Principes de Rhtorique franaise

Hachette, 1881 - 368
 

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94 - Celui qui rgne dans les cieux, et de qui relvent tous les empires, qui seul appartient la gloire, la majest et l'indpendance, est aussi le seul qui se glorifie de faire la loi aux rois, et de leur donner, quand il lui plat, de grandes et de terribles leons...
26 - La mort a des rigueurs nulle autre pareilles ; On a beau la prier, La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles, Et nous laisse crier. Le pauvre en sa cabane, o le chaume le couvre, Est sujet ses lois ; Et la garde qui veille aux barrires du Louvre N'en dfend point nos Rois. De murmurer contre elle et perdre patience II est mal propos ; Vouloir ce que Dieu veut est la seule science Qui nous met en repos.
109 - L'ÉPI naissant mrit, de la faux respect ; Sans crainte du pressoir, le pampre tout l't Boit les doux prsents de l'aurore ; Et moi, comme lui belle, et jeune comme lui, Quoi que l'heure prsente ait de trouble et d'ennui. Je ne veux point mourir encore.
187 - Il est un heureux choix de mots harmonieux. Fuyez des mauvais sons le concours odieux : Le vers le mieux rempli, la plus noble pense Ne peut plaire l'esprit, quand l'oreille est blesse.
235 - Les oiseaux en chur se runissent et saluent de concert le pre de la vie ; en ce moment, pas un seul ne se tait; leur gazouillement, faible encore, est plus lent et plus doux que dans le reste de la journe, il se sent de la langueur d'un paisible rveil. Le concours de tous ces objets porte aux sens une impression de fracheur qui semble pntrer jusqu' l'me. Il ya l une demi-heure d'enchantement auquel nul homme ne rsiste : un spectacle si grand, si beau, si dlicieux, n'en laisse...
263 - L'arbre tient bon. le roseau plie; Le vent redouble ses efforts. Et fait si bien qu'il dracine Celui de qui la tte au ciel tait voisine, Et dont les pieds touchaient l'empire des morts.
262 - Encor si vous naissiez l'abri du feuillage Dont je couvre le voisinage, Vous n'auriez pas tant souffrir : Je vous dfendrais de l'orage ; Mais vous naissez le plus souvent Sur les humides bords des royaumes du vent. La nature envers vous me semble bien injuste.
77 - ... Les ouvrages bien crits seront les seuls qui passeront la postrit : la quantit des connaissances, la singularit des faits, la nouveaut mme des dcouvertes ne sont pas de srs garants de l'immortalit. Si les ouvrages qui les contiennent ne roulent que sur de petits objets, s'ils sont crits sans got, sans noblesse et sans gnie, ils priront, parce que les connaissances, les faits et les dcouvertes s'enlvent aisment, se transportent, et gagnent mme tre mis...
55 - ... humaines, la flicit sans bornes, aussi bien que les misres; une longue et paisible jouissance d'une des plus nobles couronnes de l'univers; tout ce que peuvent donner de plus glorieux la naissance et la grandeur...
109 - S'il est des jours amers, il en est de si doux ! Hlas ! quel miel jamais n'a laiss de dgots? Quelle mer n'a point de tempte?