De l'existence et des attributs de Dieu: entretiens sur la religion, discours philosophique sur l'amour de Dieu, lettre sur divers sujets de mtaphysique et de religion. Dialogues sur l'loquence, mmoire et lettre sur les occupations de l'Acadmie franaise, lettre sur les anciens et les modernes, discours de rception l'Acadmie franaise, lettre Louis XIV.

F. Didot Frres, Fils et Cie, 1857
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100 - ... vous disparat , et peine me reste-t-il de quoi me trouver encore moi-mme. Qui ne vous voit point n'a rien vu; qui ne vous gote point n'a jamais rien senti : il est comme s'il n'tait pas; sa vie entire n'est qu'un songe.
510 - Le beau qui n'est que beau, c'est--dire brillant, n'est beau qu' demi : il faut qu'il exprime les passions pour les inspirer; il faut qu'il s'empare du cur pour le tourner vers le but lgitime d'un pome.
471 - Mais le vieux langage se fait regretter, quand nous le retrouvons dans Marot, dans Amyot, dans le cardinal d'Ossat, dans les ouvrages les plus enjous, et dans les plus srieux : il avoit je ne sais quoi de court, de naf, de hardi, de vif et de passionn.
177 - Je me vois comme un milieu incomprhensible entre le nant et l'tre : je suis celui qui a t; je suis celui qui sera; je suis celui qui n'est plus ce qu'il a t; je suis celui qui n'est pas encore ce qu'il sera, et dans cet entre-deux que...
520 - En pensant bien, il parle souvent mal; il se sert des phrases les plus forces et les moins naturelles. Trence dit en quatre mots, avec la plus lgante simplicit, ce que celui-ci ne dit qu'avec une multitude de mtaphores qui approchent du galimatias1.
521 - C'est par l que Molire, illustrant ses crits, Peut-tre de son art et remport le prix, Si, moins ami du peuple, en ses doctes peintures II n'et point fait souvent grimacer ses figures, Quitt, pour le bouffon, l'agrable et le fin, Et sans honte Trence alli Tabarin. Dans ce sac ridicule o Scapin s'enveloppe, Je ne reconnais plus l'auteur du Misanthrope.
380 - Tous ces arts qui consistent ou dans les sons mlodieux, ou dans les mouvements du corps, ou dans les paroles, en un mot la musique, la danse, l'loquence, la posie, ne furent invents que pour exprimer les passions et pour les inspirer en les exprimant.
95 - Il en est de mme des grands traits que la Providence forme dans la conduite du monde entier pendant la longue suite des sicles. Il n'ya que le tout qui soit intelligible, et le tout est trop vaste pour tre vu de prs. Chaque vnement est comme un caractre particulier qui est trop grand pour la petitesse de nos organes, et qui ne signifie rien s'il est spar des autres. Quand nous verrons en Dieu la fin des sicles, dans son vrai point de vue, le total des vnements du genre...
496 - Il n'avait pas tort, ce me semble, de tenter quelque nouvelle route, pour enrichir notre langue, pour enhardir notre posie, et pour dnouer notre versification naissante. Mais, en fait de langue, on ne vient bout de rien sans l'aveu des hommes pour lesquels on parle. On ne doit jamais faire deux pas la fois, et il faut s'arrter, ds qu'on ne se voit pas suivi de la multitude. La singularit est dangereuse en tout : elle ne peut tre excuse dans les choses qui ne dpendent que de...
524 - Par l il instruit utilement son lecteur, il lui donne le plaisir de prvoir, il l'intresse, il lui met devant les yeux un systme des affaires de chaque temps, il lui dbrouille ce qui en doit rsulter, il le fait raisonner sans lui faire aucun raisonnement, il lui pargne beaucoup de redites, il ne le laisse jamais languir, il lui fait mme une narration facile retenir par la liaison des faits...