Essai sur la littrature anglaise et considrations sur le gnie des hommes, des temps et des rvolutions, 2

Furne et Charles Gosselin, 1836 - 774
 

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267 - Quand le soir approchait, je descendais des cimes de l'le, et j'allais volontiers m'asseoir au bord du lac, sur la grve, dans quelque asile cach; l, le bruit des vagues et l'agitation de l'eau, fixant mes sens et chassant de mon me toute autre agitation, la plongeaient dans une rverie dlicieuse, o la nuit me surprenait souvent sans que je m'en fusse aperu. Le flux et...
268 - Au banquet de la vie, infortun convive, J'apparus un jour, et je meurs ; Je meurs, et sur ma tombe, o lentement j'arrive, Nul ne viendra verser des pleurs.
267 - ... aux mouvements internes que la rverie teignait en moi, et suffisaient pour me faire sentir avec plaisir mon existence, sans prendre la peine de penser. De temps autre naissait quelque faible et courte rflexion sur l'instabilit des choses de ce monde dont la surface des eaux m'offrait l'image ; mais bientt ces impressions lgres s'effaaient dans l'uniformit du mouvement continu qui me berait...
318 - Mille serments couvrent le papier, o se refltent les roses de l'aurore ; mille baisers sont dposs sur les mots qui semblent natre du premier regard du soleil; pas une ide, une image, une rverie, un accident, une inquitude qui n'ait sa lettre. Voici qu'un matin quelque chose de presque insensible se glisse sur la beaut de cette passion comme une premire ride sur le front d'une femme adore. Le souffle et le parfum de l'amour expirent dans ces pages de la jeunesse, comme une...
366 - Grce Dieu, m'estimant ma juste valeur, je n'ai jamais prtendu l'empire ; comme je ne crois qu' la vrit religieuse dont la libert est une forme, je n'ai pas plus de foi en moi qu'en toute autre chose ici-bas. Mais je n'ai jamais senti le besoin de me taire quand j'ai admir ; c'est pourquoi je proclame mon enthousiasme pour madame de Stal et pour lord Byron.
319 - ... et change nos curs, comme elle change nos cheveux et nos annes. Cependant il est une exception cette infirmit des choses humaines : il arrive quelquefois que dans . une me forte un amour dure assez pour se transformer en amiti passionne, pour devenir un devoir, pour prendre les qualits de la vertu; alors il perd sa dfaillance de nature, et vit de ses principes immortels.
242 - Agrez ces derniers efforts d'une voix qui vous fut connue. Vous mettrez fin tous ces discours. Au lieu de dplorer la mort des autres, grand prince, dornavant je veux apprendre de vous rendre la mienne sainte; heureux si, averti par ces cheveux blancs du compte que je dois rendre de mon administration, je rserve au troupeau que je dois nourrir de la parole de vie...
344 - Vous vieillirez , ma belle matresse ! Vous vieillirez, et je ne serai plus. Pour moi le temps semble , dans sa vitesse , Compter deux fois les jours que j'ai perdus. Survivez-moi ; mais que l'ge pnible Vous trouve encor fidle mes leons , Et bonne vieille , au coin d'un feu paisible , De votre ami rptez les chansons. Lorsque les yeux chercheront sous vos rides Les traits...
319 - ... d'tre de toute lettre d'amour. Peu peu le style se glace ou s'irrite; le jour de poste n'est plus impatiemment attendu, il est redout; crire devient une fatigue. On rougit en pense des folies que l'on a confies au papier; on voudrait pouvoir retirer ses lettres et les jeter au feu. Qu'est-il survenu? Est-ce un nouvel attachement qui commence ou un vieil attachement qui finit? N'importe : c'est l'amour qui meurt avant l'objet aim.
278 - Natchez, d'Atala, de Ren; il ne pouvait ramener ces productions aux rgles communes de la critique, mais il sentait qu'il entrait dans un monde nouveau; il voyait une nature nouvelle; il comprenait une langue qu'il ne parlait pas. Je reus de lui d'excellents conseils; je lui dois ce qu'il ya de correct dans mon style; il m'apprit respecter l'oreille ; il m'empcha de tomber dans l'extravagance d'invention et le rocailleux d'excution de mes disciples.