Oeuvres de Jean Racine, 4

Chez Le Dentu, 1813
 

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214 - Pleure, Jrusalem, pleure, cit perfide, Des prophtes divins malheureuse homicide : De son amour pour toi ton Dieu s'est dpouill; Ton encens ses yeux est un encens souill. O menez-vous ces enfants et ces femmes * ? Le Seigneur a dtruit la reine des cits, Ses prtres sont captifs, ses rois sont rejets ; Dieu ne veut plus qu'on vienne ses solennits : Temple, renverse-toi ; cdres, jetez des flammes. Jrusalem, objet de ma douleur, Quelle main en un jour t'a ravi tous tes...
226 - Bientt ils vous diront que les plus saintes lois, Matresses du vil peuple, obissent aux rois; Qu'un roi n'a d'autre frein que sa volont mme; Qu'il doit immoler tout sa grandeur suprme; Qu'aux larmes, au travail le peuple est condamn, Et d'un sceptre...
92 - Tu le vois tous les jours, devant toi prostern, ' Humilier ce front de splendeur couronn, Et, confondant l'orgueil par d'augustes exemples, Baiser avec respect le pav de tes temples. De ta gloire anim, lui seul de tant de rois S'arme pour ta querelle, et combat pour tes droits. Le perfide intrt, l'aveugle jalousie, S'unissent contre toi pour l'affreuse hrsie ; La discorde...
183 - C'tait pendant l'horreur d'une profonde nuit. Ma mre Jzabel devant moi s'est montre, Comme au jour de sa mort pompeusement pare. Ses malheurs n'avaient point abattu sa fiert. Mme elle avait encor cet clat emprunt ^Dont elle eut soin de peindre et d'orner son visage,' Pour rparer des ans l'irrparable outrage. c Tremble, m'at-elle dit, fille digne de moi. Le cruel Dieu des Juifs l'emporte aussi sur toi. Je te plains de tomber dans ses mains redoutables, Ma fille.
184 - J'admirais sa douceur, son air noble et modeste, J'ai senti tout coup un homicide acier Que le tratre en mon sein a plong tout entier. De tant d'objets divers le bizarre assemblage...
77 - II lui fait dans le flanc une large blessure. De rage et de douleur le monstre bondissant Vient aux pieds des chevaux tomber en mugissant, Se roule, et leur prsente une gueule enflamme Qui les couvre de feu, de sang, et de fume. La frayeur les emporte; et, sourds cette fois, Ils ne connaissent plus ni le frein ni la voix; En efforts impuissants leur matre se consume; Ils rougissent le mors d'une sanglante cume.
76 - Sa main sur ses chevaux laissait flotter les rnes. Ses superbes coursiers, qu'on voyait autrefois Pleins d'une ardeur si noble obir sa voix, L'il morne maintenant et la tte baisse, Semblaient se conformer sa triste pense.
123 - Esther, ce sceptre, cet empire, Et ces profonds respects que la terreur inspire, A leur pompeux clat mlent peu de douceur, Et fatiguent souvent leur triste possesseur. Je ne trouve qu'en vous je ne sais quelle grce Qui me charme toujours et jamais ne me lasse.
35 - D'un tmraire orgueil exemple mmorable. Moi qui, contre l'amour firement rvolt, Aux fers de ses captifs ai longtemps insult; Qui des faibles mortels dplorant les naufrages, Pensais toujours du bord contempler les orages ; Asservi maintenant sous la commune loi, Par quel trouble me vois-je emport loin de moi ! Un moment a vaincu mon audace imprudente : Cette me si superbe est enfin dpendante.
24 - Je le vis, je rougis, je plis sa vue ; Un trouble s'leva dans mon me perdue ; Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler; Je sentis tout mon corps et transir et brler.