Prosateurs et potes franais, or selections from the best French authors: with an introduction of easy pieces, arranged in chronological order, from the age of Louis XIV. to the present day; with biographical sketches

 

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484 - Sans mentir, si votre ramage Se rapporte votre plumage, Vous tes le phnix des htes de ces bois. A ces mots le corbeau ne se sent pas de joie ; Et, pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
449 - JOURDAIN. Par ma foi, il ya plus de quarante ans que je dis de la prose, sans que j'en susse rien ' ; et je vous suis le plus oblig du monde de m'avoir appris cela.
28 - Monsieur le marchal, lisez, je vous prie, ce petit madrigal, et voyez si vous en avez jamais vu un si impertinent ; parce qu'on sait que depuis peu j'aime les vers, on m'en apporte de toutes les faons. Le marchal, aprs avoir lu, dit au roi : Sire, Votre Majest juge divinement bien de toutes choses ; il est vrai que voil le plus sot et le plus ridicule madrigal que j'aie jamais lu.
49 - Le jour n'y finit point , et la nuit , avec ses sombres voiles , y est inconnue ; une lumire pure et douce se rpand autour des corps de ces hommes justes, et les environne de ses rayons comme d'un vtement.
85 - Alors, l'esprit perdu dans cette immensit, je ne pensais pas, je ne raisonnais pas, je ne philosophais pas: je me sentais, avec une sorte de volupt, accabl du poids de cet univers, je me livrais avec ravissement la confusion de ces grandes ides, j'aimais me perdre en imagination dans l'espace; mon cur resserr dans les bornes des tres s'y trouvait trop l'troit, j'touffais dans l'univers, j'aurais voulu m'lancer dans l'infini.
485 - Se trouva fort dpourvue Quand la bise fut venue : Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la fourmi sa voisine, La priant de lui prter Quelque grain pour subsister Jusqu' la saison nouvelle. 'Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l'aot, foi d'animal, Intrt et principal.
471 - Tremble, m'at-elle dit, fille digne de moi; Le cruel Dieu des Juifs l'emporte aussi sur toi. Je te plains de tomber dans ses mains redoutables, Ma fille En achevant ces mots pouvantables, Son ombre vers mon lit a paru se baisser ; Et moi je lui tendais les mains pour l'embrasser Mais je n'ai plus trouv qu'un horrible mlange D'os et de chairs meurtris et trans dans la fange, Des lambeaux pleins de sang, et des membres affreux Que des chiens dvorants se disputaient entre eux.
474 - Dieu laissa-t-il jamais ses enfants au besoin ? Aux petits des oiseaux il donne leur pture, Et sa bont s'tend sur toute la nature.
84 - Mon imagination ne laissait pas longtemps dserte la terre ainsi pare. Je la peuplais bientt d'tres selon mon cur, et, chassant bien loin l'opinion, les prjugs, toutes les passions factices, je transportais dans les asiles de la nature des hommes dignes de les habiter. Je m'en formais une socit charmante dont je ne nie sentais pas indigne, je me faisais un sicle d'or ma fantaisie...
449 - Non, monsieur. Tout ce qui n'est point prose est vers, et tout ce qui n'est point vers est prose.