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de gens,

jet, dans la Chambre des Communes. Un anonyme fait à cette occasion la remarque suivante.

u la Société pour l'abolition de l'esclavage, » actuellement présidée par M. Granville-Sharp, , » trouvera surement un puissant soutien dans la

Chambre Haute, en la personne de l'Evêque » de Londres ; on se rappelle la sensibilité & les » principes estimables qu'il a déployés dans son » fermon sur le commerce des Nègres, lorsqu'il » occupoit le siège de Chester. Les Membres » de cette Société sont de chauds' amis de la » liberté, & ne négligent rien pour la rétablir; ». mais nous ne pouvons nous diffimuler, que » toute la fortune, le nécessaire même de beau», coup

se trouvant assis sur le produit » des plantations & le travail des Esclaves, il » est bien à craindre de voir évanouir les espérances » que le zèle de la Société avoit fait concevoir. ». Au reste, tout homme doit faire des voeux » pour le succès d'une fi noble entreprise.

» Nous ne savons pas fi le nombre d'esclaves » importés annuellement dans nos plantations des » Įndes occidentales a jamais été déterminé avec » exactitude ; mais ce calcul à été fait

pour

la » Jamaïque, & il en résulte, qu'on a impone i » annuellement 7000 Nègres, & même quelque» fois plus dans cette seule ile.

» Les petits aperçus que nous allons donner, » & que nous tirons d'une suite de lettres qu'un » homme fort inftruit a publiées dernièrement » sur la traite des Nègres, prouvent évidemment » à quel point ce commerce s'est accru: » 1761, dit-il, le nombre de. Nègres ou d'El» claves à la Jamaïque, montoit à 145,000; » en 1768 il étoit porté à 166,904, de forte

« En

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», qu'il y a eu en 7 ans, pour cette seule ile, » un accroissement de près de 21,000. ». Aflurén ment il ne s'ensuit pas de toute nécessité, que » ce commerce ait suivi par-tout la même pro» gression; cependant on ne peut douter qu'il », ne soit accru jusqu'à un certain point, même ~ depuis la date énoncée ci-dessus. »

Il s'eft , formé à Philadelphie une Société d'humanité humane Sociecy ) cor, respondante de celle de Londres', sur les mêmes principes & pour le même objet, les secours à donner aux Noyés, Asphyxiés, &c. Cette Société Américaine a reçu du Dodeur Lettfom Trésorier de la Société de Londres, une lettre sur le généreux M. Howard , dont les détails font aulli touchans que finguliers.

a De retour de Constantinople, écrit le Doc» teur Lettfom, M. Howard a refusé tous les » honneurs publics qu'on vouloit fúli décerner, » ce qui a arrêté la souscription & l'accroisic» ment du fonds destiné à lui ériger une Statue. » Sur 1500 livres sterling, on en a réclamé plus

500; nous ne savons pas encore à quoi le n reste fera appliqué. Malgré ses refus, N. Hcp ward a paru très-satisfait du motif qui inspiroit » la nation, & sensible au prix que la réconnois, » sance vouloit mettre à fes travaux, j'ai eu le » bonheur de le tenir au moins trois heures dans » mon cabinet à son arrivée ; mais c'est en vain o que je lui ai amené des perfonnes de la première » distinction; il est inébranlable dans sa résolution, » & refuse constamment la Statue qu'il a si bien # méritée. Il n'a encore rien pablié de fon Voyage

» de

» en Asie, 'auquel il compte joindre au moins ► 30 gravures. A peine eft-il resté ici un mois; » fon zèle philanthropique le pressoit de passer en » Irlande , où il est actuellement occupé à la visite » des prisons. Cependant je fais de lui-même que mi son manuscrit eft en état d'être imprimé. Il avoit » heureusement plusieurs copies de ses remarques u déposées dans différentes cassettes. Rien n'avoit » souffert dans le cours de ses longs voyages. Le „* fort lui réservoit de faire une perte sensible à »fon coeur , dans son pays même. Arrivé à » Londres, & defcendant de la voiture publique » dans la rue ele Bishopsgate, pour prendre un » carrosse de place, au moment même qu'il y » faisoit charger ses malles, il lui en a été volé * une qu'il n'a jamais pu recouvrer. Outre, un » double de son manuscrit , elle contenoit 35 » guinées & une montre d'or. Un de mes amis » qui visita le lendemain la prison de Newgate, » apprit d'un des détenus, que tous les papiers » avoient été brûlés. Qu'on me permecte de faire » obferver en paffant, qu'il faut que ces fripone » aient des intelligences & des communications, » pour être fi bien inftruits. M. Howard n'avoit » point de double des cbservations sur le Lazaret » de Marseille

i par
bonheur

que

les defleins ».& les plans se sont trouvés dans la malle

échappée aux voleurs. Il m'a dit qu'il en faisoit » tant de cas, que s'ils lui euffent été pris, il » feroit plutôt retouré à Marseille , pour les » delliner de nouveau. L'entrée du Lazaret eft » défendue aux étrangers, & ce n'est que par » un stratagerne singulier, que M. Howard a pa » sy introduire neuf fois sans être découvert. " Ayant entendu dire à Marseille, qu’un pro» teltant Anglois étoit renfermé dans une prison n`d'Etat où il est défendu à tout étranger de

» s'introduire,

» fon

»

s'introduire, sous peine de galères perpétuelles, a la difficulté ne fit qu'enflammer l'enthousiasme » de notre voyageur; il apprit le mieux qu'il put » les êtres de la prison , & particulièrement de » la chambre de l'homme qu'il vouloit visiter. » M. Howard eft ,un petit homme, maigre » iminte, & qui ressemble à un François, à s'y » méprendre. Il en adopta le costume, pafia à » la hâte entre 24 sentinelles, & fe rendit où il » vouloit sans être foupçonné. De retoar de cette expédition, il en fit part à un Ministre Anglois;.

compatriote dui donna le fage conseil de, disparoître sur le champ , en l'assurant qu'il » feroit infailliblement découvert & arrêté, s'il » fe hasardoit à passer la nuit dans la ville. Il » la quitta à la hâte, & le rendit à Nice.

» Quand il arriva à P., il étoit presque onze » heures du soir. Décidé à prendre la diligence » de Bruxelles à trois heures du matin, il fit » porter sa malle dans une auberge, où il se fit » donner un lit pour prendre une heure ou deux o de repos. A peine étoit it endormi , qa'il fat » éveillé en surfaut

par le bruit qu'on faifoit à » fa porte. On l'ouvrit de force, & il vit entrer » un homme en robe, précédé d'un domestique » qui portoit deux bougies. Etes-vous Jean Howard, n lui demanda-t-on gravement? - Je le suis, » répliqua l'Anglois. Voyagez-vous avec telle * personne , qu on lui dépeignit? Je ne la connois

pas, dit Howard. La même question lui fut » répétée , & il y fit la même réponse, mais avec » un peu d'humeur. Le personnage fit laisser les » bougies sur la table de la chambre, & fe » retira. M. Howard s'érant habillé, gagna l'hôtel » de L. 1 y apprit que deux éxemps étoient » à la poursuite, mais il fit fi bien qu'il arrriva » à Bruxelles sans être découvert.

No. sep. 5 Janvier 1788. b

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» Il s'étoit proposé de passer deux jours à Vienne. » L'Empereur,ayant eu connoissance de son arrivée, » desira le voir. Mais M. Howard, qui avoit trouvé » les prisons construites sur un mauvais plan, & » encore plus mal conduites par des personnes d'un » grand crédit, tâcha d'abord d'éviter

cette entrevue. » Cependant il accéda enfin à la demande de »l'Empereur , qui lui envoya un message pour » le faire prier de donner son heure. Il fe rendit » au Palais; dès qu'on l'annonça , l'Empereur » quitta ses Secrétaires , & se retira avec lui » dans un petit cabinet , où il n'y avoit ni tableaux » ni glaces. C'est là que Joseph reçut 'un homme » qui n'a plié le genou devant aucun Monarque, » ni baisé la main d'aucun Roi; c'est là qu'il enten» dit des vérités qui l'étonnèrent. Souvent il prit &. » serra la main d'Howard, en lui témoignant » toute sa fatisfaction de le voir , & combien il

approuvoit ses fages conseils.' Vous avez des prisonniers , lui dit Howard, confinés dans des

cachots obfcurs depuis 26 mois; on ne leur a point » encore fait leur procès, & peut-être se trouveronta , » ils innocens. Quelque puissante que soit V.M., » Elle n'est pas en état de les dédommager de cette » violation des droits de l'humanité. Obfervons, à » l'honneur de ce grand Prince, qu'on a fait des » changemens dans les prisons, même avant le » départ du généreux voyageur. »

F R A N C E. De Versailles, le 28 Décembre, Le Comte de la Luzerne, ci-devant Gouverneur de Saint-Domingue & des isles Françoises de l'Amérique sous-le-vent, nommé par le Roi Secrétaire d'Etat au département de la Marine, a eu, à son

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