Cours de littrature faisant suite au Lyce de La Harpe, 2

Brunot-Labb, 1826 - 500
 

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381 - L pour nous enchanter tout est mis en usage; Tout prend un corps, une me, un esprit, un visage. Chaque vertu devient une divinit : Minerve est la prudence, et Vnus la beaut. Ce n'est plus la vapeur qui produit le tonnerre...
394 - Le rossignol tait sans voix. Triste et mourant, son aurore, Un jeune malade, pas lents, Parcourait une fois encore Le bois cher ses premiers ans : " Bois que j'aime ! adieu... je succombe; Votre deuil me prdit mon sort ; Et dans chaque feuille qui tombe Je vois un prsage de mort.
354 - O moment solennel! ce peuple prostern, Ce temple dont la mousse a couvert les portiques , Ses vieux murs, son jour sombre, et ses vitraux gothiques , Cette lampe d'airain , qui , dans l'antiquit , Symbole du soleil et de l'ternit , Luit devant le Trs-Haut...
11 - Il part encor, s'puise encore en ruses vaines : Mais dj la terreur court dans toutes ses veines, Chaque bruit est pour lui l'annonce de son sort , Chaque arbre un ennemi, chaque ennemi la mort. Alors , las de traner sa course vagabonde , De la terre infidle il s'lance dans l'onde , Et change d'lment sans changer de destin. Avide et rclamant son barbare festin , Bientt vole aprs lui, de sueur dgotante, Brlante de fureur et de soif haletante , ' La meute aux cris aigus ,...
293 - Un jour le laboureur, dans ces mmes sillons O dorment les dbris de tant de bataillons, Heurtant avec le soc leur antique dpouille, Trouvera, plein d'effroi, des dards rongs de rouille, Verra de vieux tombeaux sous ses pas s'crouler, Et des soldats romains les ossements rouler.
148 - Qui tour tour calmant, excitant tes bouillons, Suis d'un il attentif tes lgers tourbillons. Enfin, de ta liqueur lentement repose, Dans le vase fumant la lie est dpose ; Ma coupe, ton nec'tar, le miel amricain, Que du suc des roseaux exprima l'Africain, Tout est prt : du Japon l'mail reoit tes ondes, Et seul tu runis les tributs des deux mondes.
35 - Tel est le sort commun. Bientt les aquilons Des dpouilles des bois vont joncher les vallons De moment en moment la feuille sur la terre En tombant interrompt le rveur solitaire. Mais ces ruines mme ont pour moi des attraits. L, si mon cur nourrit quelques profonds regrets...
148 - Et seul tu runis les tributs des deux mondes. Viens donc, divin nectar, viens donc, inspire-moi. Je ne veux qu'un dsert, mon Antigone et toi. A peine j'ai senti ta vapeur odorante, Soudain de ton climat la chaleur pntrante Rveille tous mes sens; sans trouble, sans chaos, Mes pensers plus nombreux accourent grands flots.
483 - Faites-la sortir, quoi qu'on die, De votre riche appartement, O cette ingrate insolemment Attaque votre belle vie.
244 - Du fond du bois, du pied des arbrisseaux, Deux fiers serpents soudain sortent ensemble, Rampent de front, vont replis gaux ; L'un prs de l'autre ils glissent, et sur l'herbe Laissent loin d'eux de tortueux sillons ; Les yeux en feu, lvent...