Etudes morales et littraires

Michel Lvy frres, 1853 - 454
 

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254 - Confus et immense de faits, il dmle un ordre et des liaisons dlicates qui n'y sont que pour lui. Ce qui l'intresse le plus , ce sont les origines des nations, de leurs langues, de leurs murs, de leurs opinions, surtout l'histoire de l'esprit humain, et une succession de penses qui naissent dans les peuples les unes aprs les autres ou plutt les unes des autres , et dont l'enchanement bien observ pourrait donner lieu des espces de prophties.
313 - IV jusqu' celui du jeune Henri, que je plaide une cause o tout se tournerait de nouveau contre moi, si elle triomphait. Je ne vise ni au roman, ni la chevalerie, ni au martyre; je ne crois pas au droit divin de la royaut, et je crois la puissance des rvolutions et des faits.
289 - Mon peu de got pour la monarchie absolue, ne me laissait aucune illusion sur le parti que je prenais : je nourrissais des scrupules, et bien que rsolu de me sacrifier l'honneur, je voulus avoir sur l'migration l'opinion de M. de Malesherbes.
289 - Malesherbes, qui, au lieu d'offrir des garanties aux lois fondamentales de la socit, transgresse lui-mme les lois de l'quit, les rgles de la justice, n'existe plus et rend l'homme l'tat de nature. Il est licite alors de se dfendre comme on peut, de recourir aux moyens qui semblent les plus propres renverser la tyrannie, rtablir les droits de chacun et de tous.
296 - A mesure qu'il approcha de moi, je fus frapp de l'altration de son visage : ses joues taient dvales et livides, ses yeux pres, son teint pli et brouill, son air sombre et terrible. L'attrait qui m'avait prcdemment pouss vers lui cessa; au lieu de rester sur son passage, je fis un mouvement afin de l'viter. Il me jeta un regard comme pour chercher me reconnatre, dirigea quelques pas vers moi, puis se dtourna et s'loigna. Lui tais-je apparu comme un avertissement...
284 - Qu'ils sont doux, mais qu'ils sont rapides, les moments que les frres et les surs passent dans leurs jeunes annes, runis sous l'aile de leurs vieux parents!
122 - Ces corps, tant les premiers dfenseurs de la cause de la morale et des principes de l'Etat, donneront les premiers l'veil, et seront toujours prts rsister aux thories dangereuses des esprits qui cherchent se singulariser, et qui, de priode en priode, renouvellent ces vaines discussions qui, chez tous les peuples, ont si frquemment tourment l'opinion publique.
140 - ... rcemment par le fils d'un de nos plus illustres collgues, M. de Broglie. Voici comment il qualifie le baccalaurat : Le diplme de bachelier, dit-il, est une lettre de change souscrite par la socit, et qui doit tre, tt ou tard, paye en fonctions publiques ; si elle n'est pas paye l'chance, nous avons cette contrainte par corps qu'on appelle une rvolution! (Mouvement gauche.} A DROITE.
299 - II savait qu'il devait y tre : on fut oblig de tirer le proscrit de sa cachette. Bonaparte, dont la bouffe gnreuse tait exhale, dit, en regardant le portrait : II a l'air d'un conspirateur qui descend par la chemine.
297 - ... l'admiration qu'il m'inspirait, par l'ide que j'assistais une transformation sociale, non un simple changement de dynastie; mais, antipathiques sous beaucoup de rapports, nos deux natures reparaissaient, et s'il m'et fait fusiller volontiers, en le tuant je n'aurais pas senti beaucoup de peine.