Les Mirabeau: nouvelles tudes sur la socit franaise au XVIIIe sicle, 4

E. Dentu, 1891
 

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319 - Messieurs , j'avoue que ce que vous venez d'entendre pourrait tre le salut de la patrie , si les prsents du despotisme n'taient toujours dangereux. Quelle est cette insultante dictature? L'appareil des armes, la violation du temple national pour vous commander d'tre heureux!
317 - Majest, aprs avoir appel les tats gnraux s'occuper, de concert avec elle, des grands objets d'utilit publique et de tout ce qui peut contribuer au bonheur de son peuple, dclare, de la manire la plus expresse, qu'elle veut conserver en son entier, et sans la moindre atteinte, l'institution de l'arme, ainsi que toute autorit, police et pouvoir sur le militaire, tels que les monarques franais en ont constamment joui.
317 - Vous venez , Messieurs , d'entendre le rsultat de mes dispositions et de mes vues ; elles sont conformes au vif dsir que j'ai d'oprer le bien public ; et si , par une fatalit loin de ma pense, vous m'abandonniez dans une si belle entreprise, seul , je ferai le bien de mes peuples ; seul , je me considrerai comme leur vritable reprsentant...
317 - ... m'abandonniez dans une si belle entreprise, seul, je ferai le bien de mes peuples; seul, je me considrerai comme leur vritable reprsentant; et connaissant vos cahiers, connaissant l'accord parfait qui existe entre le vu le plus gnral de la nation et mes intentions bienfaisantes, j'aurai toute la confiance que doit inspirer une si rare harmonie, et je marcherai vers le but auquel je veux atteindre avec tout le courage et la fermet qu'il doit m'inspirer.
273 - ... qu'il est temps de prendre une autre allure ; ou, s'il est vrai que l'on n'ait assembl la nation que pour consommer avec plus de facilit le crime de sa mort politique et morale, que ce ne soit pas du moins en affectant de vouloir la rgnrer. Que la tyrannie se montre avec franchise, et nous verrons alors si nous devons nous roidir ou nous envelopper la tte.
149 - De longtemps ils n'auront vu une telle ttu en Provence; le calus qui n'en faisait que de l'airain sonnant avec fougue est rompu ; je l'ai vrifi par moi-mme, et, dans quelques conversations et communications, j'ai aperu vraiment du gnie. Son travail infatigable, qui est vraiment unique, son ne douter de rien, et sa hauteur inne jointe beaucoup de ce qu'on appelle esprit, en ont fait un personnage et dans la banque, et dans l'imprimerie, et surtout dans la politique moderne.
191 - Je ne suis pas moins qu'un chien enrag, auquel les Provenaux ne sauraient donner la moindre confiance. J'ai rpondu ceux qui m'ont dit cela : C'est une grande raison de m'lire, si je .suis un chien enrag, car le despotisme et les privilges mourront de mes morsures.
301 - Montmorin, qui forment peu prs tout le conseil du roi; je ne les aime ni l'un ni l'autre, et je ne suppose pas qu'ils aient du got pour moi ' ; mais peu importe que nous nous aimions, si nous pouvons nous entendre. Je dsire donc connatre leurs intentions. Je m'adresse vous pour en obtenir une confrence*. Ils seraient bien coupables ou bien borns, le roi lui-mme ne serait pas excusable, s'il prtendait rduire ces tats gnraux au mme terme et aux mmes rsultats qu'ont...
339 - Le danger est pour les troupes. Des soldats franais, approchs du centre des discussions, participant aux passions comme aux intrts du peuple, peuvent oublier qu'un engagement les a faits soldats, pour se souvenir que la nature les fit hommes. Le danger, sire, menace les travaux, qui sont notre premier devoir, et qui n'auront un plein succs, une vritable permanence qu'autant que les peuples les regarderont comme entirement libres.
323 - Allez dire ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volont du peuple et que nous n'en sortirons que par la force des baonnettes!