertions dénuées des preuves sur le!quelles elles seront appuyées dans la procédure, ne mériteroient aux yeux de nós Lecteurs pas plus de crédit que les accusations même: ainsi, nous ne leur offririons, auc:ines lu-, mières nouvelles, en les rapportant. Le moment de ces lumières est prochain; nous l'attendrons pour confirmer le Public dans l'idée que nous lui avons conftamment donnée de cette persécution, que

la Chambre des Communes ellemême vient en quelque sorte de désavoger, en excluant de la conduite du procès celui qui en a été le principal Inftigateur , comine le principal Intéressé, No. 3. 19 Janvier 1788.

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