Oeuvres de Montesquieu avec loges, analyses, commentaires, remarques, notes, rfutations, imitations: Espirt des lois

 

 - 

.

-

172 - L'honneur fait mouvoir toutes les parties du corps politique ; il les lie par son action mme, et il se trouve que chacun va au bien commun, croyant aller ses intrts particuliers.
137 - La loi , en gnral , est la raison humaine , en tant qu'elle gouverne tous les peuples de la terre; et les lois politiques et civiles de chaque nation ne doivent tre que les cas particuliers o s'applique cette raison humaine.
422 - L'on connat beaucoup mieux les besoins de sa ville que ceux des autres villes ; et on juge mieux de la capacit de ses voisins que de celle de ses autres compatriotes. Il ne faut donc pas que les membres du corps lgislatif soient tirs en gnral du corps de la nation; mais il convient que, dans chaque lieu principal, les habitants se choisissent un reprsentant.
169 - ... L'ambition dans l'oisivet, la bassesse dans l'orgueil, le dsir de s'enrichir sans travail, l'aversion pour la vrit, la flatterie, la trahison, la perfidie, l'abandon de tous ses engagements, le mpris des devoirs du citoyen, la crainte de la vertu du prince, l'esprance de ses faiblesses, et, plus que tout cela, le ridicule perptuel jet sur la vertu, forment, je crois, le caractre du plus grand nombre des courtisans, marqu dans tous les lieux et dans tous les temps.
138 - ... leur nombre, leur commerce, leurs murs, leurs manires. Enfin elles ont des rapports entre elles ; elles en ont avec leur origine, avec l'objet du lgislateur, avec l'ordre des choses sur lesquelles elles sont tablies. C'est dans toutes ces vues qu'il faut les considrer. C'est ce que j'entreprends de faire dans cet ouvrage. J'examinerai tous ces rapports : ils forment tous ensemble ce que l'on appelle l'esprit des lois.
286 - Il ne faut point mener les hommes par les voies extrmes; on doit tre mnager des moyens que la nature nous donne pour les conduire. Qu'on examine la cause de tous les relchements, on verra qu'elle vient de l'impunit des crimes, et non pas de la modration des peines. Suivons la nature, qui a donn aux hommes la honte comme leur flau, et que la plus grande partie de la peine soit l'infamie de la souffrir.
245 - Pour former un gouvernement modr, il faut combiner les puissances, les rgler, les temprer, les faire agir; donner pour ainsi dire, un lest l'une pour la mettre en tat de rsister une autre : c'est un chef-d'uvre de lgislation que le hasard fait rarement, et que rarement on laisse faire la prudence2.
38 - Le droit des gens est naturellement fond sur ce principe , que les diverses nations doivent se faire dans la paix le plus de bien, et dans la guerre le moins de mal qu'il est possible, sans nuire leurs vritables intrts.
129 - Avant qu'il y et des lois faites, il y avait des rapports de justice possibles. Dire qu'il n'ya rien de juste ni d'injuste que ce qu'ordonnent ou dfendent les lois positives, c'est dire qu'avant qu'on et trac de cercle, tous les rayons n'taient pas gaux. Il faut donc avouer des rapports d'quit antrieurs la loi positive qui les tablit...
127 - Les lois, dans la signification la plus tendue, sont les rapports ncessaires qui drivent de la nature des choses ; et, dans ce sens, tous les tres ont leurs lois : la divinit a ses lois, le monde matriel a ses lois, les intelligences suprieures l'homme ont leurs lois, les btes ont leurs lois, l'homme a ses lois.