Correspondance

Deterville et Lefvre, 1817
 

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617 - voudrois pour rien au monde avoir tremp dans la conspiration la plus lgitime ; parceque enfin ces sortes d'entreprises ne peuvent s'excuter sans troubles, sans dsordres, sans violences, quelquefois sans effusion de sang, et qu' mon avis le sang d'un seul homme est d'un plus grand prix que la libert de tout le genre humain. Ceux 17.
88 - dclare donc, monsieur, et je vous prie de dclarer au magnifique conseil que j'abdique perptuit mon droit de bourgeoisie et de cit dans la ville et rpublique de Genve, Ayant rempli de mon mieux les devoirs attachs , ce titre sa,ns jouir d'aucun de ses
88 - le 12 mai 1763. Revenu du long tonnement o m'a jet de la. part du magnifique conseil le procd que j'en devois le moins attendre, je prends enfin le parti que l'honneur et la raison me prescrivent, quelque cher qu'il en cote mon cur. Je
4 - que ce pays a faites sur moi diffrents ges me font conclure que nos relations se rapportent toujours plus nous qu'aux choses , et que, comme nous dcrivons bien plus ce que nous sentons que ce qui est, il faudroit savoir comment- toit affect, l'auteur d'un voyage en l'crivant, pour juger
398 - je ne lui dois plus que la vrit, je me la dois moi-mme ; et, puisqu'il me force la dire, je la dirai. Vous voulez savoir au vrai ce qui s'est pass entre nous dans cette affaire. M. de Montmollin a fait au public sa relation en homme d'glise , et trempant sa plume
466 - travaill huit jours, madame, c'est- dire huit matines. Pour vivre , il faut que je gagne quarante sous par jour: ce sont donc seize francs qui me sont dus , et dont je prie votre exactitude de diffrer le paiement jusqu' mon retour de la campagne. Je n'ai point oubli votre ordre ; mais monsieur l'ambassadeur
279 - en tat d'en gagner. Quant aux mmoires de ma vie , dont vous parlez, ils sont trop difficiles faire sans compromettre personne; pour y songer il faut plus de tranquillit qu'on ne m'en laisse, et que je n'en aurai probablement jamais : si je vis toutefois , je n'y renonce pas. Vous avez toute
576 - un tat d'panouissement et de joie aprs l'tat d'touffement et de mort o vous l'avez mis. Il ne me reste qu'un mot vous dire. Si vous tes coupable, ne m'crivez" plus ; cela serait inutile, et srement vous ne me tromperez pas. Si vous tes innocent, daignez vous justifier. Je
576 - mon devoir, je l'aime et l'aimerai toujours, quelque rude qu'il puisse tre. Il n'ya point d'abjection dont un cur qui n'est pas n pour elle ne puisse revenir. Encore un coup, si vous tes innocent, daignez vous justifier: si vous ne l'tes pas, adieu pour jamais. A
304 - se dire, je suis meilleur que ne fut cet homme-l. Cher ami, j'ai le cur oppress, j'ai les yeux gonfls de larmes; jamais tre humain n'prouva tant de maux -la-fois. Je me tais, je souffre, et j'touffe. Que ne suis-je auprs de vous! du moins je respirerois. Je vous emhrasse. A M. D'IVERNOIS.