Propos littraires

E. Plon, 1898 - 286
 

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225 - Solitude, o je trouve une douceur secrte, Lieux que j'aimai toujours, ne pourrai-je jamais, Loin du monde et du bruit, goter l'ombre et le frais ? Oh! qui m'arrtera sous vos sombres asiles? Quand pourront les neuf Surs, loin des cours et des villes...
90 - Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi ; Car on doit souhaiter, selon toute justice, Que le plus coupable prisse. Sire, dit le renard, vous tes trop bon roi ; Vos scrupules font voir trop de dlicatesse. Eh bien ! manger moutons, canaille, sotte espce, Est-ce un pch ? Non, non. Vous leur ftes, seigneur, En les croquant, beaucoup d'honneur; Et quant au berger, l'on peut dire Qu'il tait digne de tous maux, Étant de ces gens-l qui sur les animaux Se font un chimrique empire.
276 - OH ! combien de marins, combien de capitaines Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, Dans ce morne horizon se sont vanouis ! Combien ont disparu, dure et triste fortune ! Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune, Sous l'aveugle ocan jamais enfouis...
240 - Ce n'tait pas seulement le travail des hommes qui rendait ces pays tranges si bizarrement contrasts ; la nature semblait encore prendre plaisir s'y mettre en opposition avec elle-mme, tant on la trouvait diffrente en un mme lieu sous divers aspects. Au levant les fleurs du printemps, au midi les fruits de l'automne, au nord les glaces de l'hiver...
118 - Les filles qui font des rois et des personnages sont faites exprs. On est attentif, et on n'a point d'autre peine que celle de voir finir une si aimable pice. Tout y est simple, tout y est innocent, tout y est sublime et touchant : cette fidlit de l'histoire sainte donne du respect ; tous les chants, convenables aux paroles, qui sont tires des psaumes ou de la Sagesse, et mis dans le sujet, sont d'une beaut qu'on ne soutient pas sans larmes.
34 - C'est pour toi que je marche : accompagne mes pas Devant ce fier lion qui ne te connat pas; Commande en me voyant que son courroux s'apaise, Et prte mes discours un charme qui lui plaise.
225 - Oui , Lamoignon , je fuis les chagrins de la ville, Et contre eux la campagne est mon unique asile. Du lieu qui m'y retient veux-tu voir le tableau?
118 - Je ne puis vous dire l'excs de l'agrment de cette pice : c'est une chose qui n'est pas aise reprsenter et qui ne sera jamais imite ; c'est un rapport de la musique, des vers, des chants, des personnes, si parfait et si complet, qu'on n'y souhaite rien...
211 - Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici Contre leurs coups pouvantables Rsist sans courber le dos ; Mais attendons la fin.
142 - L'avantage des grands sur les autres hommes est immense par un endroit. Je leur cde leur bonne chre, leurs riches ameublements , leurs chiens , leurs chevaux , leurs singes , leurs nains , leurs fous , et leurs flatteurs ; mais je leur envie le bonheur d'avoir leur service des gens qui les galent par le cur et par l'esprit , et qui les passent quelquefois.