Les Jsuites de la lgende, 2

Victor Retaux, 1907
 

 - 

.

-

99 - On tchait, dans ces lettres, de prouver qu'ils avaient un dessein form de corrompre les murs des hommes ; dessein qu'aucune secte, aucune socit n'a jamais eu et ne peut avoir. Mais il ne s'agissait pas d'avoir raison, il s'agissait de divertir le public.
38 - Dieu nous dfend d'attaquer mme la rputation d'un particulier ; mais, par un secret que l'Evangile ne nous a point appris, on prtend, sans se dpartir de l'troite morale qu'on professe, avoir droit de s'lever contre des corps entiers, de leur imputer des intentions, des vues, des sentiments qu'ils n'ont jamais eus ; de les faire passer pour ce qu'ils ne sont point, et de ne...
401 - Et enfin l'galit que les Jsuites mettent entre eux, en ne traitant gure d'autre faon les plus relevs que les moindres, est une invention extrmement bonne, pour leur ter la tendresse et les autres dfauts qu'ils peuvent avoir acquis par la coutume d'tre chris dans les maisons de leurs parents.
179 - La puissance mystrieuse qui, sous le nom de CONGRÉGATION, figure aujourd'hui sur la scne du monde, me parat aussi confuse dans sa composition que dans son objet, dans son objet que dans son origine. Il m'est aussi difficile de dire avec prcision ce qu'elle est, que de montrer au temps pass, comment elle s'est successivement forme, tendue, organise.
111 - ... ne parat pas prochaine. Cependant le parlement se bat outrance avec les jsuites , et Paris en est encore plus occup que de la guerre d'Allemagne ; et moi , qui n'aime ni les fanatiques parlementaires, ni les fanatiques de...
223 - Tout un peuple vivant comme une maison de jsuites, c'est--dire, du haut en bas, occup se dnoncer. La trahison au foyer mme, la femme espion du mari, l'enfant de la mre... Nul bruit, mais un triste murmure, un bruissement de gens qui confessent les pchs d'autrui, qui se travaillent les uns les autres et se rongent tout doucement. Ceci n'est pas, comme on peut croire, un tableau d'imagination. Je vois d'ici tel peuple que les jsuites enfoncent chaque jour d'un degr dans cet enfer...
454 - C'est qu'en effet entre le texte et l'esprit prvenu qui le lit il s'tablit une sorte de conflit inavou; l'esprit se refuse saisir ce qui est contraire son ide; et le rsultat ordinaire de ce conflit n'est pas que l'esprit se rende l'vidence du texte, mais plutt que le texte cde, plie, s'accommode l'opinion prconue par l'esprit.
61 - Pape comme favorable l'idoltrie, suppos que ce culte lut purement civil. Tout se rduit donc une pure question de fait. Les uns disent : Un tel mot chinois signifie le ciel matriel; les autres rpondent : il signifie aussi le Dieu du ciel. Les uns disent : Voil un temple, un autel, un sacrifice; les autres rpondent : Non, ce n'est suivant les murs et les intentions des Chinois qu'une salle, une table et qu'un honneur rendu de simples hommes sans en attendre aucun secours.
61 - L'objection attribue Morone est plus spcieuse que solide. Fnelon, traitant, dans une lettre au P. de La Chaise, de l'affaire des crmonies chinoises, crivait : Nous savons, par notre propre exprience, que les signes 'qui expriment le culte religieux peuvent varier selon les temps et les usages de chaque nation.... On rend le vendredi saint un crucifix d'argent ou de cuivre des honneurs extrieurs qui sont plus grands que ceux qu'on rend Jsus-Christ, mme quand on l'expose...
176 - Oh! si jamais votre destine vous amne dans cette montagne sujette aux orages, et loigne de toute habitation, ne craignez pas d'aborder mes btiments rustiques. et de venir rompre avec moi... non pas des lances, mais le pain de l'hospitalit! soyez srs que vous y trouverez...