Manuel de littrature franaise: comprenant: 10 des notices biographiques et littraires; 20 des oeuvres ou morceaux choisis de chaque auteur; 30 des notes explicatives; 40 un questionnaire dtaill pour chaque auteur, 10

W.R. Jenkins Company, 1893 - 403
 

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27 - L'homme n'est qu'un roseau le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'craser. Une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais quand l'univers l'craserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt; et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien.
21 - Le second, de diviser chacune des difficults que j'examinerais en autant de parcelles qu'il se pourrait et qu'il serait requis pour les mieux rsoudre. Le troisime, de conduire par ordre mes penses, en commenant par les objets les plus simples et les plus, aiss connatre, pour monter peu peu comme par degrs jusques la connaissance des plus composs, et supposant mme de l'ordre entre ceux qui ne se prcdent point naturellement les uns les autres. Et le dernier, de faire...
197 - Tertullien * , parce qu'il nous montre encore quelque forme humaine, ne lui demeure pas longtemps: il devient un je ne sais quoi, qui n'a plus de nom dans aucune langue; tant il est vrai que tout meurt en lui, jusqu' ces termes funbres par lesquels on exprimait ses malheureux restes.
65 - Ah ! c'est moi ! Mon esprit est troubl, et j'ignore o je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hlas ! mon pauvre argent ! mon pauvre argent ! mon cher ami ! on m'a priv de toi ; et, puisque tu m'es enlev, j'ai perdu mon support, ma consolation, ma joie : tout est fini pour moi, et je n'ai plus que faire au monde.
65 - ... cher ami ! on m'a priv de toi; et puisque tu m'es enlev, j'ai perdu mon support , ma consolation , ma joie : tout est fini pour moi , et je n'ai plus que faire au monde. Sans toi , il m'est impossible de vivre. C'en est fait ; je n'en puis plus; je me meurs; je suis mort; je suis enterr.
126 - Le marchal, aprs avoir lu, dit au Roi : ' Sire, Votre Majest juge divinement bien de toutes choses ; il est vrai que voil le plus sot et le plus ridicule madrigal que j'aie jamais lu.
18 - Mais elle tait du monde, o les plus belles choses Ont le pire destin, Et ros elle a vcu ce que vivent les ross, L'espace d'un matin.
102 - Seigneur, de vos bonts il faut que je l'obtienne; Elle a trop de vertus pour n'tre pas chrtienne ! Avec trop de mrite il vous plut la former Pour ne vous pas connatre et ne vous pas aimer, Pour vivre des enfers esclave infortune, Et sous leur triste joug mourir comme elle est ne.
163 - Ma fille. En achevant ces mots pouvantables, Son Ombre vers mon lit a paru se baisser. Et moi, je lui tendais les mains pour l'embrasser. Mais je n'ai plus trouv qu'un horrible mlange D'os et de chair meurtris, et trans dans la fange, Des lambeaux pleins de sang, et des membres affreux, Que des chiens dvorants se disputaient entre eux.
138 - LE SAVETIER ET LE FINANCIER. Un savetier chantait du matin jusqu'au soir: C'tait merveille de le voir, Merveille de l'our; il faisait des passages, Plus content qu'aucun des sept sages. Son voisin, au contraire, tant tout cousu d'or, Chantait peu, dormait moins encor: C'tait un homme de finance.