Institutes du droit naturel priv et public et du droit des gens, 2

Etienne Giraud, 1866
 

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392 - Si l'on est oblig d'aimer tous les hommes , et qu' vrai dire il n'y ait point d'tranger pour le chrtien , plus forte raison doit-il aimer ses concitoyens. Tout l'amour qu'on a pour soi-mme , pour sa famille , et pour ses amis , se runit dans l'amour qu'on a pour sa patrie , o notre bonheur et celui de nos familles et de nos amis est renferm.
552 - Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprme direction de la volont gnrale, et nous recevons encore chaque membre comme partie indivisible du tout.
552 - Enfin, chacun se donnant tous ne se donne personne, et, comme il n'ya pas un associ sur lequel on n'acquire le mme droit qu'on lui cde sur soi, on gagne l'quivalent de tout ce qu'on perd, et plus de force pour conserver ce qu'on a 2.
552 - A l'gard des associs, ils prennent collectivement le nom de peuple, et s'appellent en particulier citoyens, comme participant l'autorit souveraine, et sujets, comme soumis aux lois de l'État. Mais ces termes se confondent souvent et se prennent l'un pour l'autre ; il suffit de les savoir distinguer quand ils sont employs dans toute leur prcision.
89 - Quand chacun pourrait s'aliner lui-mme, il ne peut aliner ses enfants; ils naissent hommes et libres; leur libert leur appartient, nul n'a droit d'en disposer qu'eux. Avant qu'ils soient en ge de raison, le pre peut, en leur nom, stipuler des conditions pour leur conservation, pour leur bientre, mais non les donner irrvocablement et sans condition; car un tel don est contraire aux fins de la nature, et passe les droits de la paternit.
552 - A l'instant, au lieu de la personne particulire de chaque contractant cet acte d'association produit un corps moral et collectif , compos d'autant de membres que l'assemble a de voix ; lequel reoit de ce mme acte son unit, son mot commun, sa vie et sa volont.
553 - Afin donc que le pacte social ne soit pas un vain formulaire , il renferme tacitement cet engagement, qui seul peut donner de la force aux autres , que quiconque refusera d'obir la volont gnrale y sera contraint par tout le corps : ce qui ne signifie autre chose sinon qu'on le forcera d'tre libre...
554 - ... la cession que chacun fait, un ou plusieurs magistrats, de son droit inhrent de se gouverner soi-mme. Cette ide n'est fonde que sur la fausse supposition que chaque homme, n pour soi, hors de toute socit, est le seul objet de ses soins, et sa rgle lui-mme; qu'il nat absolument son matre et libre de se gouverner comme il veut. Nous avons dj vu que l'homme...
88 - Mais l'ordre social est un droit sacr qui sert de base tous les autres. Cependant ce droit ne vient point de la nature; il est donc fond sur des conventions.
555 - ... et la vengeance de Dieu seul. Or, quelle que soit la forme du gouvernement, soit monarchique, aristocratique, dmocratique, ou mixte, il faut toujours qu'on soit soumis une dcision souveraine, puisqu'il implique contradiction de dire qu'il y ait quelqu'un au-dessus de celui qui tient le plus haut rang. Cette ncessit absolue qu'il y ait parmi les hommes une supriorit et une subordination, est une preuve convaincante que le gouvernement en gnral n'est pas un tablissement...