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fageant des nouvelles & des jugemens dont la fource n'est jamais pure.

Ce n'est pas seulement par de vives Commo tions publiques, que l'année dernière fixera l'attention des Historiens. L'influence, peut-être beaucoup trop grande, de l'àmbition commerciale sur la politique intérieure & extérieure, a produit de nouveaux Traités & de nouveaux rapports. L'anneau qui l'an passé rapprocha les liaisons d’induftrie entre la France & l'Angleterre, s'est fortifié par des Conventions additionnelles; mais le premier avantage de cette Union ayant d'abord paru rester au plus entreprenant, des murmures se sont élevés dans quelques Provinces du Royaume, comme si la nature avoit condamné l'induftrie na tionale à lutter trop inégalement contre nos voifins. Heureusement cet aveu d'inhabileté volontaire n'est pas une preuve d'impuissance; l'esprit du Commerce, la patience, l'émulation, l'écono, mie ne sont point des dons réservés à la seule Angleterre : les moyens n'étant pas exclusifs, il feroit étrange qu'en les adoptant,

ses bénéfices le fussent également. Le Commerce du Nord offre la même concurrence, & fourniroit les mêmes réa flexions, Le Traité récent de la France avec la Ruffie a diminué le désavantage de nos Négocians dans ce trafic , & lui a donné quelque sureté. Pour en apprécier l'utilité, il süffiroit d'opposer aux raisonnemens de ceux qui la contestent, les efforts par lesquels les Anglois ont tenté de prévenir cette transation. Celle dont ces heureux Insulaires jouiffoient dans le même Empire , reste toujours suspendue. Il est même affez remarquable que, s'écartant en cette occasion de leurs préjugés, ils aient arrêté par des obstacles politiques le renouvellement de ce Traité, & subordonné cette fois les intérêts du Commerce à ceux de l'Etat,

En ce moment, on distingue encore en Esrepe an autre objet d'émulation, tardive il est vrai , noins importante par une fuite de ce retard même, mais digne en tous, sens de la justice & de la fagesse des Souverains ; nous parlons de la tolérance

. L'Allemagne entière , fi l'on en excepte la Bavière, a renoncé aux maximes du 16*. fiècle. A la liberté de conscience dont jouissoient les Diffidans dans la plupart de ses Principautés, elle a ajouté la liberté de leur culte, & même en quelques endroits , le partage des emplois civils. Dans la Session dernière, nous avons vu le Parlement Britannique près d'accorder aux Non-Confors mistes, je ne dis pas la tolérance civile, dont ils : jouissoient déja dans toute son étendue, mais encore la tolérance politique, qui en détruisant l'acte du Tel & celui de Corporation, , eût mis leurs Se&tes dans une égalité presque parfaite avec la Religion dominante. Cette grande question, disputée de part & d'autre avec autant de profondeur

que d'humanité, n'a pas été jugée très-définitivement. Quoique l'innovation proposée ait eu contre elle la pluralité des Communes Britanniques, & les hommes les plus murs de cette Allemblée, il est à croire qu'on la remettra tôt ou tard en examen, avec des réserves qui la rendent généralement admissible. Il est doux d'avoir vu quelques mois après le Gouvernement François porter aulli fon attention sur les Protestans du Royaume, & allurer par une loi permanente les premières con ditions de l'existence naturelle de ces Sujets , dont.. les plus doux liens de la nature,

les rapports

domestiques les plus intéressans au bon ordre & à la société, restoient soumis à une incertitude , à quel. ques égards, pire que la proscription,

La régularité avec laquelle nous avons tâche de recueillie les principaux débats du Parlement

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de la Grande-Bretagne, a dů instruire nos Lecteurs des efforts de cette République dans son administration intérieure, pour améliorer le régime de ses Einances, pour en supporter le fardeau sans défsécher les sources de la prospérité publique, & pour mettre la Nation en état de soutenir à-la-fois des impôts multipliés, la confiftance de son crédit, les ressources d'un trafic immense, ses pertes dernières , par un redoublement d'activité; sa place dans le système politique, par fes opérations légisalatives autant que par ses négociations.

Il étoit réservé au fils même du Comte de Chatham, de reproduire en Angleterre ce phénomène d'un coneert de volontés, du silence de l'esprit de parti, d'un aveu unanime des talens, comme de la prévoyance d'un Ministre. En mettant le sceau de l'eftime & de la confiance générales à l'administration de M. Pitt, l'année dernière a affermi dans les mains un gouvernail auquel la Nation yoit fa gloire attachée.

Passant sur les véritables causes qui ont appelé ke Roi de Prusse à un rôle si décisif dans les scènes funestes de la Hollande , nous remarquerons que jufqu'ici les principes de son illustre Prédéceffeur

n conservé leur Einpire dans le régime inférieur,

Les changemens même qui ont modifié quelques parties de l'ancienne administration, se resfentent encore du respect qui lui a survécu. On a vu dans ces réformes une timidité prudente; on 'a craint

d'ébranler la clef même de l'édifice, en en déta • chant quelques pierres qui le défiguroient. Mais l'un des Ministres de cette Monarchie, homme d'Etat & Citoyen, également propre à la conduite des intérêts politiques, & à illustrer une Académie, est lui-même l'Historien de l'Admiaistration Prussienne. Chaque année nous présentons à nos Lecteurs ces Tableaux périodiques, qui rendroient ridicules d'informes croquis tracés par la main d'un Etranger,

La résistance des Provinces Belgiques aux innovations introduites dans leurs Coutumes conftitutives, a paru à quelques esprits inattentifs une étincelle du volcan qui embrasoit la Hollande; on a cru que celle ci, en électrisant ses voisins, leur communiquoit un enthoufiasme de liberté. A la vérité, les symptômes d'échauffement ont été presque les mêmes dans les deux contrées; mais le principe en étoit très-différent. Dans les PaysBas on s'opposoit à une réforme ; dans les Provinces-Unies on l'entreprenoit : là, on étoit armé pour défendre des lois jurées; ici, pour substituer une nouvelle constitution à celle qui s'étoit affermię par fes abus même, & dont l'ébranlement seul mettoit en péril la fureté publique & particulière

. Les Pays-Bas Autrichiens ont défendu les abys comme les lois ils ont envisagé du même ceil

des atteintes à leurs

mêmes. Dans leur défiance , droits fondamentaux, & des changemens dans la police publique , que les lumières du siècle, l'expérience, une utilité préfumée, avoient ordonnés autant que la volonté de l'Empereur. Déja l'Eu

sope, à la vie des Brabançons armés, de quelques Scenes tumultueuses, & d'une armée Impériale en mouvement, s'attendoit à voir ensanglanter ce théâtre où l'on ne s'étoit encore battu qu'en écri- ; tures , lorfqu'à l'instant des réfolutions les plus fermes, le Cabinet de Vienne a tout-à-coup abandonné les projets, & fait rétrograder ses troupes.

Cette révolution auffi fingulière qu'inespérée , doit être, à ce qu'il semble, attribuée à un autre évènement non' moins inattendu , c'est-à-dire , à la déclaration de guerre de la Porte Ottomane contre la Russie.

L'Europe entière favoit d'avance le contenu do Manifefte de la zere, de ces deux Puisfances, puisque les évènemens qu'on y rapporte avoient été de notoriété publique. En observant ces différens in. terminables, que des Traités continuels ne terminoient point, on se demandoit quelle feroit enfin l'issue de cette guerre de Conventions, dont chacune donnoit lieu à de nouveaux empiétemens, ou à de nouveaux troubles. Lorsqu'on vit limpé. ratrice de Rifle réaliser la fable de Sefoftris, partis es pompe des climats glacés de la Finlande, pour aller étonner de la présence vers la mer Noire, le fucceffeur des Selim & des Soliman, pénétrer dans ces déserts nouvellement conquis, avec un cortège aufli redoutable qu'éclatant , reçue-aux bords dų Niéper par un Roi de Pologne, en Tauride, par un Empereur d'Allemagne; lorsque, dis-je, on vit s'exécuter cet auguste pélerinage qui paroîtra romanesque aux Critiques à venir, on se demanda à quoi tendoit une démarche fi extraordinaire : A un couronnement folennel ? toute cérémonie s'est réduite à une prise de poffeffion sous la fauvegarde de 40 mille hommes. A des conquêtes ul. térieures ? on a seulement fortifié le soupçon de ce projet. A un appareil propre à intimider les Otto

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