Philosophie sensualiste au dix-huitime sicle

Librairie nouvelle, 1856 - 360
 

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270 - Que si quelqu'un, aprs avoir reconnu publiquement ces mmes dogmes, se conduit comme ne les croyant pas, qu'il soit puni de mort ; il a commis le plus grand des crimes : il a menti devant les lois.
174 - Conscience ! conscience ! instinct divin, immortelle et cleste voix ; guide assur d'un tre ignorant et born, mais intelligent et libre ; juge infaillible du bien et du mal, qui rends l'homme semblable Dieu ! c'est toi qui fais l'excellence de sa nature et la moralit de ses actions...
270 - Il ya donc une profession de foi purement civile dont il appartient au souverain de fixer les articles, non pas prcisment comme dogmes de religion, mais comme sentiments de sociabilit, sans lesquels il est impossible d'tre bon citoyen ni sujet fidle.
270 - Sans pouvoir obliger personne les croire, il peut bannir de l'tat quiconque ne les croit pas ; il peut le bannir, non comme impie, mais comme insociable, comme incapable d'aimer sincrement les lois, la justice, et d'immoler au besoin sa vie son devoir.
31 - ... peut-tre ne serons-nous jamais capables de connatre si un tre purement matriel pense' ou non , par la raison qu'il nous est impossible de dcouvrir par la contemplation de nos propres ides, sans rvlation , si Dieu n'a point donn quelque amas de matire, dispose comme il le trouve propos, la puissance d'apercevoir et de penser, ou s'il a joint et uni la matire ainsi dispose une substance immatrielle qui pense.
172 - J'ai , un corps sur lequel les autres agissent et qui agit sur eux ; cette action rciproque n'est pas douteuse; mais ma volont est indpendante de mes sens; je consens ou je rsiste, je succombe ou je suis vainqueur, et je sens parfaitement en moi-mme quand je fais ce que j'ai voulu faire, ou quand je ne fais que cder mes passion?.
173 - Il est donc au fond des mes un principe inn de justice et de vertu, sur lequel, malgr nos propres maximes, nous jugeons nos actions et celles d'autrui comme bonnes ou mauvaises; et c'est ce principe que je donne le nom de conscience.
11 - ... par les difficults qui s'levrent de diffrents cts. Aprs nous tre fatigus quelque temps, sans nous trouver plus en tat de rsoudre les doutes qui nous embarrassaient , il me vint dans l'esprit que nous prenions un mauvais chemin , et qu'avant de nous engager dans ces sortes de recherches , il tait ncessaire d'examiner notre propre capacit , et de voir quels objets sont notre porte , ou au-dessus de notre comprhension.
71 - Il faut remonter l'origine de nos ides, en dvelopper la gnration , les suivre jusqu'aux limites que la nature leur a prescrites , par -l fixer l'tendue et les bornes de nos connaissances, et renouveler tout l'entendement humain.
139 - Quel autre motif pourrait dterminer un homme des actions gnreuses? Il lui est aussi impossible d'aimer le bien pour le bien, que d'aimer le mal pour le mal.