Histoire de la littrature franaise depuis le xvie sicle. Potes, xvie, xviie, xviiie sicles, 5

1876
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329 - Au banquet de la vie, infortun convive, J'apparus un jour, et je meurs; Je meurs, et sur ma tombe, o lentement j'arrive Nul ne viendra verser des pleurs.
145 - Ton Dieu que tu trahis, ton Dieu que tu blasphmes, Pour toi, pour l'univers, est mort en ces lieux mmes; En ces lieux o mon bras le servit tant de fois, En ces lieux o son sang te parle par ma voix. Vois ces murs, vois ce temple envahi par tes matres: Tout annonce le Dieu qu'ont veng tes anctres. Tourne les yeux, sa tombe est prs de ce palais; C'est ici la montagne o, lavant nos forfaits, II voulut expirer sous les coups de l'impie, C'est l que de sa tombe il rappela sa vie.
11 - Lui demandait vengeance, et lui tendait les bras. Le hros malheureux, sans armes, sans dfense, Voyant qu'il faut prir, et prir sans vengeance, Voulut mourir du moins comme il avait vcu, Avec toute sa gloire et toute sa vertu. Dj des assassins la nombreuse cohorte, Du salon qui l'enferme allait briser la porte...
145 - C'est ma seule prison qui t'a ravi ta foi. Ma fille, tendre objet de mes dernires peines, Songe au moins, songe au sang qui coule dans tes veines: C'est le sang de...
145 - C'est le sang des martyrs... O fille encor trop chre, Connais-tu ton destin? sais-tu quelle est ta mre? Sais-tu bien qu' l'instant que son flanc mit au jour Ce triste et dernier fruit d'un malheureux amour, Je la vis massacrer par la main forcene, Par la main des brigands qui tu t'es donne ! Tes frres, ces martyrs gorgs mes yeux, T'ouvrent leurs bras sanglants, tendus du haut des cieux.
145 - C'est l que de sa tombe il rappela sa vie. Tu ne saurais marcher dans cet auguste lieu, Tu n'y peux faire un pas sans y trouver ton Dieu! Et tu n'y peux rester sans renier ton pre, Ton honneur qui te parle, et ton Dieu qui t'claire.
67 - Sauvez-moi. Conservez un bras Qui lance votre foudre, un amant qui vous venge. Mourir sans vider mon carquois! Sans percer, sans fouler, sans ptrir dans leur fange Ces bourreaux barbouilleurs de lois! Ces vers cadavreux de la France asservie, Égorge! O mon cher trsor, O ma plume! fiel, bile, horreur, Dieux de ma vie!
164 - Je sais que toute la pompe de l'appareil ne vaut pas une pense sublime, ou un sentiment; de mme que la parure n'est presque rien sans la beaut. Je sais bien que ce n'est pas un grand mrite de parler aux yeux; mais j'ose tre sr que le sublime et le touchant portent un coup beaucoup plus sensible , quand ils sont soutenus d'un appareil convenable , et qu'il faut frapper l'ame et les yeux -la-fois.
70 - J'aime ; je vis. Heureux rivage ! Tu conserves sa noble image , Son nom, qu' tes forts j'ose apprendre le soir, Quand , l'me doucement mue , J'y reviens mditer l'instant o je l'ai vue , Et l'instant o je dois la voir.
157 - C'est un monstre ennemi des dieux et des humains : Dans le sein de Cresphonte il enfona ses mains. Cresphonte mon poux , mon appui , votre matre , Mes deux fils sont tombs sous les coups de ce tratre.